La visite du prince héritier saoudien à Paris: consécration du lien franco-saoudien 

Pour le prince héritier saoudien, Paris représente une destination de choix, et le président français un interlocuteur habituel et indispensable. (Reuters).
Pour le prince héritier saoudien, Paris représente une destination de choix, et le président français un interlocuteur habituel et indispensable. (Reuters).
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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

La visite du prince héritier saoudien à Paris: consécration du lien franco-saoudien 

  • Cette visite a une importance particulière compte tenu du partenariat stratégique entre les deux pays et de la confiance tissée entre leurs dirigeants respectifs
  • L’accueil du dirigeant saoudien couronne les consultations d’Emmanuel Macron, surtout après la récente tournée de Joe Biden et le récent sommet de Djeddah

PARIS : Dans le cadre d’une tournée européenne, qui l’a conduit tout d’abord à Athènes, le prince Mohammed ben Salmane est en visite cette semaine à Paris (deuxième visite après celle de 2018). Cet événement a, à ce moment crucial sur la scène internationale, une importance particulière compte tenu du partenariat stratégique entre les deux pays et de la confiance tissée entre leurs dirigeants respectifs. 

Dialogue indispensable entre deux interlocuteurs incontournables  

La dernière visite du président Emmanuel Macron dans le Royaume date de décembre 2021. L’actualité internationale et la situation régionale imposent cet échange entre Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane. Pour le prince héritier saoudien, Paris représente une destination de choix, et le président français un interlocuteur habituel et indispensable.  

En entamant son nouveau mandat, Emmanuel Macron s’intéresse au Moyen-Orient. Il a reçu récemment à l’Élysée le Premier ministre israélien, les présidents émirati, palestinien et égyptien.

Alors que la situation politique en Grande-Bretagne et en Italie est ébranlée, et que le nouveau chancelier allemand, Scholz, apparaît en position critique face à l'évolution de la situation ukrainienne et aux perspectives de la crise énergétique qui touche l'Allemagne, Emmanuel Macron, lui, apparaît comme le président européen le plus éminent et le plus puissant à ce stade, bien que son pays souffre également des effets économiques de la guerre en Ukraine, dus à l'inflation, aux prix élevés et à la crise énergétique.  

En entamant son nouveau mandat, Emmanuel Macron s’intéresse au Moyen-Orient. Il a reçu récemment à l’Élysée le Premier ministre israélien, les présidents émirati, palestinien et égyptien. Ainsi, l’accueil du dirigeant saoudien couronne les consultations de Macron, surtout après la récente tournée de Joe Biden et le récent sommet de Djeddah. De surcroît, Mohammed ben Salmane est de plus en plus «incontournable» en tant que futur dirigeant dans son pays ainsi que sur le plan régional.  

 Un ordre de jour riche et varié  

Les entretiens bilatéraux portent sur toutes les questions d'intérêt commun, les développements régionaux et internationaux, ainsi que sur la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme, et le renforcement des relations bilatérales. Les deux parties discuteront probablement de plusieurs dossiers, dont  la guerre russo-ukrainienne, la crise de l'énergie, le dossier nucléaire iranien et la situation au Yémen.  

Sans aucun doute, le dossier du gaz et du pétrole intéresse en premier lieu la partie française, les Européens cherchant des alternatives à l'énergie en provenance de la Russie.

À propos du dossier libanais, l’accent sera mis sur l’échéance de l’élection présidentielle et sur l'importance de mettre en œuvre des réformes politiques et économiques en tant qu’exigence internationale pour assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité loin des ingérences extérieures et de la mainmise du Hezbollah.  

Sans aucun doute, le dossier du gaz et du pétrole intéresse en premier lieu la partie française, les Européens cherchant des alternatives à l'énergie en provenance de la Russie. À cet égard, la partie saoudienne devrait expliquer son point de vue sur la pérennité et la stabilité des marchés de l'énergie en respectant les accords de l'Opep+.  

Au plan bilatéral, le lancement d’un conseil de partenariat stratégique franco-saoudien est prévu pour renforcer les aspects de la coopération dans les domaines de l'énergie et de la construction de navires et de frégates en Arabie saoudite, conformément aux protocoles d'accords précédents. Et il existe une autre coopération liée à la fabrication de structures aéronautiques à l'intérieur du Royaume. La mise en place de nouvelles coopérations technologiques et le renforcement de la coopération dans les communications et tout ce qui a trait à la révolution numérique seront également abordés. 

Les échanges commerciaux entre le Royaume et la France dépassent 30 milliards de dollars. Plus de 35 entreprises saoudiennes opèrent en France et plus de 179 entreprises françaises dans le royaume d'Arabie Saoudite. 

Rappelons que lors de la visite du prince héritier, Mohammed ben Salmane, en France en 2018, dix-neuf protocoles et accords ont été signés entre des entreprises françaises et saoudiennes pour une valeur totale de plus de 18 milliards de dollars, qui comprenaient des secteurs industriels tels que la pétrochimie et le traitement de l'eau, en plus du tourisme, de la culture et de la santé. 

En pratique, il existe de multiples projets entre les deux pays dans les domaines de l'énergie nucléaire civile, du dessalement de l'eau de mer et des énergies renouvelables. 

Les échanges commerciaux entre le Royaume et la France dépassent 30 milliards de dollars. Plus de 35 entreprises saoudiennes opèrent en France et plus de 179 entreprises françaises dans le royaume d'Arabie Saoudite. 

Selon une source diplomatique à Paris, les deux parties tablent sur les résultats de cette visite pour renforcer le lien spécial franco-saoudien, non seulement sur le plan bilatéral mais aussi à propos de la coordination ayant pour objectif de contenir la crise de l’énergie en Europe, et de l’approche commune de plusieurs crises régionales. Cette entente tacite s’étend à la perception de la guerre en Ukraine et à la nécessité d’une solution politique pour atténuer ses effets néfastes sur l’économie mondiale et la stabilité internationale.  


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.