Ethiopie: Raid aérien sur Mekele, capitale du Tigré, dont les rebelles veulent avancer encore

Le bilan de cette guerre meurtrière est inconnu (Photo, AFP).
Le bilan de cette guerre meurtrière est inconnu (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Ethiopie: Raid aérien sur Mekele, capitale du Tigré, dont les rebelles veulent avancer encore

  • «Raid nocturne de drone sur Mekele, pas de cible militaire imaginable», a tweeté dans la nuit le porte-parole des autorités rebelles du Tigré
  • Les journalistes n'ont pas accès au nord de l'Ethiopie, rendant impossible toute vérification indépendante

ADDIS ABEBA: Un raid aérien a visé dans la nuit de mardi à mercredi Mekele, capitale du Tigré, plusieurs heures après que les autorités rebelles de cette région éthiopienne, ont annoncé vouloir poursuivre leur "contre-offensive" dans le nord du pays.

Après cinq mois de trêve, les combats ont repris le 24 août, autour de la pointe sud-est du Tigré, entre troupes pro-gouvernementales éthiopiennes (armée fédérale, forces régionales et milices alliées) et rebelles tigréens, en conflit depuis novembre 2020 et qui s'accusent mutuellement d'avoir redémarré les hostilités.

"Raid nocturne de drone sur Mekele, pas de cible militaire imaginable", a tweeté dans la nuit Getachew Reda, porte-parole des autorités rebelles du Tigré, ajoutant qu'"au moins trois bombes avaient été lâchées".

Le Dr Kibrom Gebreselassie, directeur médical de l'hôpital Ayder, principal établissement de Mekele, a évoqué sur Twitter un "raid de drone à Mekele, vers minuit" ayant fait des "victimes arrivant à l'hôpital".

Les journalistes n'ont pas accès au nord de l'Ethiopie, rendant impossible toute vérification indépendante. Les réseaux de téléphonie mobile et d'internet dans ces zones sont également aléatoires.

Le service de communication du gouvernement éthiopien n'a pu être joint dans l'immédiat.

Plus tôt dans la journée, M. Getachew avait expliqué lors d'un "point presse" diffusé sur internet que les rebelles tigréens, après voir initialement "défendu (leurs) positions", avaient désormais lancé une contre-offensive au-delà des frontières du Tigré.

"Nous menons une guerre défensive" et "nous restons ouverts à toute négociation", avait-il assuré, tout en faisant voeu de poursuivre cette contre-offensive pour "neutraliser" les renforts militaires envoyés par le gouvernement dans le nord de l'Ethiopie.

Interrogé par l'AFP mardi, le gouvernement éthiopien a rappelé ses "efforts en faveur de la paix et les mesures concrètes prises" en ce sens, et s'est dit "à nouveau déterminé à résoudre pacifiquement le conflit qui a une nouvelle fois été déclenché" par les "terroristes" du Tigré.

L'armée s'est retirée samedi de Kobo, ville de la région Amhara située à une quinzaine de kilomètres au sud du Tigré, pour, selon le gouvernement, "éviter des pertes massives" parmi les civils face à une attaque des rebelles.

Embouteillages

Ces derniers jours, selon des sources diplomatique, humanitaire et des habitants, les rebelles ont progressé d'une cinquantaine de kilomètres vers le sud, à l'intérieur de l'Amhara, ainsi qu'au sud-est en région Afar.

Mardi, l'APDA, une ONG active en Afar, a indiqué y avoir déjà recensé 18.000 personnes déplacées par la reprise des combats et a dit craindre que leur nombre n'augmente face à l'avancée des rebelles de l'Afar vers l'Amhara.

Les routes "sont embouteillées par des gens qui fuient" l'avancée des rebelles, a indiqué l'APDA sur Twitter.

Selon Getachew Reda, le Premier ministre Abiy Ahmed "continue de faire mauvais calcul après mauvais calcul en continuant d'envoyer des renforts": "Nous allons continuer à les neutraliser, ce qui nous conduira probablement de plus en plus à l'intérieur de la région Amhara".

"Nous ne sommes pas particulièrement intéressés par le contrôle de cette zone mais, tant que les forces lâchées contre nous continuent de menacer la sécurité de notre peuple, nous continuerons à prendre les mesures appropriées pour les neutraliser" et "cela déterminera où nous nous arrêterons", a-t-il menacé.

Appels au dialogue

Rapidement défaits en novembre 2020 par l'armée éthiopienne envoyée par M. Abiy pour déloger l'exécutif du Tigré qui contestait son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires, les rebelles tigréens ont repris mi-2021 la quasi-totalité de la région à la faveur déjà d'une contre-offensive qui les a vus s'approcher d'Addis Abeba.

Ils se sont ensuite repliés vers le Tigré, accusant depuis le gouvernement "d'assiéger" la région, ce que ce dernier dément.

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les appels à la cessation des hostilités et au dialogue. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est notamment entretenu le 25 août avec Abiy Ahmed, puis avec le chef des autorités rebelles Debretsion Gebremichael.

"Il semble évident qu'on ne peut pas compter sur la communauté internationale pour retenir Abiy (...) Nous devons toujours dépendre de nos forces", a estimé M. Getachew mardi.

Depuis juin, les deux parties avaient répété être disposées à négocier, sans jamais cesser de s'opposer sur les modalités des futures discussions.

La trêve avait permis la reprise de l'acheminement par la route de l'aide humanitaire vers le Tigré, interrompu alors depuis trois mois et qui semble de nouveau désormais menacé.

Le bilan de cette guerre meurtrière est inconnu. Mais elle a déplacé plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d'Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

La région est en outre privée depuis plus d'un an d'électricité, de télécommunications, de services bancaires ou de carburant.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.