Vers le nouvel art de la guerre: bienvenue dans le «combat collaboratif»

Le groupe français de défense et de technologies Thales doit commencer à livrer en 2023 les 25 000 radio-logiciels Contact commandées par l'armée française (Photo, AFP).
Le groupe français de défense et de technologies Thales doit commencer à livrer en 2023 les 25 000 radio-logiciels Contact commandées par l'armée française (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

Vers le nouvel art de la guerre: bienvenue dans le «combat collaboratif»

  • Le géant informatique français fournit aux forces françaises le SICS, un système d'information embarqué dans les blindés français de nouvelle génération
  • Le Système de combat aérien futur (Scaf) ainsi que son équivalent terrestre, le MGCS franco-allemand, doivent voir le jour à cet horizon

VILLEPINTE: Bienvenue dans le "combat collaboratif": les armées sont à l'aube d'une nouvelle ère où la mise en réseau de tous les soldats et équipements doit démultiplier leur force, au risque de nouvelles vulnérabilités technologiques.

Derrière les notions absconses de "système de systèmes" ou de "bulle opérationnelle" se dessine "une autre manière de combattre", "centrée sur la connectivité" entre les moyens engagés plus que sur leurs capacités propres, décrypte un haut-gradé français sous couvert d'anonymat.

Au cœur du combat collaboratif, la donnée et le partage de l'information. "On passe d'un mode de fonctionnement en silos à un fonctionnement horizontal et vertical où l'on donne au soldat, quel que soit son niveau, la capacité de donner l'information, de prendre les décisions", explique Cyril Dujardin, patron de la sécurité numérique chez Atos, à l'occasion du grand salon militaire international Eurosatory, organisé près de Paris cette semaine.

Le géant informatique français fournit aux forces françaises le SICS, un système d'information embarqué dans les blindés français de nouvelle génération (Griffon, Jaguar, Serval) dans le cadre du programme Scorpion.

Les positions des forces amies sont indiquées en temps réel et les ordres transmis via ce terminal, dont sont équipés aussi bien le poste de commandement que le chef de peloton dans son véhicule.

"Aujourd'hui, c'est centré sur les véhicules, l'idée est d'intégrer le fantassin, de diffuser beaucoup plus largement l'information afin d'avoir une meilleure connaissance de la situation tactique", explique l'ingénieure générale de l'armement Delphine (l'armée française proscrit la publication des noms de famille de ses membres), architecte des systèmes de combat terrestre futurs à la Direction générale de l'armement.

L'idée du champ de bataille connecté a germé en 1999. "Il fallait oser quand on voit ce qu'étaient à l'époque la téléphonie mobile et internet", relate le haut-gradé français. "Cela a donné le programme d'armement Scorpion avec les premières livraisons en 2019", note-t-il.

Le programme a permis à la France d'être pionnière et d'avoir aujourd'hui "5 à 10 ans d'avance dans le combat collaboratif" par rapport aux autres pays, hormis les Etats-Unis, selon un industriel français.

"Mais Scorpion est la préhistoire de ce que l'on cherche pour 2040: un champ de bataille interarmées interconnecté", selon le haut-gradé.

Le Système de combat aérien futur (Scaf) ainsi que son équivalent terrestre, le MGCS franco-allemand, doivent voir le jour à cet horizon.

Eviter «l'infobésité»

A terme, les capteurs embarqués sur les véhicules doivent par exemple permettre en communiquant de façon automatisée de trianguler et donc de localiser les forces ennemies. Un drone qui repérerait un blindé ennemi pourrait transmettre sa position à un char mieux équipé pour le détruire.

"Pour l'instant, on ne fait qu'afficher l'information, l'idée est de passer à un combat collaboratif prescriptif et prédictif en fonction de la situation sur le terrain", abonde Cyril Dujardin.

Tout cela suppose des moyens de communications puissants. Le groupe français de défense et de technologies Thales doit ainsi commencer à livrer en 2023 les 25 000 radio-logiciels Contact commandées par l'armée française et doit fournir d'ici fin 2022 à l'Otan les premiers exemplaires de systèmes de "cloud déployable".

Concrètement, cela permettra de faire fonctionner toute l'informatique d'un poste de commandement de l'Otan sur un théâtre en mode "cloud", c'est-à-dire en permettant une mutualisation des ressources en calcul et en stockage des serveurs présents sur place.

Face à ce tout-technologique, le risque "d'infobésité" guette. Il faut donc s'assurer que l'opérateur ne reçoive que ce dont il a besoin pour sa mission et que "les communications soient plus frugales", observe Delphine.

Il s'agit aussi de prendre en compte le risque de brouillage massivement utilisé au cours du conflit en Ukraine.

Quand une fréquence radio est brouillée, des mécanismes automatiques permettent déjà de passer sur d'autres fréquences.

Il faut également un "maillage des réseaux", si un lien est coupé, on passe par un autre noeud", observe-t-on chez le constructeur aéronautique européen Airbus.

Et prévoir un fonctionnement en "mode dégradé". Pour cela, une piste qui doit aboutir vers 2025 prévoit d'injecter de l'intelligence artificielle dans la gestion des réseaux. En cas de perturbations liées à du brouillage, ils pourront se reconfigurer tout seuls pour faire passer en priorité les flux de données les plus essentiels.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".