Climat: les réseaux sociaux pressent les célébrités de descendre de leurs jets privés

Des jets privés sont vus sur le tarmac de l'aéroport Friedman Memorial avant la conférence Allen & Company Sun Valley, le 5 juillet 2022 à Sun Valley, Idaho. (Kevin Dietsch/Getty Images/AFP)
Des jets privés sont vus sur le tarmac de l'aéroport Friedman Memorial avant la conférence Allen & Company Sun Valley, le 5 juillet 2022 à Sun Valley, Idaho. (Kevin Dietsch/Getty Images/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 05 août 2022

Climat: les réseaux sociaux pressent les célébrités de descendre de leurs jets privés

  • Après avoir publié mi-juillet sur Instagram une photo de son avion et celui de son compagnon, la star de la téléréalité Kylie Jenner a été qualifiée de «criminelle du climat»
  • Yard s'est basé sur les données du compte Twitter «Celebrity Jets» qui suit les vols de célébrités grâce à des données publiques en ligne

PARIS : Leurs vols sont scrutés sur les réseaux sociaux: de Taylor Swift à Bernard Arnault, la pression s'amplifie sur les célébrités, personnalités politiques et grands patrons pour limiter leur déplacement en jet privé à l'empreinte carbone élevée.

Après avoir publié mi-juillet sur Instagram une photo de son avion et celui de son compagnon, la star de la téléréalité Kylie Jenner a été qualifiée de «criminelle du climat» par des internautes.

«Pollueur et criminel», a tweeté un autre au sujet du réalisateur Steven Spielberg, accusé d'avoir pris un vol de 28 minutes.

D'innombrables «memes», des photos ou vidéos humoristiques, ont aussi circulé pour se moquer de la chanteuse Taylor Swift après la publication vendredi d'une analyse de l'agence de marketing Yard, qui la classe comme «la célébrité la plus pollueuse de l'année», avec 170 vols depuis le début de l'année.

Yard s'est basé sur les données du compte Twitter «Celebrity Jets» qui suit les vols de célébrités grâce à des données publiques en ligne.

À l'origine de ce compte, un étudiant de 19 ans nommé Jack Sweeney. Il a commencé en juin 2020 en suivant le jet privé d'Elon Musk et dispose désormais de 30 comptes traquant des stars du sport, le patron de Meta Mark Zuckerberg ou encore des oligarques russes.

Il a inspiré d'autres internautes comme Sébastien*, un ingénieur aéronautique de 35 ans qui a créé en avril le compte «I Fly Bernard» sur les trajets des avions de milliardaires français pour les interpeller sur leur empreinte carbone.

«Ce que j'essaie de dénoncer, c'est leur utilisation des jets privés comme des taxis», explique-t-il à l'AFP, en pointant les nombreux vols intérieurs ou européens effectués par les avions.

- 5 à 14 fois plus polluant qu'un vol classique -

«En Europe, les trois quarts de ces vols pourraient être faits en train», dénonce William Todts, directeur exécutif de Transport & Environment, qui regroupe des ONG européennes du secteur.

Le secteur aérien est responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2 mais selon un rapport de Transport & Environment publié en mai les vols privés ont une empreinte carbone par passager 5 à 14 fois supérieure aux vols commerciaux et 50 fois supérieure au train.

L'aviation privée est d'ailleurs en plein essor depuis la pandémie, ses clients souhaitant éviter les suppressions de vols et la promiscuité face au virus.

Certaines stars ont réagi face à la pression des réseaux sociaux: la semaine dernière, un porte-parole de Taylor Swift a affirmé dans la presse qu'elle «prête régulièrement son jet à d'autres personnes». «Lui attribuer la plupart ou tous ces trajets est totalement incorrect», poursuit-il.

Le rappeur Drake, pointé du doigt pour un vol de 14 minutes entre Toronto et Hamilton, a répondu sur Instagram que l'avion avait été déplacé pour le garer ailleurs, «personne n'était à bord de ce vol», a-t-il précisé.

«C'est encore pire s'il a volé à vide», s'étrangle Béatrice Jarrige, cheffe de projet au sein de l'association Shift Project.

En France, un porte-parole du groupe Bouygues assure que l'avion suivi par «I Fly Bernard» présenté comme celui de Martin Bouygues appartient au groupe et «est utilisé par plusieurs collaborateurs». Il précise que les émissions de CO2 de l'avion sont compensées par des projets de reforestation, une solution critiquée car elle ne réduit pas les émissions de manière substantielle.

Bernard Arnault, Jean-Charles Decaux et Vincent Bolloré, également visés par le compte Twitter, n'ont pas souhaité commenter.

Mme Jarrige espère que ce mouvement des réseaux sociaux se transformera en action politique. «Il ne s'agit pas d'interdire totalement les vols, mais il faut que les plus riches fassent un effort de sobriété», précise-t-elle, en plaidant pour des investissements dans le ferroviaire.

Pour M. Todts, les propriétaires de jets devraient au minimum exiger qu'ils fonctionnent aux biocarburants plutôt qu'au kérosène, car cela pousseraient les avionneurs à développer ces technologies.

En septembre 2021, le secteur de l'aviation d'affaires a estimé que ces carburants durables sont «clé» pour atteindre l'objectif de neutralité carbone qu'il s'est fixé pour 2050.

*Le prénom a été changé car la personne souhaite conserver son anonymat


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.