Les New-Yorkais se pressent pour voter, avec l'espoir d'une large victoire démocrate

« On est dans une crise démocratique aux Etats-Unis, il faut voter. Il faut voter pour la démocratie », déclare l'acteur franco-américain Timothée Chalamet (Photo, AFP)
« On est dans une crise démocratique aux Etats-Unis, il faut voter. Il faut voter pour la démocratie », déclare l'acteur franco-américain Timothée Chalamet (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 25 octobre 2020

Les New-Yorkais se pressent pour voter, avec l'espoir d'une large victoire démocrate

  • « Il faut (élire) quelqu'un de convenable, qui représentera tout le monde et pas seulement ceux qui sont d'accord avec lui »
  • Et si le milliardaire new-yorkais, malgré le rejet de sa ville natale, était réélu malgré tout?

NEW YORK : Ne pas considérer une défaite de Donald Trump comme acquise et voter massivement pour assurer une « large victoire » à Joe Biden: les New-Yorkais, très majoritairement démocrates, se pressaient samedi à leur tour pour voter par anticipation à la présidentielle.

Une queue s'étirait sur plusieurs pâtés de maison samedi matin - premier jour d'ouverture du vote anticipé dans l'Etat de New York - devant le bureau de vote exceptionnellement aménagé cette année dans le hall de Madison Square Garden à Manhattan: depuis mars, cette mythique salle de concerts et d'événements sportifs est réduite au silence pour cause de pandémie, mais les joueurs de NBA ont obtenu en août, suite aux manifestations contre les inégalités raciales, de transformer plusieurs grandes salles de basket en bureaux de vote.

Dans cette métropole durement frappée par la pandémie au printemps, mais qui résiste pour l'instant à un retour en force du virus, les électeurs, dûment masqués, parfois gantés, semblaient prêts à attendre dans le calme, plusieurs heures durant, avant de pouvoir franchir les portiques détecteurs de métaux menant au bureau de vote.

« Il s'est passé tellement de choses, c'est un privilège de faire une queue comme ça », dit Jerad Ashby qui, comme toutes les personnes interrogées, soutient l'ex-vice-président Joe Biden. « Il faut (élire) quelqu'un de convenable, qui représentera tout le monde et pas seulement ceux qui sont d'accord avec lui ». 

Pour ce père de famille de 38 ans, même si l'Etat de New York vote systématiquement démocrate et ne fait pas partie des Etats-clé qui peuvent faire basculer l'élection le 3 novembre, voter massivement est important car « il faut non seulement gagner, mais gagner vraiment largement ».

Kenneth Scarlett, qui travaille dans le marketing, estime lui aussi qu'Etat-clé ou pas, « le pays doit savoir comment tous ses citoyens se positionnent. Je veux que Trump soit répudié le plus nettement possible ».

Les médias new-yorkais faisaient état de longues queues devant les plus de 80 bureaux de vote ouverts pour ce vote anticipé, qui durera jusqu'au 1er novembre. Pour beaucoup d'habitants de cette ville symbole d'immigration et de diversité, il en allait de l'avenir même de la démocratie américaine.

« On est dans une crise démocratique aux Etats-Unis, il faut voter », a notamment déclaré, en français, l'acteur franco-américain Timothée Chalamet, 24 ans, après avoir voté. « Il y a un seul candidat qui soutient la démocratie, pas deux », a-t-il ajouté en référence à Joe Biden. 

« Chassez Trump! »

"En 2016, trop de gens ont été complaisants et ne sont pas allés voter. On ne peut pas laisser ça se reproduire. Il faut que tout le monde sorte," soulignait aussi Lisa, cinquantenaire travaillant dans la finance, en attendant patiemment sur le trottoir. 

Elle qui s'était toujours considérée comme une électrice indépendante, une « centriste » votant tantôt républicain, tantôt démocrate, estime qu'être républicain, c'est désormais soutenir un parti devenu l'incarnation du « mal ».

Pour elle qui paie déjà « beaucoup d'impôts », une victoire démocrate pourrait se traduire par des impôts encore plus élevés. 

Mais « je préfère le coûteux au maléfique », dit-elle.

Comme d'autres, elle craint des violences après l'élection, quel que soit le résultat. 

La police new-yorkaise se prépare depuis plusieurs semaines à des manifestations qui pourraient dégénérer. Même pour le vote anticipé, elle a déployé des agents dans tous les bureaux.

La mairie démocrate a aussi annoncé le recrutement d' « observateurs bénévoles » pour éviter toute « intimidation » des électeurs.  

A défaut de pro-Trump, c'est à un petit groupe de militants de gauche venus « encourager » les électeurs que des policiers ont demandé samedi de se tenir à distance de la file. Et d'éviter notamment, comme l'a fait à un moment l'un d'eux, de crier « Chassez Trump! »

Et si le milliardaire new-yorkais, malgré le rejet de sa ville natale, était réélu malgré tout?

Pour Laura Gillis, 65 ans, ce serait la preuve que le système électoral américain de désignation du président par des grands électeurs « doit changer », au profit d'un vote populaire direct.  

Mais pour Kenneth Scarlett, « il ne faudrait pas désespérer: il faudrait chercher pourquoi, et travailler plus dur encore pour que les citoyens soient plus nombreux à voir les choses comme nous les voyons ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.