Les jeux vidéo, instruments politiques pendant la présidentielle américaine

Le personnage de Mario, à gauche, plombier italien emblématique du jeu vidéo (Photo, Charly TRIBALLEAU/AFP).
Le personnage de Mario, à gauche, plombier italien emblématique du jeu vidéo (Photo, Charly TRIBALLEAU/AFP).
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Publié le Dimanche 01 novembre 2020

Les jeux vidéo, instruments politiques pendant la présidentielle américaine

  • En investissant le monde des jeux vidéo, les personnalités politiques y ont reproduit les fractures de la vie réelle, suscitant la désapprobation de certains joueurs
  • « Les gens ne regardent plus les pubs à la télévision. Il faut aller là où le public se trouve et, dans une large mesure, il se trouve dans les jeux vidéo »

SAN FRANCISCO: Les partisans du président américain Donald Trump peuvent ajouter son personnage dans certains jeux vidéo et même le protéger de tentatives d'assassinat dans l'univers sans foi ni loi de « Grand Theft Auto ». 

De l'autre côté de l'échiquier politique, les joueurs peuvent rendre visite au candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden dans son quartier général sur « Animal Crossing ».

En investissant le monde des jeux vidéo, les personnalités politiques y ont reproduit les fractures de la vie réelle, suscitant la désapprobation de certains joueurs qui se plaignent d'une invasion de leurs univers fictifs.

« Les jeux vidéo vont être de plus en plus utilisés comme porte d'entrée vers la politique », prédit Renee Gittins, directrice exécutive de l'Association internationale des développeurs de jeux vidéo.

« Les gens ne regardent plus les pubs à la télévision. Il faut aller là où le public se trouve et, dans une large mesure, il se trouve dans les jeux vidéo », ajoute-t-elle.

Selon une récente étude de Statista, près de quatre joueurs américains sur dix ont entre 18 et 34 ans.

Amatrice de jeux vidéo, la députée Alexandria Ocasio-Cortez a récemment connu un succès retentissant sur Twitch en diffusant en direct une partie du jeu « Among Us », visionnée par plus de 430.000 personnes.

La jeune élue démocrate de New York a rivalisé avec des diffuseurs célèbres de la plateforme d'Amazon pendant plus de trois heures, distillant avec subtilité des messages politiques et incitant les spectateurs à voter le 3 novembre.

A un moment, Ilhan Omar, jeune représentante démocrate du Minnesota, a rejoint la partie de ce jeu ultra-populaire de coopération et de trahison.

Quelques jours après la partie diffusée par AOC, « Among Us » a été la cible de pirates qui y ont diffusé des messages pro-Trump.

« Fuir la réalité »

Certaines initiatives ne sont pas du goût de tous les joueurs.

Lorsque Sony a introduit un thème gratuit en soutien au mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies noires comptent ») sur ses consoles PlayStation, certains joueurs ont exprimé leur mécontentement.

« Les jeux vidéo sont faits pour les jeux, pas pour les mouvements politiques ou sociaux », a écrit sur Twitter Yuri Kazuto Cinque, qui a affirmé qu'il n'achèterait pas la nouvelle PlayStation 5, commercialisée dans quelques jours.

« Est-il encore possible de fuir la réalité ? », s'est interrogé Justin Raposo sur le réseau social. « D'abord les sports et maintenant les jeux vidéo ! ».

Mais d'autres joueurs rappellent que la politique est présente dans l'intrigue de nombreux titres. 

L'action des jeux de tir à la première personne se déroule souvent dans des villes dystopiques, où les personnages luttent contre des régimes tyranniques ou corrompus.

Dans la série « BioShock », le joueur évolue par exemple dans un monde sous-marin, ravagé par les excès d'un capitalisme débridé.

Le personnage principal de « Wolfenstein » est un héros américain qui combat les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sur la plateforme de distribution de jeux vidéo Steam, une section est consacrée aux titres politiques. Dans le jeu de stratégie « Electioneering », l'objectif est de devenir, par tous les moyens possibles, président des Etats-Unis.

Les joueurs qui possèdent une certaine maîtrise en informatique peuvent aussi exprimer leur opinion politique grâce aux « mods ».

Ces mini-logiciels, plutôt faciles à développer, permettent d'ajouter du contenu ou des fonctionnalités à des jeux existants.

Mais la plateforme Nexus Mods a interdit jusqu'à nouvel ordre les modifications de nature politique, invoquant « une vague de ‘mods’ provocateurs et polémiques mis en ligne, qui ont trait aux sujets politiques et sociétaux aux Etats-Unis. »

« La plupart de ces ‘mods’ sont mis en ligne par des lâches qui utilisent des faux-nez et essaient de semer la pagaille », dénonce la plateforme. 

L'augmentation du nombre de joueurs pendant la pandémie s'accompagne d'une multiplication des débats politiques, relève Gittins.

« Certaines personnes se disent opposées à ce que la politique s'immisce dans les jeux vidéo, mais sont promptes à qualifier de politique le moindre sujet de discorde », souligne la spécialiste. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".