L'ONU prolonge de six mois le mécanisme d'aide transfrontalière à la Syrie

Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, examine du matériel d'aide au poste frontière de Bab al-Hawa entre la Turquie et la Syrie, le 3 juin 2021 (Photo, AP).
Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, examine du matériel d'aide au poste frontière de Bab al-Hawa entre la Turquie et la Syrie, le 3 juin 2021 (Photo, AP).
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Publié le Mardi 12 juillet 2022

L'ONU prolonge de six mois le mécanisme d'aide transfrontalière à la Syrie

  • Ce dispositif a expiré dimanche soir
  • Pour être adopté, un texte doit recueillir au moins neuf voix sur quinze

NATIONS UNIES: Un accord est intervenu entre les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU pour prolonger de six mois le mécanisme d'aide humanitaire transfrontalière, comme le voulait la Russie face à l'Occident qui réclamait un an d'extension.

Ce dispositif a expiré dimanche soir.

"La Russie a forcé la main de tout le monde: soit le dispositif était fermé, soit il était prolongé de six mois" et "on ne pouvait pas laisser des gens mourir", a résumé auprès de l'AFP un ambassadeur réclamant l'anonymat.

Un vote du Conseil de sécurité était attendu ultérieurement pour confirmer la prolongation du mécanisme et prévoir son renouvellement en janvier pour à nouveau six mois sous condition de l'adoption d'une nouvelle résolution, ont précisé d'autres diplomates.

Le consensus prévoit la reprise par l'ONU de l'utilisation du point de passage de Bab al-Hawa, à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Un peu plus tôt, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait exhorté son homologue russe Vladimir Poutine à donner son aval à la prolongation du mécanisme.

Mais de facto, l'accord à l'ONU reprend la proposition de Moscou de fin de semaine dernière sans réel changement. Celle-ci avait été rejetée vendredi lors d'un vote par le Conseil de sécurité, soutenue seulement par Moscou et Pékin, tandis que les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France votaient contre et que les dix membres non permanents du Conseil s'abstenaient.

Le nouveau projet de texte porté par l'Irlande et la Norvège demande un rapport spécial au secrétaire général de l'ONU sur les besoins humanitaires au plus tard le 10 décembre et exige de sa part un exposé tous les deux mois sur l'application du dispositif et de celui qui permet l'acheminement d'une aide humanitaire à partir de Damas au travers des lignes de front.

"On va adopter notre projet avec une modification minime", a indiqué à l'AFP l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy. La Russie avait mis son veto vendredi à un projet des Occidentaux, soutenu par le reste du Conseil de sécurité, prévoyant une extension d'un an.

«Voler à l'aveugle»

"Nous allons adopter la résolution" confirmant cet accord du Conseil pour six mois, a déclaré un ambassadeur d'un pays influent au sein de cette instance, en réclamant l'anonymat. L'unité des dix membres non permanents du Conseil de sécurité lors des négociations semble avoir eu un rôle important pour rallier le trio américano-anglo-français, doté aussi d'un droit de veto.

Pour être adopté, un texte doit recueillir au moins neuf voix sur quinze sans vote négatif d'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume Uni, Russie, Chine).

Selon Richard Gowan, spécialiste de l'ONU à l'International Crisis Group, "la guerre en Ukraine a compliqué les négociations sur la Syrie cette année". "L'effondrement des canaux bilatéraux russo-américains" a "fait voler à l'aveugle" les membres du Conseil pour trouver un consensus, fait-il valoir à l'AFP.

Le dispositif transfrontalier de l'ONU est en vigueur depuis 2014 et vient en aide, via le point de passage de Bab al-Hawa à plus de 2,4 millions de personnes dans la région d'Idleb (nord-ouest) sous contrôle de groupes jihadistes et des rebelles.

Dans le passé, il lui était déjà arrivé d’être prolongé pour six mois seulement même si ce délai court complique la planification de l'acheminement de l'aide.

La résolution qui devrait être adoptée réclame d'accentuer aussi les efforts humanitaires dans les domaines de l'eau, d'assainissement, de la santé, de l'éducation, de l'électricité, ainsi que pour des "projets de réhabilitation rapide" en matière d'abris.

Les Occidentaux qui se refusaient jusqu'à présent à soutenir tout début de reconstruction en Syrie tant qu'aucune réforme politique n'était entreprise semblent avoir assoupli leur position sur ce sujet, crucial pour Moscou afin de faire revenir le président syrien Bachar al-Assad sur la scène internationale.

Ces dernières semaines, des dizaines d'ONG et des responsables de l'ONU avaient appelé à une prolongation d'un an du mécanisme transfrontalier, déjà réduit considérablement ces dernières années par Moscou (et son veto), principal soutien de Damas et qui considère qu'il viole la souveraineté syrienne.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.