Les feux de voitures électriques, un nouveau défi pour les pompiers américains

l'incendie d'une Tesla début juin a pris de court les pompiers du district de Sacramento. (Photo, USFA)
l'incendie d'une Tesla début juin a pris de court les pompiers du district de Sacramento. (Photo, USFA)
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

Les feux de voitures électriques, un nouveau défi pour les pompiers américains

l'incendie d'une Tesla début juin a pris de court les pompiers du district de Sacramento. (Photo, USFA)
  • Eteint, le feu n'arrêtait pas de reprendre. Même après avoir renversé la voiture sur le côté et dirigé l'eau directement sur les batteries
  • Avec de plus en plus d'hybrides et électriques en circulation, «on entre dans une nouvelle ère des incendies, on doit s'adapter et trouver des solutions», estime Parker Wilbourn, capitaine de sapeurs-pompiers dans l'agglomération californienne

NEW YORK: Une voiture qui s'enflamme plus de trois semaines après son arrivée à la casse, 17 000 litres d'eau, la construction en urgence d'un mini-bassin pour immerger les batteries électriques: l'incendie d'une Tesla début juin a pris de court les pompiers du district de Sacramento. 

Eteint, le feu n'arrêtait pas de reprendre. Même après avoir renversé la voiture sur le côté et dirigé l'eau directement sur les batteries. 

« On ne s'attendait pas à rencontrer tant de défis » pour maîtriser les flammes, raconte Parker Wilbourn, capitaine de sapeurs-pompiers dans l'agglomération californienne. 

Avec de plus en plus d'hybrides et électriques en circulation, « on entre dans une nouvelle ère des incendies, on doit s'adapter et trouver des solutions », estime-t-il. 

Parce que « chaque seconde compte » lors d'un incident, General Motors (GM) a annoncé jeudi étendre son programme de formation des premiers secours aux interventions sur des véhicules électriques aux Etats-Unis et au Canada. Le groupe commercialise actuellement quatre modèles dans cette catégorie et ambitionne d'en proposer 30 d'ici 2025. 

Le but est de fournir des informations techniques sur les batteries, de partager les meilleures pratiques et de »dissiper les idées reçues », explique un communiqué: penser par exemple à couper le moteur puisque celui des véhicules électriques ne fait pas de bruit, ou lutter contre l'idée qu'il ne faut pas mettre d'eau sur les batteries. 

Les véhicules électriques et hybrides restent encore très minoritaires sur les routes américaines, mais ils représentaient près de 10% des automobiles achetées aux Etats-Unis l'an dernier selon le cabinet Cox Automotive. 

L'agence américaine chargée de la sécurité routière (NHTSA) estime n'avoir pas suffisamment de données sur les incendies de voitures dotées de batteries électriques pour tirer des conclusions. 

Mais ces derniers ne sont a priori pas plus fréquents ou dangereux que ceux de voitures à essence, assure l'Association nationale de protection contre les incendies (NFPA). 

Ils nécessitent en revanche des procédures particulières, ajoute l'organisation qui propose depuis 2010 des formations spécifiques. 

« Emballement thermique » 

Il faut en général beaucoup plus d'eau, entre 11 350 litres et 30 300 litres environ selon un guide préparé par Tesla à l'attention des premiers secours. Ce qui n'est pas forcément facile dans les zones rurales où il n'y a pas de bouches d'incendie. 

Il est aussi fréquent que des batteries prennent à nouveau feu plusieurs heures, voire plusieurs jours, après l'incident initial, à cause d'un phénomène dit « d'emballement thermique » qui peut se produire dans les batteries lithium-ion endommagées. Tesla recommande de surveiller la température des batteries pendant au moins 24 heures après un feu. 

« Les pompiers sont habitués aux risques » liés à l'électricité, remarque Michael Gorin de la NFPA. »Mais pas dans une voiture. » 

Les constructeurs sont dans l'obligation de publier un guide à l'usage des premiers secours pour chaque modèle qu'ils produisent. 

Dans un rapport publié fin 2020, l'agence américaine chargée d'enquêter sur les accidents de transports (NTSB) recommandait aux fabricants de véhicules dotés de batteries lithium-ion de suivre un même format, avec des informations spécifiques sur la façon d'éteindre et de surveiller un incendie. 

Début juin, elle a souligné que seulement huit constructeurs sur les 22 concernés avaient complètement intégré ses recommandations. 

Des pompiers arrivent sur des scènes d'accident « et ne savent pas quoi faire », remarque Michael Brooks, responsable juridique du Centre pour la sécurité automobile. « Comment évacuer un passager d'un véhicule électrique en feu? Comment connaître la manière dont le feu peut se propager? » 

Comme les voitures traditionnelles, celles équipées de batteries peuvent aussi prendre feu à l'arrêt. 

GM a conseillé l'été dernier aux propriétaires de certaines Chevrolet Bolt électriques de ne pas les garer à l'intérieur ni de les charger sans surveillance pendant la nuit, avant d'engager un rappel massif du modèle. 

Des défauts sur des batteries fabriqués par le groupe sud-coréen LG pouvaient, dans certaines circonstances, déclencher des départs de feu. GM a finalement dû suspendre la production de la Bolt pendant plusieurs mois. 

La NHTSA a engagé en avril une procédure spécifique sur les batteries de LG, impliquées dans plusieurs rappels des marques Volkswagen, Chrysler (Stellantis), Hyundai, GM et Mercedes. 

Tous les genres de transports propulsés par des batteries électriques sont concernés: pour éviter les incendies, l'agence supervisant les logements sociaux à New York a proposé d'interdire dans les appartements et parties communes tous les vélos électriques ou batteries de vélos électriques, au même titre que les mobylettes. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.