100 ans de Cardin: la maison veut rénover sans trop changer

Le président de la société Pierre Cardin Rodrigo Basilicati-Cardin pose parmi des mannequins lors d'une séance photo à l'atelier de la maison de couture Cardin à Paris, le 11 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le président de la société Pierre Cardin Rodrigo Basilicati-Cardin pose parmi des mannequins lors d'une séance photo à l'atelier de la maison de couture Cardin à Paris, le 11 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

100 ans de Cardin: la maison veut rénover sans trop changer

  • Le couturier, décédé fin 2020 à l'âge de 98 ans, n'aimait pas «qu'on lui souhaite bon anniversaire», mais avait envie de fêter ses 100 ans, raconte Rodrigo Basilicati-Cardin, son petit-neveu et directeur général de la Société de gestion
  • Après le défilé-hommage au pied d'une fusée au Bourget, près de Paris en janvier et celui de Venise samedi, la maison va officiellement intégrer la Semaine de la mode parisienne en février-mars 2023

VENISE : La maison Pierre Cardin célèbre son créateur, qui aurait eu 100 ans samedi, avec un défilé dans son palais à Venise et l'envie de relancer un empire reposant sur une multitude de licences.

Le Palazzo Ca'Bragadin où a séjourné Casanova, propriété de Pierre Cardin, accueillera samedi une rétrospective de ses pièces futuristes et une nouvelle collection écoresponsable, faite par ses studios.

Le couturier, décédé fin 2020 à l'âge de 98 ans, n'aimait pas «qu'on lui souhaite bon anniversaire», mais avait envie de fêter ses 100 ans, raconte Rodrigo Basilicati-Cardin, son petit-neveu et directeur général de la Société de gestion.

Pas de célébrités au défilé, mais 120 des 300 invités sont des licenciés qui produisent aux quatre coins du monde, sous la marque Pierre Cardin.

A l'image du modèle bâti par le couturier qui avait, à partir des années 1960, multiplié à outrance les contrats de licences, ce que son héritier veut préserver, en essayant de mieux les contrôler.

- Podiums en 2023-

«C'est encore un petit empire économique avec ces licences qui arrivent toujours à fonctionner», mais «Cardin, c'est un nom qui s'est marginalisé», déclare Arnaud Cadart, gérant de portefeuille chez Flornoy Ferri.

«Cela se vend toujours, mais plutôt dans des pays émergents et auprès des clientèles peu éduquées au luxe», ajoute-t-il.

A Paris, «ce n'est plus rien par rapport à Louis Vuitton ou Saint Laurent. C'est abyssal en terme de réputation et de dynamique commerciale».

Après le défilé-hommage au pied d'une fusée au Bourget, près de Paris en janvier et celui de Venise samedi, la maison va officiellement intégrer la Semaine de la mode parisienne en février-mars 2023, 25 ans après que Pierre Cardin l'ait quittée.

Rodrigo Basilicati-Cardin compte sur l'équipe «soudée» du studio pour relever ce nouveau défi.

«C'est mon travail de veiller qu'on ne déraille pas», lance-t-il. Il l'a pas l'intention d'inviter un styliste extérieur pour ne pas «dénaturer Pierre Cardin».

Pourtant, «il faut un directeur artistique aujourd'hui, une personnalité. C'est en prenant ce risque-là qu'on peut amplifier le potentiel» de relance de la marque, estime Olivier Gabet, directeur du musée des Arts décoratifs en marge d'une rétrospective sur la créatrice Elsa Schiaparelli (1890-1973) dont la maison connaît un grand succès avec le directeur artistique Daniel Roseberry dont les pièces sont portées par Beyoncé ou Lady Gaga.

Le design de Pierre Cardin, qui «s'est appuyé sur une vision du futur qui était cosmique à l'époque», pourrait se traduire aujourd'hui dans des «matières intelligentes, qui rechargent les batteries des téléphones, permettent de réguler la température du corps ou auto-nettoyantes», anticipe Ariane Bigot, adjointe à la direction mode du Salon Première vision.

- «pas là pour être moderne» -

«Un ADN et un nom fort» pourraient permettre à la maison de se réinventer», dit-elle à l'AFP.

Arnaud Cadart, lui, a des doutes. «Il n'y a pas d'héritage créatif de ces 30 dernières années. Pierre Cardin signait des contrats de licences, achetait des maisons, parfois des villages entiers (...) Il n'y a pas de relais, sauf si vraiment le coup de crayon du neveu est incroyable», lance-t-il, cinglant.

Le même souci de préserver la tradition règne au restaurant Maxim's à Paris, joyau de l'Art nouveau racheté par Cardin en 1981 et qui n'a jamais retrouvé son éclat d'antan.

«C'est comme une vieille voiture de collection, il ne faut pas la bousculer. Ici c'est le restaurant qui vous apprivoise, pas le contraire», déclare son chef Nicolas Castelet, récemment nommé.

Il estime que mettre plus de légumes dans l'assiette n'est «pas ce qui faut» pour Maxim's et porte une toque que les chefs ont massivement abandonnée. «On s'est pas là pour être moderne. On s'efface devant le nom».


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".