Scholz plaide pour un élargissement de l'UE et la fin du droit de veto

Le chancelier allemand Olaf Scholz prononce un discours à l'Université Charles, le 29 août 2022 à Prague, en République tchèque. (Photo, AFP)
Le chancelier allemand Olaf Scholz prononce un discours à l'Université Charles, le 29 août 2022 à Prague, en République tchèque. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 29 août 2022

Scholz plaide pour un élargissement de l'UE et la fin du droit de veto

Le chancelier allemand Olaf Scholz prononce un discours à l'Université Charles, le 29 août 2022 à Prague, en République tchèque. (Photo, AFP)
  • Le dirigeant social-démocrate, à la tête d'une coalition pro-européenne formée avec écologistes et libéraux, a plaidé pour un nouvel élargissement de l'UE
  • Le dirigeant propose aussi, pour garantir le bon fonctionnement d'une UE élargie, que les procédures d'infraction aux règles soient élargies et ne soient plus cantonnées uniquement aux atteintes à l'Etat de droit

PRAGUE: Olaf Scholz a livré lundi un plaidoyer en faveur d'un élargissement de l'Union européenne, jusqu'à « 30 ou 36 membres », et la fin d'un droit de veto rimant avec risque de paralysie des institutions. 

Dix mois après avoir succédé à Angela Merkel à la tête de l'Allemagne, le chancelier a dévoilé à Prague sa vision de l'Europe, en plein « changement d'époque » provoqué par la guerre en Ukraine. 

Il se démarque ainsi de l'ancienne dirigeante qui avait laissé sans réponse plusieurs propositions formulées notamment par la France. 

Le dirigeant social-démocrate, à la tête d'une coalition pro-européenne formée avec écologistes et libéraux, a plaidé pour un nouvel élargissement de l'UE. 

« Le fait que l'UE continue à s'étendre vers l'est est un avantage pour nous tous », a fait valoir le chancelier allemand depuis la République tchèque, qui assure la présidence tournante de l'UE. 

Règles à revoir 

L'ancien maire de Hambourg veut « s'engager pour l'élargissement de l'Union européenne aux Etats des Balkans occidentaux », ainsi qu'à l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. 

M. Scholz est allé jusqu'à évoquer « une Union européenne de 30 ou 36 Etats », bien « différente de notre Union actuelle ». 

Le social-démocrate est un ardent défenseur, depuis son élection, de l'adhésion des pays des Balkans occidentaux. Il les a ainsi visités ou a reçu à Berlin leurs dirigeants ces derniers mois. 

Des six pays de la région, quatre ont le statut de candidat à l’adhésion (Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord et Albanie). Deux ne l’ont pas encore (Kosovo, Bosnie-Herzégovine). Tous ont cependant signé un accord de stabilisation et d’association avec l’UE. 

L'UE avait ouvert en juillet les négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord, deux pays bloqués dans l'antichambre de l'Union depuis huit et dix-sept ans, mais le processus s'annonce encore long et difficile avant une intégration. 

Dans cette future configuration, les règles de fonctionnement devront forcément évoluer, selon le chancelier. 

« L'Ukraine n'est pas le Luxembourg. Et le Portugal ne porte pas le même regard sur les défis du monde que la Macédoine du Nord », a décrit M. Scholz. 

Ainsi, « là où l'unanimité est aujourd'hui requise (au sein de l'UE), le risque qu'un seul pays empêche tous les autres d'avancer avec son veto augmente avec chaque nouvel Etat membre », a fait valoir le chancelier allemand. 

« C'est pourquoi j'ai proposé de passer progressivement à la prise de décision à la majorité dans la politique étrangère commune, mais aussi dans d'autres domaines, comme la politique fiscale », explique M. Scholz, ne cachant pas que « cela aurait également des conséquences pour l'Allemagne ». 

Pour lui, « s'en tenir au principe de l'unanimité ne fonctionne que tant que la pression pour agir est faible. Mais ce n'est plus le cas au vu du changement d'époque » provoqué selon lui par l'invasion russe de l'Ukraine. 

Il a aussi promis de s'engager pour que Croatie, Roumanie, Bulgarie obtiennent leur intégration réclamée de longue date dans la zone Schengen de libre circulation. Un « engagement personnel » salué par le président roumain Klaus Iohannis. 

« Rétrécissement »  

Le dirigeant propose aussi, pour garantir le bon fonctionnement d'une UE élargie, que les procédures d'infraction aux règles soient élargies et ne soient plus cantonnées uniquement aux atteintes à l'Etat de droit, comme celles qui visent la Hongrie et la Pologne. 

M. Scholz, qui a lancé des investissements massifs dans l'armée allemande, veut aussi s'attaquer au « rétrécissement non coordonné des forces armées européennes et des budgets de défense », mis à nu par l'invasion russe. 

Une plus grande coopération entre les entreprises européennes sur les projets d'armement, la fabrication conjointe et les achats est selon lui nécessaire. 

M. Scholz a en outre réitéré son soutien à la proposition d'Emmanuel Macron d'une « Communauté politique européenne ». 

Le chancelier se montre toutefois moins ambitieux que le président français concernant cette nouvelle instance. 

M. Scholz la voit ainsi comme un lieu au sein duquel « nous discuterions une ou deux fois par an des thèmes centraux qui concernent notre continent dans son ensemble ». 

Le président français l'imaginait lui comme une « organisation européenne nouvelle » permettant d'associer les candidats à l'adhésion à l'UE mais aussi le Royaume-Uni, la Suisse ou la Norvège. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.