Les limites de l’élan occidental face à la guerre en Ukraine

Des manifestants se rassemblent devant l'ambassade de Russie à Varsovie, en Pologne, le 17 juillet 2022 pour protester contre l'invasion de l'Ukraine par les forces armées russes (Photo, AFP).
Des manifestants se rassemblent devant l'ambassade de Russie à Varsovie, en Pologne, le 17 juillet 2022 pour protester contre l'invasion de l'Ukraine par les forces armées russes (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Les limites de l’élan occidental face à la guerre en Ukraine

  • Compte tenu du rapport des forces et de la décision occidentale de ne pas entrer en conflit direct avec Moscou, la solution politique reste la seule alternative réaliste
  • Les sanctions américaines et occidentales s’avèrent insuffisantes pour faire plier Moscou, alors qu’elles sont nuisibles pour l’Europe

PARIS : L’intervention russe en Ukraine a marqué le retour de la guerre de haute intensité en Europe. Elle confronte l’Occident et le monde à de multiples défis et menaces. Au cours des récentes réunions du G20 en Indonésie et lors des sommets du G7, de l’Otan et de l’Union européenne, la polarisation entre l’Occident et la Russie s’est accentuée à la lumière des développements de la guerre en Ukraine. 

Face à cet élan occidental sous le leadership américain, et au risque d’une guerre prolongée, la Russie s’entête à réaliser ses objectifs. Ainsi, l’Europe entre dans une nouvelle phase stratégique perturbée et le désordre mondial continue de marquer cet épisode de relations internationales malgré la tentative de percée russe et la mobilisation occidentale.

L’endiguement de la Russie est contesté et freiné 

La guerre russe en Ukraine tourne progressivement à la guerre d’épuisement. Elle ne sera pas tranchée de façon catégorique car, théoriquement, le camp qui gagnera sera celui qui résistera le plus longtemps aux rigueurs du conflit. Mais, compte tenu du rapport des forces et de la décision occidentale de ne pas entrer en conflit direct avec Moscou, la solution politique reste la seule alternative réaliste. En outre, l’élan occidental conduit par Washington se trouve freiné car la plupart des autres pays du monde – Amérique latine, Chine, Inde, Moyen-Orient et Afrique – trouvent peu d'intérêts nationaux dans le désir fondamentalement américain d’affaiblir la Russie.

Cette fracture mondiale s’est bien manifestée lors des réunions ministérielles du G20. La réunion des ministres des Affaires étrangères ressemblait à un jeu de somme nulle. Si la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, estime que «les Occidentaux avaient réussi à réunir un front uni face à la Russie qui paraissait tellement isolée», Moscou récuse ce constat, soulignant que les pays occidentaux ont «échoué» à imposer un boycott de la Russie lors de la réunion des chefs de diplomatie du G20.

À l’issue des réunions du G20, aucun communiqué commun ne fut publié: les Occidentaux dénoncent l'impact de la guerre en Ukraine sur l'économie mondiale, tandis que la Russie accuse les sanctions occidentales d'être à l'origine de la détérioration de la conjoncture.

Cette impasse incite le président serbe, Aleksandar Vucic, à sonner la charge en mettant en garde contre un dérapage de la crise en Ukraine qui n’est selon lui qu’«une guerre mondiale dans laquelle l'Occident combat la Russie avec l'aide de soldats ukrainiens».

L’impact du nouvel concept stratégique de l’Otan 

Dans ce contexte, l’Occident ne lésine pas sur les moyens. L’électrochoc de l’intervention russe, d’un côté, et la présence des atlantismes à la Maison Blanche, de l’autre, ont conduit à redynamiser l’Otan. Ainsi, lors du sommet de Madrid, en juin dernier, l’unité et la cohérence ont été de mise, même parmi les plus réticents comme les présidents hongrois et turc (Erdogan a levé ses réserves à propos de l’adhésion de la Finlande et du Suède). 

L’électrochoc de l’intervention russe, d’un côté, et la présence des atlantismes à la Maison Blanche, de l’autre, ont conduit à redynamiser l’Otan.

Khattar Abou Diab

Ce sommet marque un tournant dans l’histoire de l’organisation, avec l’adoption d’un nouveau concept stratégique de l’Otan, le premier depuis 2010 mentionnant les «défis systémiques» posés par la Chine et ses relations croissantes avec la Russie. Ce retour en arrière s’accompagne d’un renforcement de la présence américaine en Europe. 

Pour Vladimir Poutine, c’est donc l’effet inverse: à la place d’un affaiblissement de l'Otan, il y aura une Otan forte et élargie. Pour les Occidentaux, tout soutien à l’Ukraine, toute riposte et toute réaction sont évidents. Mais pour la Russie «l’Occident déclenche une confrontation hybride féroce» et le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, est allé plus loin en évoquant la «possibilité d'une guerre nucléaire». 

Au-delà des menaces russes voilées et improbables, et des déclarations jusqu’au-boutistes de Washington, l’Ukraine a perdu près de 20% de son territoire et la Russie risque l’enlisement. Les sanctions américaines et occidentales s’avèrent insuffisantes pour faire plier Moscou, alors qu’elles sont nuisibles pour l’Europe. Le ralentissement de l’économie mondiale et les effets sociaux limitent aussi l’utilité de l’escalade occidentale face à l’offensive russe. 

Les sanctions américaines et occidentales s’avèrent insuffisantes pour faire plier Moscou, alors qu’elles sont nuisibles pour l’Europe.

Khattar Abou Diab


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.