Quand l'intelligence artificielle abolit les barrières linguistiques

Le robot humanoïde Engineered Arts Ameca à Las Vegas (Photo, AFP).
Le robot humanoïde Engineered Arts Ameca à Las Vegas (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Quand l'intelligence artificielle abolit les barrières linguistiques

  • Meta a annoncé mercredi que son intelligence artificielle dans ce domaine était désormais capable de traduire 200 langues entre elles
  • Les intelligences artificielles sont désormais capables de traduire des langues pour lesquelles il existe très peu de données parallèles

PARIS: Les intelligences artificielles sont désormais capables de traduire une très grande quantité de langues différentes, rendant presque accessible le vieux rêve d'un monde où la barrière linguistique serait abolie.

Meta, la maison mère de Facebook, a annoncé mercredi que son intelligence artificielle dans ce domaine était désormais capable de traduire 200 langues entre elles, quelle que soit la combinaison, contre 100 jusqu'à maintenant.

"Beaucoup" des langues concernées par cette extension "n'étaient pas accessibles pour l'instant à la traduction automatique", s'est félicité Mark Zuckerberg, le fondateur de Meta dans un post de blog.

Cette annonce est un exemple de la course à la traduction automatique chez les grands groupes d'internet, soucieux de rendre leurs services et produits disponibles pour n'importe quel habitant de la planète.

Des chercheurs de Google avaient ainsi publié en mai un article scientifique intitulé "Construire des systèmes de traduction automatique pour les 1.000 prochaines langues", dont le titre résume bien l'ambition des spécialistes.

Les intelligences artificielles mises au point par Google, Microsoft ou Meta sont désormais capables de traduire des langues pour lesquelles il existe très peu de données parallèles, c'est-à-dire des langues qui ont été très peu traduites dans un quelconque langage.

Elles permettent une traduction entre deux langues très localisées sur la planète, comme le quechua (parlé notamment au Pérou) et le peul (langue d'Afrique de l'ouest), même si aucun humain ne s'est jamais attelé à cette tâche.

L'enjeu de la traduction automatique "est particulièrement important pour Facebook, qui doit parvenir à filtrer les messages de haine" qui apparaissent dans le monde entier, dans toutes les langues, souligne notamment François Yvon, chercheur au CNRS et spécialiste du traitement du langage.

La traduction automatique peut permettre notamment aux modérateurs en langue anglaise d'intervenir sur des contenus publiés dans d'autres langues, explique-t-il.

Reste à évaluer la fiabilité de ces outils. Meta indique que son nouveau système est capable de performances "44% supérieures" à celles de son précédent modèle à 100 langues.

"Pour certaines langues africaines et indiennes, cette différence dépasse 70% par rapport aux systèmes de traduction récents", fait également valoir l'entreprise.

Mais pour François Yvon, les traductions automatiques fournies par les moteurs de Google ou de Facebook resteront forcément inégales en qualité en fonction des langues.

Un jour, parler en 200 langues

"Les langues très traduites, comme les langues européennes, conserveront probablement toujours un avantage, estime-t-il.

Diagnostic voisin pour Vincent Godard, le PDG de Systran, entreprise française pionnière dans la traduction automatique qui travaille de son côté sur 56 langues.

La technologie que ce groupe utilise est au départ la même que celle de Meta et Google, mais elle a été enrichie par le travail de vrais linguistes pour éviter les erreurs, raconte-t-il.

"Quand on travaille sur la traduction d'un manuel de montage d'un avion de chasse, on ne peut pas se permettre une seule erreur", alors que celles-ci peuvent être admissibles quand il s'agit de traduire un avis sur un restaurant, détaille-t-il.

Alors, est-on proche de disposer de traduction automatique de la parole, pour pouvoir parler en direct avec n'importe qui sur la planète, par exemple dans le futur metavers?

"On n'y est pas encore, mais on y travaille", répond Antoine Bordes, le directeur général de Fair, laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Meta.

"Nous avons un autre projet sur la traduction automatique de la parole, qui pour l'instant fonctionne avec beaucoup moins de langages", indique-t-il.

"Mais l'intérêt sera de connecter les deux projets, pour qu'un jour on puisse être capable de parler dans 200 langues en gardant les intonations, l'émotion, les accents...", anticipe-t-il.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".