Peine de mort ou prison à vie? Le tueur d'un lycée de Floride face à ses juges

Le palais de justice du comté de Broward à Fort Lauderdale, en Floride, le 18 juillet 2022 (Photo, AFP).
Le palais de justice du comté de Broward à Fort Lauderdale, en Floride, le 18 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 juillet 2022

Peine de mort ou prison à vie? Le tueur d'un lycée de Floride face à ses juges

  • Nikolas Cruz, 23 ans, a plaidé coupable de meurtres et le jury doit seulement décider de le condamner à la peine capitale ou à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle
  • Vêtu d'un gros pull-over, de larges lunettes et le visage couvert par un masque anti-Covid, il s'est présenté lundi dans un tribunal de Fort Lauderdale

FORT LAUDERDALE: L'attaque au fusil d'assaut dans un lycée de Floride qui a fait 17 morts en 2018 était un acte "froid, calculé, prémédité", a soutenu lundi l'accusation, à l'ouverture du procès destiné à fixer la peine de son auteur.

Nikolas Cruz, 23 ans, a plaidé coupable de meurtres et le jury doit seulement décider de le condamner à la peine capitale ou à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

Vêtu d'un gros pull-over, de larges lunettes et le visage couvert par un masque anti-Covid, il s'est présenté lundi dans un tribunal de Fort Lauderdale, où plusieurs proches de ses victimes avaient pris place.

Certains ont laissé couler des larmes ou pris leur tête entre leurs mains quand le procureur a déroulé avec minutie sa virée meurtrière, le 14 février 2018, dans le lycée Marjory Stoneman Douglas, dont il avait été exclu un an plus tôt.

"Je vais vous dire l'indicible", avait prévenu Mike Satz dès son introduction, avant de raconter comment le tireur, armé d'un fusil semi-automatique, a procédé méthodiquement dans l'établissement, tirant au total 139 coups de feu, tuant 14 élèves et trois adultes.

Il s'était ensuite glissé parmi les lycéens en fuite, avait pris une boisson dans un fast-food et avait même demandé à une jeune fille de le ramener chez lui.

Ayant essuyé un refus, il s'était mis en route à pied, mais avait été reconnu par un policier et arrêté.

"Les meurtres étaient particulièrement atroces" mais aussi "froids, calculés, prémédités", a insisté le procureur, sans évoquer, à ce stade, la peine de mort.

«Néant»

Ce procès, qui devrait durer plusieurs mois, a un caractère singulier tant il est rare, aux Etats-Unis, que les auteurs de tels carnages survivent à leur attaque.

Il intervient dans un pays sous le choc d'une série de fusillades sanglantes dans une école primaire (21 morts dont 19 enfants), un supermarché (10 morts, tous Afro-Américains) et un défilé de la fête nationale (7 morts).

Les audiences s'annoncent éprouvantes avec les témoignages de proches des victimes et de rescapés, ainsi que la diffusion de vidéos du drame.

Les avocats de Nikolas Cruz devraient plaider que leur client, à l'enfance difficile, est atteint de troubles mentaux. Ils devraient également rappeler qu'il a présenté ses excuses. "Je suis vraiment désolé de ce que j'ai fait, j'en porte le poids chaque jour", avait-il déclaré lors de son plaider-coupable en octobre.

L'accusation insistera pour sa part sur la nature préméditée du crime, en s'appuyant sur une vidéo enregistrée avant le passage à l'acte. "Que commence aujourd'hui mon massacre. Que tous les enfants effrayés courent se cacher", disait-il.

"Ma vie est néant et n'a aucun sens", ajoutait-il, annonçant vouloir se rendre dans son ancienne école en véhicule Uber armé d'un fusil AR-15.

Malgré ses antécédents psychiatriques et des signalements sur sa dangerosité, Nikolas Cruz avait en effet pu acheter légalement ce fusil, une version civile des fusils d'assaut.

24 000 morts

L'attaque de Parkland était le pire massacre commis en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis la tuerie de l'école Sandy Hook, à Newtown dans le Connecticut, en 2012 lors de laquelle 26 personnes avaient péri.

Elle avait suscité une mobilisation record menée par plusieurs jeunes rescapés et les parents de victimes. Le 24 mars 2018, la "Marche pour nos vies" avait rassemblé 1,5 million de personnes à travers le pays, la plus grande manifestation nationale pour un meilleur encadrement des armes à feu de l'histoire des Etats-Unis.

Malgré les espoirs des manifestants, aucune réforme législative n'avait été adoptée au Congrès, et les ventes d'armes à feu ont continué à augmenter ces dernières années aux Etats-Unis, notamment durant la pandémie de Covid-19.

Elles ont fait plus de 24 000 morts, dont 13 000 suicides, depuis le début de l'année, selon le site Gun Violence Archives.

Les drames récents ont été suivis de l'adoption d'une loi fédérale à la portée modeste, qui prévoit surtout de renforcer les fonds alloués à la sécurité des écoles et à la santé mentale.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.