Législatives: face aux candidats de la majorité, Borne épingle le RN et le « danger Nupes »

 Elisabeth Borne a appelé lundi les candidats de la majorité aux législatives à "aller à la confrontation politique", en étrillant le Rassemblement national. (AFP).
 Elisabeth Borne a appelé lundi les candidats de la majorité aux législatives à "aller à la confrontation politique", en étrillant le Rassemblement national. (AFP).
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Publié le Mardi 31 mai 2022

Législatives: face aux candidats de la majorité, Borne épingle le RN et le « danger Nupes »

  • Dans son discours, la cheffe du gouvernement a épinglé le Rassemblement national (RN) et la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), estimant que "ces deux blocs extrêmes font assaut de mots forts pour masquer des idées courtes"
  • Faisant valoir sa qualité de "femme de gauche", elle s'est aussi attardée sur "l'alliage hétéroclite à gauche sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon", le leader des Insoumis

PARIS: Elisabeth Borne a appelé lundi les candidats de la majorité aux législatives à "aller à la confrontation politique", en étrillant le Rassemblement national, dont le programme est "un assemblage d'idées trompeuses", et le "danger Nupes", qualifié de "mariage forcé" à gauche.

Lors d'une heure de visio-conférence avec quelque 200 parmi les 550 candidats portant la bannière Ensemble, la Première ministre a délivré des messages d'encouragement en vue des scrutins des 12 et 19 juin, notamment aux postulants "qui sont dans des circonscriptions de conquête".

"Nous ne devons pas hésiter à aller à la confrontation politique", a plaidé Mme Borne. "Penser que nous serons portés par la seule dynamique majoritaire issue de l'élection présidentielle serait une erreur", a-t-elle insisté, aux côtés du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand notamment.

Dans son discours, la cheffe du gouvernement a épinglé le Rassemblement national (RN) et la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), estimant que "ces deux blocs extrêmes font assaut de mots forts pour masquer des idées courtes".

"Le RN a changé de ton et de nom, mais il n'a pas changé de programme" qui "reste un assemblage d'idées trompeuses dont les conséquences seraient dramatiques pour notre pays", a-t-elle martelé.

La Bretagne devrait rester un fief macroniste

Terre de tradition centriste, la Bretagne devrait à nouveau envoyer une large majorité de députés macronistes à l'Assemblée nationale, malgré la récente poussée de LFI dans les villes et du RN dans les campagnes.

"La Bretagne n'est pas une terre d'excès", décrit Bernard Poignant, ancien maire PS de Quimper. Comme d'autres, l'ancien conseiller de François Hollande, qui s'est mis en retrait du PS, pronostique une "bonne majorité" de députés macronistes dans la région lors des élections de juin.

En 2017, c'est un vrai raz-de-marée LREM qui avait déferlé sur la péninsule, le parti présidentiel l'emportant dans 24 des 27 circonscriptions et ne laissant que trois sièges à la droite (LR-UDI). Le marcheur finistérien Richard Ferrand a ensuite été élu président de l'Assemblée nationale en 2018.

A nouveau, en avril dernier, Emmanuel Macron est en tête dans chacune des 27 circonscriptions bretonnes, au premier tour de la présidentielle. Deux électeurs bretons sur trois (66,58%) lui ont même accordé leur confiance au deuxième tour.

Des résultats qui amènent Romain Pasquier, politologue à Sciences Po Rennes, à pronostiquer "une relative stabilité" du rapport de force politique aux législatives, "sauf s'il y a une très forte mobilisation en faveur de la Nupes", l'alliance de gauche entre LFI, EELV, PS et PCF.

"Tout va dépendre du niveau de participation" électorale, poursuit le chercheur, car "lorsque la marée est basse, ce sont plutôt les électeurs macronistes qui continuent de voter".

Thomas Frinault, maître de conférence en Sciences politiques à l'Université Rennes 2, ne croit pas non plus à "un grand mouvement de bascule", même si la gauche est "mieux placée qu'en 2017", avec des candidatures uniques et de bons scores de Jean-Luc Mélenchon dans les villes bretonnes (à Rennes, il est arrivé en tête avec 36,31% des voix au premier tour de la présidentielle).

Tropisme centriste

Quelques circonscriptions pourraient basculer, comme la 8e d'Ille-et-Vilaine, fief du premier questeur de l'Assemblée Florian Bachelier (LREM): M. Macron et M. Mélenchon y sont arrivés au coude-à-coude au premier tour (27 voix d'écart) et les candidats de gauche avaient plus de 14 points d'avance sur le président sortant.

A Brest, le résultat est également très incertain dans la 2e circonscription du Finistère, où le député sortant n'a pas été réinvesti par LREM et devra affronter deux autres candidats se revendiquant de la majorité présidentielle ainsi qu'un candidat LFI et un dissident PS.

Le découpage des circonscriptions ne favorise cependant pas les candidats La France Insoumise (LFI), qui s'est taillée la part du lion dans l'accord avec ses alliés de gauche, en s'arrogeant 15 circonscriptions sur 27.

Or, "les offres les plus radicales séduisent moins en Bretagne", remarque Thomas Frinault, qui décrit le "tropisme centriste" d'une région passée de la démocratie chrétienne d'un Pierre Méhaignerie à la social-démocratie d'un Jean-Yves Le Drian.

"En Bretagne, on reste sur un vote modéré, du centre-droit au centre-gauche", confirme M. Pasquier. "Pendant longtemps, les socialistes ont capté ce vote centriste. Ils l'ont perdu et ce sont les marcheurs qui l'ont récupéré."

Fière de sa culture et attachée à la construction européenne, la Bretagne a aussi longtemps été une terre de mission pour le RN. En avril, Marine Le Pen est parvenue à changer la donne en arrivant en tête dans plus de 80 communes rurales du centre-Bretagne. Mais cette percée ne devrait pas suffire à faire élire un député RN, Mme Le Pen ayant été largement devancée au 2e tour dans toutes les circonscriptions bretonnes.

La droite peut, quant à elle, espérer conserver la circonscription de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ainsi que la 3e circonscription des Côtes-d'Armor, où le vice-président de l'Assemblée Marc Le Fur (LR) se représente pour un 6e mandat.

Faisant valoir sa qualité de "femme de gauche", elle s'est aussi attardée sur "l'alliage hétéroclite à gauche sous la coupe de Jean-Luc Mélenchon", le leader des Insoumis, qui aurait "asservi les autres partis de gauche en les reléguant au rang de simples figurants".

"C'est le mariage forcé de toutes les composantes de la gauche, au seul service des ambitions revanchardes de Jean-Luc Mélenchon", a-t-elle renchéri, évoquant son "malaise" et son "inquiétude pour le pays" face à ce rassemblement.

"La Nupes n'est pas le front populaire mais un front renversé qui prétend combattre le RN alors que certaines convergences sont troublantes", a ajouté Mme Borne, appelant à "dénoncer sur le terrain" ce "danger Nupes".

Durant cette réunion, Mme Borne a été interpellée par une demi-douzaine de candidats, notamment sur l'intérêt encore mitigé des citoyens pour la campagne des législatives.

"On a senti assez peu d'intérêt des électeurs, de l'abandon, de la colère", a décrit Violaine Richard, candidate dans la 4e circonscription du Vaucluse, avertissant face au "risque d'abstention fort" dans ce territoire où le RN et Reconquête! ont fait des scores élevés à la présidentielle.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.