Ukraine: Soledar, sur la ligne de front, veut juste «la paix et le silence»

Des chars ukrainiens tirent sur les positions de la ligne de front près de la ville de Soledar, dans la région de Donetsk, le 10 juin 2022. (AFP).
Des chars ukrainiens tirent sur les positions de la ligne de front près de la ville de Soledar, dans la région de Donetsk, le 10 juin 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 26 juillet 2022

Ukraine: Soledar, sur la ligne de front, veut juste «la paix et le silence»

  • Soledar, «don du sel», tire son nom de la grande mine de sel située à son entrée. Exploitée par la société ukrainienne Artemsol, qui en extrayait des millions de tonnes chaque année, la mine était aussi un lieu touristique
  • Aujourd'hui, la mine, plusieurs fois frappée, a été fermée. Les habitants ont fui, et selon les estimations des quelques rares personnes croisées dans la ville, il ne doit pas rester plus de 2 000 personnes dans la cité fantôme, livrés à eux-mêmes

SOLEDAR : De Soledar, il ne reste plus grand chose. Une église, un magasin alimentaire, et une quincaillerie en sous-sol. Toute proche du front, la cité minière de l'est de l'Ukraine, où survivent encore quelque milliers d'âmes, est pilonnée sans trêve depuis plus de trois mois.

Le bruit des explosions déchire à intervalles réguliers l'atmosphère fantomatique.

Soledar, "don du sel", tire son nom de la grande mine de sel située à son entrée. Exploitée par la société ukrainienne Artemsol, qui en extrayait des millions de tonnes chaque année, la mine était aussi un lieu touristique, pour ses "sculptures de sel féériques" vantées par les brochures touristiques.

La ville, qui comptait quelque 15 000 habitants avant guerre, était également connue pour son sanatorium souterrain traitant les maladies pulmonaires.

C'était avant l'invasion. Avant qu'elle ne se trouve sur le chemin des troupes russes qui veulent s'emparer de la région de Donetsk.

Aujourd'hui, la mine, plusieurs fois frappée, a été fermée. Les habitants ont fui, et selon les estimations des quelques rares personnes croisées dans la ville, il ne doit pas rester plus de 2 000 personnes dans la cité fantôme, livrés à eux-mêmes.

Les immeubles longeant la grande rue sont à moitié détruits ou noircis par la fumée. Le Centre culturel est totalement ravagé. Dans les ruines qui sentent encore la fumée, on aperçoit des papiers éparpillés, un téléphone décroché sur un bureau.

"Cela s'est passé dans la nuit du 9 au 10 juillet, cette nuit là, une dizaine de missiles ont frappé Soledar", se remémore précisément Tetiana, une femme qui passe avec sa fille de 5 ans et sa mère de 67 ans. Le grand bâtiment a brûlé pendant plusieurs jours, faute de pompiers pour éteindre l'incendie.

"Il n'y a plus ni autorités, ni police, ni médecin, ni pharmacie. Tout le monde est parti. Nous avons été abandonnés", poursuit Tetiana.

«Mon mari et mes chats»

Comme une apparition, une dame élégante aux cheveux blancs coupés courts surgit dans une rue déserte, escortée de cinq chats. Souriante et apeurée, Lioudmyla explique que son mari, handicapé, ne peut pas bouger.

"Et puis il y a les chats abandonnés, je ne peux pas les laisser", explique l'ancienne maîtresse d'école, en se dirigeant vers l'un des derniers magasins d'alimentation ouverts dans la ville. Il est approvisionné par des volontaires qui viennent deux fois par semaine, bravant les tirs et les bombes.

En dessous du magasin, en sous-sol, une grande quincaillerie fait désormais office de point de rencontre. On vient y acheter des bouteilles de gaz, des clous, mais aussi de la vaisselle ou du linge. C'est l'un des rares endroits où l'on peut se sentir un peu en sécurité, et fréquenter ses semblables.

Iouri, 59 ans, long catogan gris sous sa casquette, salopette, s'appuie sur sa canne derrière son comptoir. Malgré tout, son regard pétille encore: "si je me laisse aller à déprimer, c'est pas bon pour mes vieux os".

Mais l'homme se rembrunit dès qu'il évoque ses deux petits enfants de 8 et 12 ans, toujours à Soledar. Que font-ils de leurs journées? "Ils fabriquent du stress", soupire le grand-père, qui tente de les occuper en confectionnant avec eux un chauffage de fortune avec des plaques de zinc, pour "préparer l'hiver".

Comme partout dans les villes du front de l'est ukrainien, ceux qui restent ne peuvent ou ne veulent évacuer.

Penchée sur son balcon, une ancienne employée de banque, Larissa, interpelle les journalistes. "Nous voulons juste rester chez nous! nous ne sommes pas des séparatistes! Ecrivez-le: nous ne sommes pas des séparatistes", répète-t-elle.

Les autorités régionales exhortent régulièrement les habitants à évacuer, et ceux qui restent sont souvent considérés comme des prorusses attendant l'arrivée des forces de Moscou.

Mais Lia Tcherkachyna, 84 ans, n'a que faire des Russes ou des Ukrainiens. Assise devant sa maison, la vieille dame supplie qu'on aille lui remplir ses 5 bouteilles à la pompe à eau qui fonctionne encore. Hier, un homme lui a promis de lui apporter de l'eau, contre une bouteille de vodka, qu'elle n'a pas.

Depuis son balcon, Larissa lance un dernier cri: "Nous voulons juste la paix. Et le silence".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.