Le gourou américain Keith Raniere condamné à 120 ans de prison

Toni Natalie, l'une des ex-petites amies de Keith Rainiere et survivante du culte NXIVM, parle aux journalistes alors qu'elle quitte le tribunal fédéral de Brooklyn après que Rainiere a été condamnée à 120 ans de prison, le 27 octobre 2020, à New York (Photo, AFP)
Toni Natalie, l'une des ex-petites amies de Keith Rainiere et survivante du culte NXIVM, parle aux journalistes alors qu'elle quitte le tribunal fédéral de Brooklyn après que Rainiere a été condamnée à 120 ans de prison, le 27 octobre 2020, à New York (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 28 octobre 2020

Le gourou américain Keith Raniere condamné à 120 ans de prison

  • « J'étais une enfant (...), il m'a volé ma jeunesse », a déclaré Camila, aujourd'hui âgée de 30 ans
  • Au-delà de la gravité des faits, il « ne (montrait) aucune empathie pour ses victimes » et « continuerait à commettre des crimes s'il était libéré »

NEW YORK : Le gourou américain Keith Raniere a été condamné mardi à 120 ans de prison, équivalents à la perpétuité, pour divers crimes liés à sa secte Nxivm, qui lui a permis d'entretenir un réseau d'esclaves sexuelles.

La sentence est tombée après quelque cinq heures d'audience au tribunal fédéral de Brooklyn, au cours de laquelle 15 victimes ont témoigné contre cet homme de 60 ans, dont une femme identifiée uniquement comme « Camila » qui a indiqué avoir été contrainte à des relations sexuelles avec Keith Raniere dès l'âge de 15 ans.

« J'étais une enfant (...), il m'a volé ma jeunesse », a déclaré Camila, aujourd'hui âgée de 30 ans. « Il m'a manipulée pour son propre plaisir », a-t-elle ajouté. « Il attendait de moi que je sois disponible sexuellement tout le temps ».

Son témoignage a été la surprise de cette audience: elle n'était pas au procès de juin 2019, à l'issue duquel Keith Raniere avait été déclaré coupable des sept chefs d'inculpation retenus contre lui - dont exploitation sexuelle d'une adolescente de 15 ans, extorsion et association de malfaiteurs. 

Les autres victimes présentes mardi l'ont décrit comme un « prédateur », « un monstre », « un menteur sadique et pathologique ». Il avait, selon elles, deux facettes, d'un côté meneur et séducteur, de l'autre manipulateur.  

Son avocat, Marc Agnifilo, a essayé de plaider que les victimes avaient pu évoluer dans leur façon de voir leurs relations avec le gourou. 

« C'est clair qu'il a profité des gens sexuellement », a rétorqué le juge Nicholas Garaufis. 

« Pas de remords »

L'audience de mardi marque la fin du parcours d'un homme au pouvoir de persuasion hors du commun, toujours révéré par des dizaines de personnes malgré les révélations le concernant.

Keith Raniere avait monté, en 1998, une organisation basée à Albany dans l'Etat de New York, baptisée Nxivm (prononcer Nexium), qui dispensait des formations de développement personnel à des prix exorbitants.

Dès le début, ce personnage charismatique avait entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. 

Dans une lettre préalable au prononcé de sa peine, Keith Raniere clamait son innocence et se disait "fier de l'oeuvre de sa vie". Il avait refusé d'exprimer des regrets et affirmé n'avoir "jamais fait intentionnellement de mal à quiconque".

Il affirmait aussi que toutes les relations sexuelles avec des membres de la secte étaient consenties.

Mardi, après avoir entendu les témoignages des victimes, il a laissé entendre qu'elles mentaient, tout en disant regretter « la douleur, la colère » qu'elles avaient exprimées.

« Je ne voulais pas causer cette douleur », mais « je n'ai pas de remords pour les chefs d'inculpation, ils ne sont pas justes », a-t-il ajouté. 

Le procureur fédéral avait demandé la prison à perpétuité, affirmant qu'au-delà de la gravité des faits, il « ne (montrait) aucune empathie pour ses victimes » et « continuerait à commettre des crimes s'il était libéré ». La défense espérait elle une peine limitée à 15 ans.

« Les 120 ans imposés sont à la mesure des horribles crimes qu'il a commis », a indiqué le procureur Seth DuCharme après l'audience. « J'espère que la sentence permettra aux victimes et leur famille de tourner la page ».

Héritière et actrice

En 2015, M. Raniere avait créé une seconde organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des « esclaves » et des « maîtres ».

Les « esclaves », toutes des femmes, étaient notamment obligées d'avoir des rapports sexuels à la discrétion du « Grandmaster », un autre de ses surnoms. Certaines devaient subir un « marquage », qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Keith Raniere, à l'aide d'un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs.

Les cinq co-accusées de Keith Raniere ont, l'une après l'autre, plaidé coupable et évité le procès.

Avant Raniere mardi, Clare Bronfman, héritière de l'empire canadien des spiritueux Seagram et grande argentière de Nxivm avec sa soeur Sara, avait été condamnée fin septembre à plus de six ans de prison. 

Les autres, dont l'actrice Allison Mack et la cofondatrice de Nxivm Nancy Salzman, attendent encore de connaître leur peine.

L'histoire de Nxivm a déjà donné lieu à deux séries documentaires, dont une pour la chaîne HBO, et un docu-fiction.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.