Jack Lang, président de l’IMA: L’Arabie saoudite entame une véritable révolution culturelle

Le président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang. (Photo fournie).
Le président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang. (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

Jack Lang, président de l’IMA: L’Arabie saoudite entame une véritable révolution culturelle

  • «L’Arabie saoudite est un fabuleux pays qui développe de nombreux projets ambitieux»
  • «En France, en Europe, et plus généralement, en Occident, on ne sait pas assez à quel point l’Arabie saoudite entame une véritable révolution culturelle»

PARIS: A l'occasion de la visite officielle du prince héritier Mohammed ben Salmane à Paris, Arab News en français s'est entretenu avec l'ancien ministre et actuel président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang. 

Question: Quelle est votre perception des relations de coopération franco-saoudiennes?

Réponse: Tout d’abord, je me réjouis de la visite du prince héritier, Mohamed ben Salmane, à Paris. C’est un événement important qui permettra, j’en suis sûr, d’ouvrir de nouvelles possibilités dans les relations bilatérales et qui consolidera les liens politiques, économiques, stratégiques et culturels entre la France et l’Arabie saoudite.

Je ne suis pas lié directement à la vie politique, je n’ai donc pas à apporter d’appréciations sur les questions qui y sont liées. Je sais qu’il y a des divergences qui peuvent surgir, ce sont des discussions qui auront lieu, sans doute, entre les dirigeants des deux pays, le président, Emmanuel Macron, et le prince héritier, Mohamed ben Salmane.

Pour ma part, je n’oublie pas qu’historiquement les deux pays fondateurs de l’Institut du monde arabe (IMA) furent l’Arabie saoudite, à l’époque du roi, Khaled ben Abdelaziz al-Saoud, et le président français, Valéry Giscard d’Estaing.

 

Q: Qu’en est-il de la coopération franco-saoudienne dans le cadre des projets culturels?

R: L’Arabie saoudite est un fabuleux pays qui développe de nombreux projets ambitieux à l’image du programme d’AlUla, voulu par le prince héritier, Mohamed ben Salmane, et le prince Badr ben Abdallah ben Mohammed ben Farhane al-Saoud, ministre saoudien de la Culture, et soutenu par la France via l’agence française en charge de la mise au point du plan de développement de ce site.

Personnellement, j’appartiens au comité consultatif, placé sous l’autorité personnelle du prince Badr ben Abdallah ben Mohammed ben Farhane al-Saoud, qui fait un travail exceptionnel pour la préservation du site, de son histoire et la beauté de ces lieux inouïs. À chaque fois que je me rends à AlUla, je suis frappé par l’avancement des projets archéologiques, touristiques, économiques et sociaux. Je suis aussi impressionné par le respect que les responsables d’AlUla portent à l’histoire des sites et aux populations locales qui sont totalement associées au programme, ce qui est révélateur de l’ambition du Royaume dans sa révolution culturelle.

En France, en Europe, et plus généralement en Occident, on ne sait pas assez à quel point l’Arabie saoudite entame une véritable révolution culturelle. Si l’on compare la situation d’il y a cinq ans à celle d’aujourd’hui, on constate un changement radical opéré sous l’impulsion du prince héritier dans tous les domaines de la culture: cinéma, théâtre, musées, architecture et musique.

Il y a dans ce pays un souffle et un élan culturels assez uniques. Je peux citer le premier festival du cinéma de la mer Rouge, organisé à Djeddah l’an dernier, ou encore les nombreux projets, riches et originaux, qui sont programmés à Riyad, une ville appelée à devenir une des plus grandes capitales culturelles du monde.

Il en est de même pour les autres villes et régions du pays qui connaissent une dynamique dans toutes les disciplines artistiques et créatives. Ce qui est accompli aujourd’hui en Arabie saoudite est étonnant et remarquable. Si la visite du prince héritier, Mohamed Ben Salmane, est une occasion de mieux faire connaître cette métamorphose heureuse et positive, c’est merveilleux. Je ne peux que me réjouir de cette extraordinaire effervescence culturelle qui fait de l’Arabie saoudite un pays majeur de la culture mondiale.

 

Q: Quelle est la place de la jeunesse dans cette révolution culturelle que vous évoquez?

R: Cette stratégie culturelle, éducative et scientifique mobilise la jeunesse qui représente l’Arabie de demain. Nombre de jeunes se reconnaissent à travers cet élan nouveau. Si on se rend aujourd’hui à Djeddah, à Riyad ou ailleurs dans le pays, on constate qu’un nouvel événement culturel a lieu chaque semaine. C’est une sorte de révolution culturelle permanente.

Personnellement, je suis de ceux qui pensent que chaque État doit choisir prioritairement la culture, la jeunesse, la science et l’éducation. Et c’est le choix opéré par les autorités saoudiennes pour construire l’avenir du pays. La France, elle-même engagée depuis longtemps sur ces sujets, se trouvera en pleine harmonie avec les réalisations saoudiennes.

 

Q: Qu’en est-il de la coopération entre l’Arabie saoudite et l’IMA?

R: Depuis que je préside l’IMA, j’ai noué des relations étroites avec les dirigeants culturels du Royaume. Le prince héritier a décidé d’apporter un soutien financier pour la rénovation des moucharabiehs des murs du bâtiment de l’IMA, conçus par Jean Nouvel.

Nous sommes, en ce moment, en discussion sur de nombreux projets, dont l’éventuelle création d’un Institut du monde arabe à Riyad, et surtout, le possible soutien de l’Arabie saoudite à la rénovation du musée de l’IMA qui est appelé à devenir l’un des plus importants musées d’art contemporain arabe d’Occident.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".