L'imam Iquioussen en fuite, le Maroc suspend son laissez-passer consulaire

L'Imam Hassan Iquioussen, alors président de l'association en charge de la gestion de la mosquée des Escaudain à Escaudain, est photographié dans le nord de la France, le 18 juin 2004 (Photo, AFP).
L'Imam Hassan Iquioussen, alors président de l'association en charge de la gestion de la mosquée des Escaudain à Escaudain, est photographié dans le nord de la France, le 18 juin 2004 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 30 août 2023

L'imam Iquioussen en fuite, le Maroc suspend son laissez-passer consulaire

  • Mardi après-midi, quand la police s’est rendue au domicile du prédicateur de nationalité marocaine, à Lourches, près de Valenciennes (Nord), il avait pris la fuite
  • L’imam est accusé «d’incitation à la haine» et d'antisémitisme, dans des propos qu’il a tenus lors de discours publics entre 2003 et 2019

PARIS: Visé par une demande d’expulsion vers le Maroc par le Conseil d’État français, l’imam Hassan Iquioussen a pris la fuite dans la nuit de mardi à mercredi, selon plusieurs médias français et marocains. 

Mardi, à la suite de la décision du Conseil d’État, qui a donné son feu vert à l’expulsion de l’imam vers le Maroc, la police s’est rendue dans l’après-midi au domicile du prédicateur de nationalité marocaine, à Lourches, près de Valenciennes (Nord), afin de l’interpeller pour l’expulser vers le Maroc. Cependant, l'un de ses fils leur aurait indiqué qu’il ne se trouvait pas à son domicile, selon Europe 1.

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Des policiers près d'une maison appartenant à la famille d'Iman Hassan Iquioussen, à Lourches, dans le nord de la France (Photo, AFP).

La classe politique n’a pas manqué de réagir à la fuite de l’imam. Le député LR Éric Ciotti a estimé que son départ était une «humiliation pour notre pays». Pour sa part, la vice-présidente RN de l’Assemblée nationale, Hélène Laporte, a déploré que «bien que fiché S depuis dix-huit mois, l’imam Iquioussen soit introuvable malgré la surveillance de l’État». 

Le fils de l’imam, quant à lui, a témoigné sur RMC, affirmant ne pas comprendre le dispositif déployé contre son père. Soufiane Iquioussen indique être sous le choc et assure «ne pas avoir de nouvelles» de son père.

Le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, a affirmé mercredi que Hassan Iquioussen était susceptible d'avoir pris la fuite en Belgique.

«Le scénario qui est aujourd'hui privilégié est une fuite en Belgique de M. Iquioussen», a déclaré le préfet lors d'une conférence de presse, qualifiant le prédicateur, mis en cause pour des propos jugés contraires aux valeurs de la République, de «délinquant» dès lors «qu'il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion».

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a précisé en début de soirée qu'il donnerait à son homologue belge "des informations" sur l'imam Hassan Iquioussen, qui serait "manifestement en Belgique", afin qu'il ne puisse "pas venir en France".

"Il sera interdit de venir en France. Tant mieux", a ajouté le ministre sur la chaîne de télévision France 5, alors qu'un début de polémique a commencé à poindre avec l'annonce de la fuite de l'imam.

M. Darmanin a affirmé en outre que le gouvernement avait "pris des actes administratifs très importants pour l'empêcher de revenir" en France.

À la question de savoir si les autorités n'avaient pas été suffisamment vigilantes pour l'empêcher de partir, M. Darmanin a répliqué que la France n'était "pas une dictature".

"Le droit ne permet pas de mettre dans des prisons en (détention) préventive avant que quelqu'un ne soit condamné", a souligné le ministre.

Avant la décision du Conseil d'Etat, "il n'était pas fugitif délinquant", a-t-il ajouté.

 

Le Maroc suspend le «laissez-passer consulaire» permettant de l'accueillir

Le Maroc a suspendu le "laissez-passer consulaire" qu'il avait délivré le 1er août à l'imam Hassan Iquioussen afin de permettre son expulsion par la France vers ce pays, a appris mercredi l'AFP de source proche du dossier.

Cette source proche du Maroc a expliqué cette décision par le fait qu'il "n'y avait pas eu de concertations avec les autorités marocaines", au lendemain de la décision du Conseil d’État ouvrant la voie à son expulsion. La décision d'expulsion est "unilatérale", a-t-on ajouté.

Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, on a rappelé que la validité d'un laissez-passer était de "60 jours", soulignant qu'il serait "incompréhensible que ce document qui n'a d'autre fonction que d'officialiser la reconnaissance par le Maroc de la nationalité de M. Iquioussen soit suspendu".

"Comment peut-on reconnaître la nationalité d’un de ses ressortissants un jour et ne plus la reconnaître le lendemain ?", s'est étonné l'entourage de Gérald Darmanin.

Qui est Hassan Iquioussen?

Hassan Iquioussen est un imam marocain de 58 ans qui est né et réside en France. Il a cinq enfants et quinze petits-enfants, tous français. Selon le ministère de l’Intérieur, le prédicateur a fait le choix à sa majorité de «répudier» la nationalité française. Il est dans le radar des services de renseignement depuis des années, et fiché S depuis un an et demi.

