Pour les non-Ukrainiens, le «gâchis humain» des premières procédures d'expulsion

Comme nombre d'Ukrainiens, ils ont fui la guerre et trouvé refuge en France (Photo, AFP).
Comme nombre d'Ukrainiens, ils ont fui la guerre et trouvé refuge en France (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 08 juin 2022

Pour les non-Ukrainiens, le «gâchis humain» des premières procédures d'expulsion

  • Alors que plus de 85 000 déplacés ukrainiens ont été accueillis en France de manière légale, les ressortissants étrangers qui vivaient en Ukraine avant le déclenchement du conflit le 24 février ne bénéficient pas des mêmes perspectives
  • Interrogés sur cette situation, ni le ministère de l'Intérieur ni la cellule interministérielle de crise sur l'Ukraine n'ont donné suite

PARIS: Comme nombre d'Ukrainiens, ils ont fui la guerre et trouvé refuge en France. Mais trois mois après l'exode, les premières décisions d'expulsions tombent pour les ressortissants non-ukrainiens, sommés de rentrer chez eux. Un "gâchis humain" et une "fabrique à clandestins", s'inquiètent les ONG.

Inza Touré, 27 ans, incarne ces craintes. Cet Ivoirien a quitté Dnipro (centre de l'Ukraine), où il étudiait depuis trois ans les relations internationales, dès le déclenchement du conflit pour arriver à Chambéry, en Savoie (est de la France), le 3 mars.

Il obtient d'abord une autorisation provisoire de séjour d'un mois, mais le 23 mai, le préfet de Savoie lui délivre une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sous trente jours.

"Le préfet dit que je n'ai pas fait d'efforts pour démontrer que je veux étudier", raconte-t-il à l'AFP. Pourtant, le jeune homme a entre-temps été admis dans un programme de Sciences Po Grenoble, où il peut reprendre ses études dès la rentrée.

"Je suis déçu. Historiquement, mon pays a des liens avec la France, je parle français. Donc, je me disais que ça allait être plus facile. Mais pas du tout", confie-t-il.

Dans son arrêté, consulté par l'AFP, le préfet souligne que "l'intéressé ne justifie ni d'une vie privée et familiale ancrée dans la durée en France, ni d'une insertion quelconque dans la société française".

«Kafkaïen»

Alors que plus de 85 000 déplacés ukrainiens ont été accueillis en France de manière légale, les ressortissants étrangers qui vivaient en Ukraine avant le déclenchement du conflit le 24 février ne bénéficient pas des mêmes perspectives.

Le texte d'application français de la "protection temporaire" offerte par l'Europe stipule que seuls ceux qui ne peuvent rentrer dans leur pays "dans des conditions sûres et durables" peuvent être pris en charge.

"Le traitement différencié dont font l'objet ces personnes, qui vivent les mêmes traumatismes de l'exil, de la séparation et de l'incertitude de l'avenir que celles qui ont la nationalité ukrainienne, est inacceptable", ont déploré mardi dix-sept associations et ONG, dont Amnesty international ou La Cimade.

"Ces personnes commencent à recevoir des OQTF (...). C'est un gâchis humain mais aussi un non-sens politique puisque leurs compétences universitaires et professionnelles ont toute leur place en France", ont poursuivi ces organisations, réclamant une "application non discriminatoire de la protection temporaire".

"C'est une décision kafkaïenne et une fabrique à clandestins", abonde Pierre Henry, président de France Fraternités, association qui a ouvert une permanence juridique à destination des étudiants étrangers ayant fui l'Ukraine. "Il s'agit de moins de 1 000 personnes ! Il faut examiner leurs dossiers avec bienveillance", demande-t-il.

Retour en Ukraine ?

Interrogés sur cette situation, ni le ministère de l'Intérieur ni la cellule interministérielle de crise sur l'Ukraine n'ont donné suite.

Les cas, eux, se multiplient et se ressemblent: après un premier document d'un mois, la demande de renouvellement butte sur un refus préfectoral.

Pour Ange Zroho, lui aussi ivoirien, "ce sera fini le 10 juin", quand son titre actuel va expirer. "J'ai peur, je suis perdu. J'ai l'impression que le compte à rebours est enclenché", raconte l'ancien étudiant en Sports à Kropyvnytskyï.

L'angoisse et le vertige de la clandestinité, après des années de vie "impeccable" en Ukraine, donnent même des idées de trajet retour à Yassine M., 25 ans dont six sur les bancs de l'Institut de médecine de Dnipro.

Les ambitions de ce Marocain ont été coupées net "à quelques mois" de devenir médecin. Il voudrait désormais "terminer (ses) études" en France, quitte à "reprendre en troisième année". Mais faute de papiers, le chemin s'obscurcit.

Rentrer au Maroc, comme le suggèrent les autorités française ? Impossible, balaye-t-il. Mais "retourner en Ukraine, j'y pense". "D'autres sont déjà rentrés et me disent que la vie là-bas est normale", se persuade-t-il, faisant référence à l'ouest ukrainien.

En attendant un rendez-vous de la dernière chance en préfecture, il a déjà trouvé une "porte de sortie": le 25 mai, il a obtenu du Portugal la protection temporaire que la France lui refuse.

"Ça a été très facile", dit-il, souriant enfin. "Quelques clics et en trois jours on le reçoit par email."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.