Décimée en Méditerranée, la grande nacre au cœur d'un projet de sauvetage

Flanqué d'un masque et d'une combinaison de plongée, Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, scanne attentivement le fond de l'étang de Salses-Leucate, situé à cheval entre les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. (Photo, AFP)
Flanqué d'un masque et d'une combinaison de plongée, Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, scanne attentivement le fond de l'étang de Salses-Leucate, situé à cheval entre les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. (Photo, AFP)
Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, tient une moule éventail, une espèce menacée, dans un aquarium de Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, tient une moule éventail, une espèce menacée, dans un aquarium de Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 30 août 2022

Décimée en Méditerranée, la grande nacre au cœur d'un projet de sauvetage

Flanqué d'un masque et d'une combinaison de plongée, Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, scanne attentivement le fond de l'étang de Salses-Leucate, situé à cheval entre les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. (Photo, AFP)
Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, tient une moule éventail, une espèce menacée, dans un aquarium de Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
  • Engagés dans une course contre la montre, des chercheurs tentent de sauver ce deuxième plus grand mollusque au monde, menacé d'extinction
  • Près de 100 000 grandes nacres (Pinna nobilis), encore épargnées par le parasite tueur, y côtoient oursins et huîtres d'élevage

CANET-EN-ROUSSILLON: Comme des trésors, huit grandes nacres de Méditerranée sont délicatement extraites d'un étang au nord de Perpignan, direction le laboratoire. Engagés dans une course contre la montre, des chercheurs tentent de sauver ce deuxième plus grand mollusque au monde, menacé d'extinction. 

« Aujourd'hui, elle ne survit que dans certaines lagunes. En mer, il n'y a plus de vraie population capable de se reproduire, seulement quelques individus ici et là », se désole Serge Planes, directeur de recherche au CNRS, fixant l'étang de Salses-Leucate. 

Depuis 2016, un parasite (Haplosporidium pannaé) qui vit dans les eaux de l'océan Atlantique, a décimé la quasi-totalité des grandes nacres, espèce endémique de Méditerranée pouvant mesurer 1m20 de hauteur et vivre une quarantaine d'années. 

Il aurait été introduit en Méditerranée par des cargos en provenance de ports africains ou américains, selon l'hypothèse la plus probable. 

« On a démarré les travaux en 2018, en essayant de soigner les nacres malades », explique Pascal Romans, responsable du service d'aquariologie à l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer et ingénieur de recherche à Sorbonne Université. 

Très vite, les scientifiques se rendent compte que c'est peine perdue et se recentrent sur l'idée de conservation et reproduction des individus sains en captivité. 

Premier objectif : « arriver à déclencher des pontes, même hors période naturelle de reproduction, en jouant sur les paramètres environnementaux dans les aquariums comme la température ou la salinité », détaille M. Romans. 

« Pas gagné »  

Flanqué d'un masque et d'une combinaison de plongée, Titouan Morage, ingénieur d'études au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) de Perpignan, scanne attentivement le fond de l'étang de Salses-Leucate, situé à cheval entre les départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. 

Près de 100 000 grandes nacres (Pinna nobilis), encore épargnées par le parasite tueur, y côtoient oursins et huîtres d'élevage. 

En grattant le sol pour dégager du sable, sans l'abîmer, ce bivalve aux allure de moule géante, M. Morage en extrait huit au total. Emballées dans du coton, ces grandes nacres feront le voyage jusqu'à l'animalerie marine de recherche hébergée par l'aquarium de Canet-en-Rousillon, une vingtaine de kilomètres plus au sud. 

Là-bas, calées au fond d'un bassin par paires, elles sont soumises par le chercheur à un choc de température qui va favoriser une libération de gamètes. 

« On a réussi à obtenir des phénomènes de reproduction, et des oeufs fécondés sont devenus larves », se félicite Titouan Morage. 

Mais, trouver la séquence alimentaire permettant de les faire passer du stade larvaire à celui dit de « colonisation », avec la formation de la coquille et sa fixation au fond sablonneux, « n'est pas encore gagné », témoigne Pascal Romans. 

« Actuellement, on arrive uniquement à une dizaine de jours d'élevage, sachant que la phase larvaire dure généralement trois semaines », poursuit le chercheur. 

« Comme le panda »  

A long terme, l'équipe dédiée à ce programme espère être en mesure d'accumuler un important stock d'élevage de nacres en captivité, afin de repeupler le milieu naturel, « une fois que la relation entre hôte et parasite sera stabilisée », ajoute-t-il. 

Et le temps presse, car une autre inquiétude hante les esprits: « la possibilité d'une transmission inter-espèce : à un moment donné, lorsque le parasite a décimé l'espèce cible, il peut se transférer sur une autre espèce, et là, est-ce que ce sera les huîtres de consommation ? Les moules ? », s'interroge Serge Planes, qui pilote le projet de suivi et de sauvegarde des nacres, emblématiques de Méditerranée. 

Dans l'Antiquité, son byssus -fibres très résistantes leur permettant d'adhérer au substrat- était utilisé pour la fabrication de tissus ou d'armures de protection. La grande nacre a également été consommée, notamment en Grèce et en Turquie, jusqu'à avant sa quasi-disparition, rappelle le chercheur. 

Mais au-delà de son utilité réelle pour l'homme ou les fonds marin, c'est l'aspect « patrimonial » qu'elle représente que M. Planes met en avant pour sa sauvegarde: « pourquoi s'inquiète-t-on beaucoup de la disparition du panda? C'est un peu l'équivalent. C'est un symbole de la capacité ou pas de l'homme à empêcher la dégradation des milieux naturels », selon lui. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".