Climat: l'enjeu crucial du futur énergétique de l'Afrique

Des pasteurs de la communauté locale de Gabra marchent parmi les carcasses de certains de leurs moutons et chèvres à la périphérie d'un petit village appelé 'Kambi ya Nyoka' (camp de serpents) soupçonné d'avoir succombé en raison d'un changement soudain de climat dans le comté de Marsabit le 29 janvier 2022. (AFP)
Des pasteurs de la communauté locale de Gabra marchent parmi les carcasses de certains de leurs moutons et chèvres à la périphérie d'un petit village appelé 'Kambi ya Nyoka' (camp de serpents) soupçonné d'avoir succombé en raison d'un changement soudain de climat dans le comté de Marsabit le 29 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 11 juin 2022

Climat: l'enjeu crucial du futur énergétique de l'Afrique

  • Avec plus de la moitié d'habitants sans accès à l'électricité, le continent africain est à la croisée de chemins pour choisir comment alimenter son développement en énergie
  • A l'heure où le monde riche cherche des alternatives face à la crise énergétique causée par la guerre en Ukraine, ces choix auront des conséquences mondiales

PARIS: Avec plus de la moitié d'habitants sans accès à l'électricité, le continent africain est à la croisée de chemins pour choisir comment alimenter son développement en énergie, explique dans un entretien à l'AFP le directeur de l'ONG PowerShift Africa, Mohamed Adow.

Et à l'heure où le monde riche cherche des alternatives face à la crise énergétique causée par la guerre en Ukraine, ces choix auront des conséquences mondiales.

 

Question: Selon vous, les pays développés ont une «dette climatique» envers le reste du monde

Réponse: "Leur prospérité a été subventionnée par le reste du monde, puisqu'ils ont pollué sans en subir le prix. L'Afrique représente 17% de la population mondiale mais seulement 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et 0,5% des émissions historiques. Le continent émet moins d'une tonne de CO2 par an par personne, contre sept en Europe ou en Chine, 15 aux Etats-Unis.

Si le continent le moins développé doit passer l'étape des énergies fossiles pour aller directement aux renouvelables, les pays riches doivent payer cette dette."

 

Q: En quoi les choix de l'Afrique auront-ils des conséquences mondiales?

R: "Mon continent est à un croisement, avec deux futurs possibles. L'Afrique peut devenir un leader des énergies propres avec une production de renouvelables décentralisée favorisant une société plus inclusive et une économie plus verte, ou elle peut devenir un grand pollueur avec des actifs bloqués et de l'instabilité économique."

 

Q: L'envoyé spécial américain pour le climat dit que le changement climatique en Afrique pourrait avoir pour conséquence «des millions de gens cherchant un endroit pour habiter».

R: "Absolument. Il est important d’admettre que les migrations climatiques sont une menace. Les impacts climatiques augmentant, les populations en Afrique, où quasiment toute l'agriculture repose sur la pluie, seront obligées de quitter leurs terres.

Dans les pays riches on considère surtout cela comme une question de sécurité, mais c'est un désastre humanitaire. La seule manière de prévenir les migrations climatiques est de réduire les émissions à l'échelle nécessaire."

 

Q: La guerre en Ukraine a-t-elle une influence sur le développement énergétique en Afrique?

R: "Pour assurer sa sécurité énergétique après l'invasion russe, l'Europe pousse l'Afrique à mettre ses ressources limitées dans le développement de l'extraction gazière, principalement à destination des consommateurs européens.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé le mois dernier lors d'une visite au Sénégal que son pays voulait participer de façon intensive à des projets autour des ressources en gaz du pays.

L'Europe veut ainsi désormais enfermer l'Afrique dans des infrastructures d'énergies fossiles dont nous savons qu'elles seront obsolètes dans quelques années, sans compter le mal qu'elle feront au continent. Car ne l'oublions pas, le gaz africain causera autant d'émissions que le gaz russe."

 

Q: Quel est le rapport de forces en Afrique entre les partisans des énergies fossiles et ceux qui veulent passer directement aux renouvelables?

R: "Je pense que la majorité des pays africains comprennent l'opportunité immense que représentent les renouvelables, en matière d'emploi, d'innovation, de réduction de la pollution et d'industrialisation durable. Mais cette majorité est encore silencieuse et n'a pas fait entendre sa voix morale en faveur d'une Afrique plus propre et soutenable.

Il y a des pays leaders, comme le Kenya, qui est déjà à 90% de son énergie d'origine renouvelable et a fixé l'objectif de 100% d'ici 2030."

 

Q: Les milliards nécessaires ne pourront pas venir que de fonds publics, comment mobiliser l'argent privé?

R: Il faut penser à la sécurité à long terme des investissements en Afrique. C'est le continent où il est le plus coûteux d'obtenir des prêts ou des crédits. Il faut des assurances crédit des institutions internationales pour faciliter l'investissement dans les renouvelables.

Mais il faudra l'effet de levier des financements publics. Et il faut débloquer les sources africaines. Mais il y a la question de la dette. Si nous pouvions échanger une partie de cette dette pour les investissements dont l'Afrique à besoin, ça pourrait faire une vraie différence."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.