Espagne: la droite renforcée à un an et demi des élections nationales

Le candidat du Parti Populaire (PP) aux élections régionales andalouses Juanma Moreno salue des partisans lors d'un meeting à la suite des élections régionales andalouses, à Séville le 19 juin 2022. (Photo, AFP)
Le candidat du Parti Populaire (PP) aux élections régionales andalouses Juanma Moreno salue des partisans lors d'un meeting à la suite des élections régionales andalouses, à Séville le 19 juin 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Lundi 20 juin 2022

Espagne: la droite renforcée à un an et demi des élections nationales

Le candidat du Parti Populaire (PP) aux élections régionales andalouses Juanma Moreno salue des partisans lors d'un meeting à la suite des élections régionales andalouses, à Séville le 19 juin 2022. (Photo, AFP)
  • Le Parti Populaire (PP) a remporté une victoire sans appel dimanche lors de régionales clé dans cet ancien fief historique des socialistes, en obtenant la majorité absolue au Parlement andalou avec 58 sièges sur 109
  • Dans ce pays très décentralisé, où les régions ont des compétences considérables, le résultat des régionales avec ses possibles implications nationales est toujours surveillé de près

MADRID: La victoire électorale « historique » de la droite espagnole en Andalousie (Sud) fragilise le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez à un an et demi d'élections nationales qui pourraient signer le retour des conservateurs au pouvoir. 

Le Parti Populaire (PP) a remporté une victoire sans appel dimanche lors de régionales clé dans cet ancien fief historique des socialistes, en obtenant la majorité absolue au Parlement andalou avec 58 sièges sur 109. 

En face, avec seulement 30 députés régionaux, le Parti socialiste (PSOE) a réalisé le pire score de son histoire dans cette région méridionale qu'il a gouvernée de 1982 à 2018, avant d'être chassé du pouvoir par une coalition entre le PP et les centristes de Ciudadanos. 

Dans ce pays très décentralisé, où les régions ont des compétences considérables, le résultat des régionales avec ses possibles implications nationales est toujours surveillé de près. 

Et ce troisième revers consécutif infligé par la droite à la gauche espagnole, après celui de Madrid en mai 2021 et celui de Castille-et-Léon en février, est un vrai coup dur pour Pedro Sanchez, même si ses troupes appellent à « ne pas extrapoler » ce résultat au niveau national. 

« Changement de cycle »  

« Personne ne peut nier qu'une différence aussi abyssale entre le PP et le PSOE dans deux des trois régions les plus peuplées (Madrid et l'Andalousie) est plus qu'un simple faux pas », écrit lundi matin le premier quotidien espagnol, El Pais, qui qualifie en Une la victoire du PP d'« historique ». 

« Cela peut être le symptôme d'un changement de cycle » politique au niveau national, ajoute ce journal de centre-gauche. Une expression reprise par le quotidien conservateur ABC. 

Pour Pablo Simon, professeur de sciences politiques à l'université Carlos III de Madrid, ce nouveau « cycle » dans lequel « la droite est plus forte » avait « déjà commencé » avant le scrutin andalou, avec la victoire écrasante du PP dans la région de Madrid il y a un an. 

Il pourrait in fine conduire à une victoire électorale des conservateurs lors des législatives prévues fin 2023. « Nous pourrons voir le PP arriver en tête » de ce scrutin, pense l'analyste. 

La gauche est face à « une tendance de fond »: « le gouvernement est essoufflé après quatre années très difficiles marquées par la pandémie, la guerre » en Ukraine, qui a accéléré le bond de l'inflation, souligne pour sa part Cristina Monge, politologue à l'université de Saragosse. 

La chercheuse refuse toutefois de « se risquer à faire un parallèle » entre l'Andalousie et l'Espagne « car il reste beaucoup de temps », selon elle, avant les prochaines élections. 

L'inconnue Vox 

Au pouvoir de 2011 à 2018 avec Mariano Rajoy, le PP en a été chassé par une motion de censure déposée au Parlement par M. Sanchez suite à la condamnation de la formation dans un méga-procès pour corruption. 

S'en est suivie une traversée du désert et les pires résultats de son histoire lors des législatives de 2019, remportées par le socialiste. 

Le parti conservateur s'est depuis remis en ordre de bataille et a désigné à sa tête début avril le modéré Alberto Núñez Feijóo à la place du très contesté Pablo Casado. Et il veut voir dans cette victoire en Andalousie une étape clé dans sa reconquête du pouvoir au niveau national. 

« Hier, le Parti Populaire a fait un pas décisif afin de faire sortir Pedro Sanchez (du palais) de la Moncloa », siège du gouvernement espagnol, a déclaré Elias Bendodo, membre de la direction du parti. 

Mais si le PP a conquis dimanche la majorité absolue en Andalousie, s'évitant ainsi de devoir gouverner en coalition avec l'extrême droite de Vox, comme il a dû le faire récemment en Castille-et-Léon, un tel résultat serait a priori hors d'atteinte au niveau national. 

Une majorité de droite dans laquelle « le PP ne dépendrait pas de Vox » est « impossible », affirme Pablo Simon, en raison de « la fragmentation » du Parlement national où pèsent plusieurs partis régionalistes ou indépendantistes. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.