Homme à la réputation sulfureuse, il n'a jamais caché ses sympathies pour la mouvance islamiste des Frères musulmans ni son adoration pour Oussama ben Laden, «grand combattant contre les Américains» et «grand défenseur de l'islam». «Ce sont ses propos, ses croyances et ses agressions verbales qui se transforment en violence physique. Du coup, à un moment donné, des frappes terroristes peuvent survenir», estime Christian Gravel, secrétaire général du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait salué la décision d'expulser l'imam pour «discours de haine» et «rhétorique antisémite» considérant cette expulsion comme une «victoire de la république».

Iquioussen a réussi à réunir autour de lui un large public qui écoute ses prêches dans les mosquées ou en ligne. Il a atteint 174 000 abonnés sur YouTube et 44 000 sur Facebook.

«Incitation à la haine»

Dans son arrêté d'expulsion, le ministère de l'intérieur a notamment reproché à l'imam «un discours à teneur antisémite particulièrement virulent». Dans des vidéos diffusées sur internet, Iquioussen décrit les juifs comme «avares et usuraires», les accusant d'être «les meilleurs de la trahison et du crime» et d'éviter «les autres qu'ils considèrent comme des esclaves». «Souvenez-vous de cela, parce que vous comprendrez ce qui se passe aujourd'hui. Les juifs ont continué à comploter contre l'islam et les musulmans», a-t-il affirmé.

D’autre part, l’imam a fait des remarques complotistes et a suggéré que les frappes terroristes dans les pays occidentaux sont des «pseudo-attaques» orchestrées pour alimenter l'islamophobie.

«Vous connaissez ce film, ces dessins animés, c'est quoi le but? Ce n'est pas que les non- musulmans nous détestent, c'est déjà fait, ils l'ont fait avec le 11-septembre, ils l'ont fait avec le 18 juillet, Londres, Madrid. Vous voyez toutes ces pseudo-affaires? Oui? Ces pseudo-attaques visent à effrayer les non-musulmans dans la peur de l'islam et des musulmans», a-t-il déclaré. 

 

Une "carence" administrative

Passer la frontière belge pour éviter une expulsion vers le Maroc, un délit ? Pas forcément. L'imam Iquioussen, dont la France pense qu'il a fui pour se soustraire à son éloignement, a plutôt profité d'une "carence dans la loi", estiment les spécialistes.

Selon les spécialistes de ces procédures, l'imam aux 178.000 abonnés sur YouTube n'a commis aucune infraction pour ce qui est de son expulsion.

"Cet imam a profité d'une carence dans la loi", estime Amine Elbahi, juriste en droit public, interrogé sur BFM TV.

Hassan Iquioussen, 58 ans, n'est en effet pas visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui l'aurait obligé à être reconduit dans son pays d'origine (le plus souvent après avoir été placé en centre de rétention), mais par un arrêté d'expulsion, signé le 29 juillet par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lui-même.

"Le principe d'un tel arrêté est simplement qu'il quitte le territoire français, sans aucune obligation de retour dans le pays d'origine. Donc il n'est pas en infraction, ni n'a commis de délit s'il est bien en Belgique", abonde auprès de l'AFP Serge Slama, professeur de droit public et spécialiste du droit constitutionnel.

Les autorités belges, elles, ont indiqué ne pas rechercher l'imam, qui fait l'objet d'une procédure administrative seulement en France.

Une pensée misogyne «dominante»

«Il est regrettable qu'aujourd'hui les femmes considèrent que servir leur mari et leurs enfants est une punition, alors que c'est une bénédiction», a également affirmé Iquioussen.

En 2014, sur sa chaîne YouTube, Iquioussen s'est moqué d’une téléspectatrice qui lui a dit qu'elle n'appréciait pas son commentaire selon lequel «la place de la femme est dans la cuisine». En effet, l’imam avait déclaré que «la place de la femme est dans la cuisine, dans le salon». «Je ne vois pas pourquoi vous êtes allergique à la cuisine. Vous pensez que nous sommes misogynes. Mais, il est évident que c'est la femme qui est plus souvent dans la cuisine que l'homme. Généralement, si l'homme est dans la cuisine, c’est pour ouvrir le frigo, ce n'est pas pour faire la vaisselle ou préparer à manger.»

Un combat judiciaire

L'avocate de l'imam, Me Lucie Simon, a réagi sur le même réseau social en estimant que cette décision symbolisait «un État de droit affaibli» et a déploré «un contexte alarmant de pression de l’exécutif sur le judiciaire».

«Le combat judiciaire continue, le tribunal administratif de Paris sera amené à se pencher sur le fond du dossier prochainement et Hassan Iquioussen étudie la possibilité de saisir de nouveau la CEDH», a-t-elle expliqué

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait refusé de suspendre l'expulsion début août, expliquant qu'elle n'accordait des mesures provisoires de suspension «qu'à titre exceptionnel», lorsque le requérant est exposé «à un risque réel de dommages irréparables».

Les accusations «d'incitation à la haine» et d'antisémitisme découlent de propos tenus lors de discours publics prononcés entre 2003 et 2019.

 

(Avec AFP)


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.