Macron II: Les défis de la recomposition du paysage politique

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre français Elisabeth Borne marchent côte à côte après la première réunion hebdomadaire du cabinet du nouveau Premier ministre français au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2022. (AFP).
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre français Elisabeth Borne marchent côte à côte après la première réunion hebdomadaire du cabinet du nouveau Premier ministre français au Palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 30 mai 2022

Macron II: Les défis de la recomposition du paysage politique

  • Si l’éclatement du paysage politique en trois principaux pôles (Renaissance, Nupes, Rassemblement national) représente la partie émergée de l’iceberg, la présidentielle a surtout révélé trois fractures: politique, sociale et territoriale
  • Malgré des rapports de force mouvants dans un paysage émietté,  Macron devra agir vite pour éviter un nouveau quinquennat troublé

PARIS: Le 24 avril dernier, Emmanuel Macron a réussi une performance inédite: il est le seul président de la Ve République à avoir été réélu au suffrage universel direct hors période de cohabitation. Mais le début de son second mandat est marqué par de nombreux défis, notamment la probable recomposition du paysage politique lors des élections législatives de juin 2022.  

À en croire les estimations des instituts de sondages, la confédération macroniste devrait emporter la majorité. Mais ce n’est pas rassurant dans un contexte de montée des extrêmes, de recomposition de la gauche sous une direction radicale, et de crise démocratique et institutionnelle. De surcroît, le gouvernement d’Élisabeth Borne, oscillant entre continuité et renouveau, ne semble pas convaincre les Français et il ne paraît pas en mesure de rehausser le crédit présidentiel.  

Les leçons de la présidentielle 

Emmanuel Macron a été élu avec plus de 58 % des voix face à son adversaire, Marine Le Pen, qui a obtenu 41,45 % des voix. Le scrutin s'est distingué par une large abstention, qui a atteint 28 %, et un fort pourcentage de bulletins blancs et annulés. L’écart entre les concurrents était de 17 %, très en dessous de l’écart de trente points de 2017. Ainsi, le paysage politique français a été bouleversé à plusieurs égards. Ce qui va compliquer la tâche du président Macron pour pouvoir gouverner.  

La présidentielle a surtout révélé trois fractures: politique, sociale et territoriale.

Tous les centres de la vie politique s’accordent à dire que l’échéance des législatives représente une sorte de troisième tour de l'élection présidentielle, comme le qualifie Jean-Luc Mélenchon.  

Si l’éclatement du paysage politique en trois principaux pôles (Renaissance – ex-LREM, Nupes – Nouvelle Union de la gauche, Rassemblement national) représente la partie émergée de l’iceberg, la présidentielle a surtout révélé trois fractures: politique, sociale et territoriale. Le phénomène du vote extrême pourrait être lié à l’impact de ces fractures, et à l’importance des clivages sociologiques et territoriaux.  

Il est également clair que les électeurs voudraient un pouvoir moins parisien, et plus de décentralisation. «Jupiter» (l’un des surnoms donnés au président Macron durant le premier mandat) devrait agir pour que le pouvoir devienne «en même temps» plus apaisé et moins horizontal, et il devrait établir deux nouveaux compromis: deal social et deal territorial. Il est surtout attendu pour améliorer le pouvoir d’achat et assurer «la transformation énergétique» ainsi que «la planification climatique». Dans le cadre d’une cohabitation risquée prônée par le radical Mélenchon, le président Macron aurait l’avantage de l’expérience ainsi que de bénéficier de la crainte des Français d’une instabilité et d’un blocage institutionnel. Cependant, les risques de troubles sociaux ne sont pas exclus à la lumière des répercussions de la crise ukrainienne en matière socio-économique.  

Dans ce contexte précaire, l’entourage d’Emmanuel Macron peut nourrir des inquiétudes à la lecture des résultats des dernières enquêtes d’opinion concernant les proches législatives.

Malgré des rapports de force mouvants dans un paysage émietté, M Macron devra agir vite pour éviter un nouveau quinquennat troublé. 

Macron et la quête d’une majorité stable  

Lors de la cérémonie de son investiture, le 7 mai, le président Macron s'est entendu rappeler par Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, «l'accumulation de crises» venues «percuter» son premier mandat et qui ne sont «pas toutes terminées». M. Fabius a également souligné «un certain malaise démocratique préoccupant» et il a évoqué les «défis» auxquels le chef de l'État va devoir faire face. «Le défi de la paix ou de la guerre», «le défi de la lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de la biodiversité» et celui «du renforcement de la démocratie et de la justice sociale». Avec sa promesse d’agir dans le cadre d’un projet républicain et européen, M. Macron ne minimise pas sa tâche, au regard d’une «telle conjonction de défis» et de la gravité des crises qui pèsent sur la France.  

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Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius (à droite) arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 7 mai 2022, pour assister à la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron comme président français, suite à sa réélection le 24 avril dernier. (AFP).

Dans ce contexte précaire, l’entourage d’Emmanuel Macron peut nourrir des inquiétudes à la lecture des résultats des dernières enquêtes d’opinion concernant les proches législatives. Pour le premier tour, le 12 juin, les derniers sondages soulignent que la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes – partis de la gauche et des Verts, associés sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon, ambitionnant d’être le Premier ministre d’une cohabitation inédite au début du mandat) jouit d’une dynamique qui pourrait lui permettre de dépasser de peu Ensemble (la confédération macroniste qui inclut Renaissance, le Mouvement démocrate, et Horizons…). La Nupes pourrait être créditée de 28 à 30 % des voix contre 27 à 29 % pour Ensemble. 

Cependant, il ne s’agit pas d’un bouleversement total de la situation. En effet, il y a en réalité 577 élections différentes dans ce grand scrutin des législatives 2022, la donnée sondagière la plus pertinente étant donc la projection finale en nombre de députés. Ainsi, selon les derniers sondages, l'alliance «macroniste» serait, malgré le réveil de la gauche, la grande gagnante de ces législatives avec 295 à 335 sièges remportés à l'issue du deuxième tour (la majorité absolue est de 289 députés). La Nupes serait, quant à elle, la première force d'opposition, avec 155 à 185 sièges de députés. De leur côté, les Républicains et leurs alliés en obtiendraient 50 à 70, et le Rassemblement national, entre 14 et 34.  

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La Première ministre français et candidate aux élections législatives, Elisabeth Borne, regarde, à Aunay-sur-Odon, dans l'ouest de la France, le 28 mai 2022, lors d'une visite de campagne dans la 6e circonscription du Calvados, en Normandie. Les électeurs français se rendent aux urnes pour les élections législatives de juin 2022. (AFP).

Outre la répartition des sièges, l’étude des résultats de la Première ministre, Élisabeth Borne, ainsi que des ministres impliqués dans le combat électoral sera essentielle pour le maintien de l’équipe ou son changement.  

À première vue, on peut constater que la nomination de Mme Borne comme deuxième femme au poste de Premier ministre dans l’Histoire de la Ve République constitue un rebondissement sur le chemin semé d’embûches des élections législatives, et une entrée délicate pour la recomposition d’un paysage politique. 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.