Cannes: Rachid Bouchareb, la caméra dans les plaies françaises

L'actrice algéro-française Lyna Khoudri, le réalisateur Rachid Bouchareb et l'acteur français Reda Kateb à la 75e édition du Festival de Cannes, le 24 mai 2022. (Photo, AFP)
L'actrice algéro-française Lyna Khoudri, le réalisateur Rachid Bouchareb et l'acteur français Reda Kateb à la 75e édition du Festival de Cannes, le 24 mai 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 24 mai 2022

Cannes: Rachid Bouchareb, la caméra dans les plaies françaises

L'actrice algéro-française Lyna Khoudri, le réalisateur Rachid Bouchareb et l'acteur français Reda Kateb à la 75e édition du Festival de Cannes, le 24 mai 2022. (Photo, AFP)
  • Présenté lundi soir, le film met en parallèle les histoires de Malik Oussekine et Abdel Benyahia, deux jeunes Français issus de l'immigration maghrébine tués le 6 décembre 1986 à Paris et Pantin par des policiers
  • Né en 1953 à Paris et élevé en banlieue parisienne, Rachid Bouchareb, dont les parents sont originaires d'Algérie, a grandi aux côtés de huit frères et sœurs

CANNES: « J'ai pas fait du cinéma pour dire « ‘attendez, vous avez oublié cette histoire’ mais pour parler des miens »: à 68 ans, Rachid Bouchareb, qui avait marqué la Croisette en 2006 avec « Indigènes », poursuit son exploration des failles mémorielles françaises avec « Nos frangins ». 

Présenté lundi soir, le film met en parallèle les histoires de Malik Oussekine et Abdel Benyahia, deux jeunes Français issus de l'immigration maghrébine tués le 6 décembre 1986 à Paris et Pantin par des policiers.  

Deux histoires, deux destins relativement oubliés. Alors qu'une série consacrée à Malik Oussekine a été diffusée il y a deux semaines sur Disney+, est-ce la date anniversaire, en octobre - 35 ans - des événements qui a poussé le réalisateur à s'intéresser au sujet ?    

« C'est plus l'horloge personnelle qui s'est déclenchée », dit-il. « J'avais envie de le faire depuis longtemps mais j'avais d'autres films à faire avant », poursuit-il.  

Selon lui, s'il n y a eu, jusqu'à ce jour, aucune adaptation cinématographique de ce drame, c'est « parce que la France a beaucoup de retard comparé aux Etats-Unis sur les questions de mémoire ».  

« Il y a des sujets de mémoire qui sont difficiles et il faut attendre que la France soit complètement prête à en parler. Ça prendra peut-être du temps », observe-t-il. 

Pionnier 

Né en 1953 à Paris et élevé en banlieue parisienne, Rachid Bouchareb, dont les parents sont originaires d'Algérie, a grandi aux côtés de huit frères et sœurs. Après une formation professionnelle, il intègre une école de cinéma avec « plein d'idées de films en tête ».  

Après un premier court-métrage, il réalise son premier film « Bâton Rouge ». Mais ce n'est que quelques années plus tard, en 1991, qu'il accède à la notoriété avec « Cheb », l'histoire d'un jeune homme expulsé de France, où il vit depuis qu'il est enfant, et qui doit repartir à zéro, en Algérie, pays qu'il ne connait pas.  

Le film remporte le Prix de la jeunesse du Festival de Cannes et est proposé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. C'est le début d'une production cinématographique riche qui suit un fil rouge: la mémoire de l'immigration magrébine et africaine. 

« Tout d'un coup, on se retrouve pionnier parce qu'on dit: là, il n y a que des films américains sur le débarquement mais rien à côté. Bon ben moi je vais faire l'a-côté, », dit-il. 

« J'ai pas fait du cinéma pour dire « ‘attendez, vous avez oublié cette histoire’ mais pour parler des miens, assure-t-il à l'AFP. Je voulais plutôt raconter ce que j'ai entendu en grandissant, ce que j'avais vu de mes yeux (...)  Et ces choses-là étaient aussi très cinématographiques ». 

Mais si ses films peuvent avoir un impact positif sur la vie des gens qu'il dépeint film après film, et s'ils permettent de faire résonner ces histoires dans toutes les têtes « alors là, oui, c'est intéressant », juge-t-il. 

Quelques années plus tard, il marque à nouveau les esprits avec « Indigènes » (2006), le parcours de soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique qui fait sensation à Cannes et vaut à ses interprètes un prix d'interprétation collectif.  

En 2010, il raconte, dans « Hors la loi » (2010), l'histoire de trois frères sur fond de guerre d'Algérie et retrouve Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila. Le film, qui s'ouvre sur les massacres de Sétif, le 8 mai 1945, créé la polémique. Il est présenté, la même année, en compétition, au Festival de Cannes. 

« A chaque fois, les films déclenchent tout un mouvement (...) on met en route une locomotive et le cinéma est une locomotive », dit-il lorsque on l'interroge sur la réception de ses films. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".