L'exposition de photos Summer Portfolio du Caire explore le passé et le présent de l'Égypte

Nermine Hammam, «Clearing Unit» (Photo fournie)
Nermine Hammam, «Clearing Unit» (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 19 août 2022

L'exposition de photos Summer Portfolio du Caire explore le passé et le présent de l'Égypte

  • Du Caire à Brooklyn, le cabinet de conseil en photographies Tintera vise à rassembler des photographes du monde entier
  • Le travail de chaque photographe constitue une vision et une connaissance différentes de l'Égypte et de son peuple

LE CAIRE: Dans un immeuble d'appartements à Zamalek, le quartier riche de l’ouest du Caire où les bâtiments patrimoniaux ramènent les visiteurs dans le passé grandiose de la capitale égyptienne, se trouve une belle surprise: une galerie aux murs blancs et un cabinet de conseil appelé Tintera, spécialisé dans les photos de l'Égypte prises par des Égyptiens et des étrangers. Il a été créé en 2019 par Heba Farid et Zein Khalifa, dans le but de faire mieux connaître les photos contemporaines et historiques de l'Égypte.

«Le pouvoir de la photographie réside dans la documentation sur nos vies, aussi bien de manière conceptuelle qu'à travers des approches documentaires», a affirmé Heba Farid à Arab News. «Comme certaines images de l'Égypte sont omniprésentes dans la mémoire collective mondiale – les images de monuments et de conflits ont tendance à rester –, notre mission est d'être une destination où émerge une autre représentation de l'Égypte.»

Amina Kadous, «City Entrapped» (Photo fournie)
Amina Kadous, «City Entrapped» (Photo fournie)

Lorsque la photographie a commencé à gagner en popularité au XIXe siècle, des photographes du monde entier se sont rendus en Égypte pour capter non seulement la multitude de monuments antiques du pays, mais, comme le dit Heba Farid, «sa luminosité».

«Tintera s'engage à redorer le statut et l’importance de la photographie de l'art en Égypte», affirme Zein Khalifa. «Nous exportons “une autre Égypte” et ce faisant, nous construisons une base solide de collectionneurs, nous attirons l'attention des conservateurs et nous attirons tant un public spécialisé que non spécialisé.»

L'exposition Summer Portfolio de Tintera est l’une des illustrations des objectifs des fondateurs, présentant des œuvres de plus de vingt artistes qui font partie de leur collection.

 Dans la zone principale de l'exposition, un ensemble important de boîtes est exposé aux côtés de nombreux tirages encadrés ou montés en passe-partout. Les visiteurs sont invités à manipuler les tirages (avec les gants fournis, bien sûr). Une fine tringle de suspensions est installée afin qu'ils puissent organiser leurs propres sélections. Une telle manipulation personnelle de la photographie d'art est un rare plaisir qui renforce davantage le plaisir visuel.       

Le travail de chaque photographe constitue une vision et une connaissance différentes de l'Égypte et de son peuple. Parmi les moments forts de l’exposition, citons les œuvres d'Amina Kadous, une photographe égyptienne lauréate de prix ayant suivi un formation arts visuels. Dans sa série actuelle City Entrapped, elle découvre comment les portraits de figures publiques égyptiennes emblématiques, comme les présidents Sadate et Nasser, existent encore dans de nombreux espaces publics.

Pour Kadous, Le Caire est une ville qui est en constante évolution, mais qui reste en quelque sorte la même.

Anthony Hamboussi, «Sharat il-Nil», du pont du 15 Mayo, Agouza, gouvernorat de Gizeh, Cairo Ring Road, 2014. (Photo fournie)
Anthony Hamboussi, «Sharat il-Nil», du pont du 15 Mayo, Agouza, gouvernorat de Gizeh, Cairo Ring Road, 2014. (Photo fournie)

«Une ville enfermée dans son propre passé et qui s'étend vers un avenir inconnu. Le Caire, une ville d'icônes qui est elle-même emblématique», écrit Kadous sur son site Internet. «Je vois à travers ces respirations et ces halètements du temps, sans cesse en mouvement et sans cesse dans la cohue. Une ville où la seule chose qui soit constante est le changement.»

Nermine Hammam, célèbre artiste en arts visuels avec une expérience dans le cinéma, utilise sa technique de signature de manipulation numérique, de coloration à la main et de superposition d'images sur une collection de photographies vernaculaires en noir et blanc prises sur les plages d'Alexandrie dans A'aru, un série ainsi nommée d'après l'ancien concept égyptien de l'au-delà. Mais, expliquent les fondateurs de Tintera dans un article sur le site internet de Hammam, ici l'artiste «inverse» le concept. «Plutôt qu’un monde idyllique à venir, Hammam nous montre un monde autrefois presque parfait au bord de l’anéantissement. Pour Hammam, c'est… l'Alexandrie de son passé… un lieu où se ressent l'innocence.»


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".