Des diplomates étrangers arrêtés en Iran pour espionnage

Le drapeau iranien devant le bâtiment du ministère iranien des Affaires étrangères à Téhéran (Photo, Reuters).
Le drapeau iranien devant le bâtiment du ministère iranien des Affaires étrangères à Téhéran (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 07 juillet 2022

Des diplomates étrangers arrêtés en Iran pour espionnage

  • Selon l’agence Fars, les personnes arrêtées ont notamment prélevé des échantillons de roche dans le désert à des fins d’espionnage
  • Une vidéo de la télévision montre des images d'un homme, présenté comme Giles Whitaker, en train de parler dans une pièce

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont arrêté des diplomates étrangers accusés "d'espionnage", ont indiqué mercredi l'agence de presse iranienne Fars et la télévision d'Etat.

"Le service de renseignement des Gardiens de la Révolution a identifié et arrêté des diplomates d'ambassades étrangères qui espionnaient en Iran", a indiqué l'agence Fars.

L'agence a précisé que l'un d'eux, un Britannique, avait été ensuite "expulsé du pays après qu'il a présenté ses excuses".

Mais la télévision d'Etat a affirmé que le diplomate britannique, présenté comme Giles Whitaker, avait été expulsé de "la zone" où les diplomates ont été interpellés dans le centre de l'Iran.

On ignorait dans l'immédiat la nationalité des autres diplomates interpellés, leur nombre et la date de leur arrestation.

La télévision d'Etat a accusé le diplomate britannique de s'être "livré à des opérations de renseignement" dans les "zones où se déroulaient" des manoeuvres militaires avec des tests de missiles.

Une vidéo de la télévision montre des images d'un homme, présenté comme Giles Whitaker, en train de parler dans une pièce.

Selon la télévision, le diplomate britannique "fait partie des personnes qui se sont rendues dans le désert de Shahdad (...) en tant que touristes. Comme le montrent les images, cette personne prenait des photos (...) dans une zone interdite, où se déroulait au même moment un exercice militaire".

Giles Whitaker a pris ses fonctions d'adjoint à l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Téhéran en 2018.

Selon l’agence Fars, les personnes arrêtées ont notamment prélevé des échantillons de roche dans le désert à des fins "d’espionnage".

Londres dément l'arrestation d'un diplomate britannique

Le ministère britannique des Affaires étrangères a démenti mercredi l'arrestation d'un diplomate britannique en Iran, qualifiant de "complètement fausses" les informations de la presse iranienne en ce sens.

"Les informations de presse sur l'arrestation d'un diplomate en Iran sont complètement fausses", a déclaré un porte-parole du ministère. La télévision d'Etat a affirmé que le diplomate britannique, présenté comme Giles Whitaker, avait été expulsé de "la zone" où les diplomates ont été interpellés dans le centre de l'Iran.

Israël pointé du doigt

La télévision a mis en cause Israël, ennemi juré de l'Iran, dans ces affaires. "Apparemment, Israël veut ouvrir un dossier sur la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien, en utilisant des ressortissants de pays tiers qui sont liés aux ambassades occidentales".

Israël accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que ce pays dément.

La télévision d'Etat a en outre montré des images d'un autre homme arrêté, présenté comme "Maciej Walczak, chef du département de microbiologie de l'Université Nicolas-Copernic en Pologne". "Cette université est liée au régime sioniste", a-t-elle affirmé en allusion à Israël.

Maciej Walczak, dont la nationalité n'est pas précisée, "est entré en Iran avec trois autres personnes dans le cadre d'échanges scientifiques, mais il s'est rendu dans la région désertique de Shahdad en tant que touriste au moment où se déroulaient des tests de missiles", a affirmé la même source. Il "y prélevait des échantillons de roche".

Un autre homme arrêté est présenté par la télévision comme "Ronald, l'époux de la conseillère culturelle de l'ambassade d'Autriche". Il est accusé d'avoir "prélevé des échantillons de roche" dans un village de la région de Damghan à l'est de Téhéran et d'avoir "filmé une zone militaire à Téhéran".

Occidentaux détenus

En mars dernier, deux Irano-Britanniques Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori, condamnés à la prison pour des accusations qu'ils ont toujours niées, ont été libérés.

"En parallèle" de cette libération, Londres avait annoncé avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de 394 millions de livres (470 millions d'euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

Plus d'une douzaine d'Occidentaux, majoritairement binationaux, sont actuellement détenus en Iran qui est soupçonné de vouloir les monnayer en échange de concessions de l'Occident.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.