Droits de l'Homme au Xinjiang: Guterres soutient le rapport, que Pékin condamne

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé jeudi la Chine à "suivre les recommandations" du rapport de sa haute-commissaire aux droits de l'Homme qui évoque des crimes contre l'humanité dans la région chinoise du Xinjiang (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé jeudi la Chine à "suivre les recommandations" du rapport de sa haute-commissaire aux droits de l'Homme qui évoque des crimes contre l'humanité dans la région chinoise du Xinjiang (AFP)
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Publié le Jeudi 01 septembre 2022

Droits de l'Homme au Xinjiang: Guterres soutient le rapport, que Pékin condamne

  • «Ce rapport est un ramassis de désinformation et un outil politique au service de la stratégie des Etats-Unis et de l'Occident, qui vise à utiliser le Xinjiang pour entraver (le développement) de la Chine»
  • A Washington, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a salué pour sa part la publication de ce rapport et exigé que Pékin rende des comptes sur ce que les Etats-Unis qualifient de «génocide»

NATION UNIES : Le secrétaire général des Nations unies a soutenu jeudi le rapport de son Haut-commissariat aux droits de l'Homme sur les violations des droits des musulmans dans la région chinoise du Xinjiang, qualifié par Pékin "d'outil politique" rédigé par des "sbires" des Occidentaux.

Antonio Guterres a appelé la Chine à "suivre les recommandations" de ce rapport qui "confirme ce que le secrétaire général dit depuis un moment sur le Xinjiang: que les droits de l'Homme doivent être respectés et que la communauté ouïghoure doit être respectée", a déclaré le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric.

Ce texte de près de 50 pages "est complètement illégal et invalide", a toutefois fustigé à Pékin Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Ce rapport est un ramassis de désinformation et un outil politique au service de la stratégie des Etats-Unis et de l'Occident, qui vise à utiliser le Xinjiang pour entraver (le développement) de la Chine", a-t-il accusé.

A Washington, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a salué pour sa part la publication de ce rapport et exigé que Pékin rende des comptes sur ce que les Etats-Unis qualifient de "génocide".

Malgré les pressions de Pékin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme (HCDH) a publié mercredi soir ce rapport très attendu sur la situation dans le Xinjiang.

Mélange d'entretiens réalisés par ses services et d'informations de première ou de seconde main, il évoque la possibilité de "crimes contre l'Humanité" dans la région.

Le Xinjiang et le reste de la Chine ont longtemps été frappés par des attentats sanglants dont le gouvernement accuse des séparatistes et islamistes ouïghours - le principal groupe ethnique de la région.

En réponse, les autorités ont lancé une implacable campagne menée au nom de l'antiterrorisme, avec une police militaire omniprésente, des contrôles d'identité généralisés et un vaste réseau de caméras de surveillance.

«Conspiration»

Des études occidentales accusent Pékin d'avoir interné plus d'un million de Ouïghours et de membres d'autres groupes ethniques musulmans dans des "camps de rééducation", voire d'imposer du "travail forcé" ou des "stérilisations forcées".

La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de "centres de formation professionnelle" destinés à développer l'emploi et à éradiquer l'extrémisme. Elle dément toute "stérilisation forcée", disant uniquement appliquer la politique nationale de limitation des naissances.

Le rapport de l'ONU ne corrobore pas le chiffre d'un million de personnes mais affirme "qu'une proportion significative" des Ouïghours et membres de minorités musulmanes du Xinjiang ont été internés.

Il décrit un "schéma de détention arbitraire à grande échelle" dans la région "au moins de 2017 à 2019" dans des établissements placés sous haute sécurité.

"L'ampleur de la détention arbitraire et discriminatoire de membres des Ouïghours et d'autres groupes à prédominance musulmane (...) peut constituer des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l'humanité", estime le rapport.

"Le HCDH a créé de toutes pièces ce rapport, s'appuyant sur la conspiration politique de certaines forces anti-chinoises à l'étranger", a fustigé Wang Wenbin.

«Complètement dégonflés»

Sans les confirmer, le rapport onusien estime par ailleurs "crédibles" les accusations de torture, violences sexuelles voire viols dans les établissements d'internement au Xinjiang.

"Il n'est pas possible de tirer des conclusions plus larges quant à savoir s'il y a eu des schémas plus larges de violences sexuelles" et liées au genre dans ces centres, note toutefois l'ONU.

Le rapport ne reprend toutefois pas à son compte les accusations occidentales de "travail forcé" mais souligne des "éléments de coercition" dans le programme de promotion de l'emploi au Xinjiang.

La Chilienne Michelle Bachelet, dont c'était mercredi le dernier jour à la tête du Haut-Commissariat, a tenu in extremis sa promesse en publiant le document peu avant minuit à Genève.

Nouvelle enquête

S'il ne comporte pas de révélations, ce rapport apporte le sceau de l'ONU aux accusations portées de longue date contre les autorités chinoises. Sa publication avait fait l'objet d'intenses pressions.

Des organisations de défense des droits de l'homme et les Etats-Unis, lesquels ont désigné la Chine comme leur rival stratégique, voulaient le rendre public. A l'inverse, Pékin s'y opposait fermement.

Certaines organisations ouïghoures basées à l'étranger ont salué le rapport mais d'autres auraient souhaité qu'il condamne plus fermement la Chine.

"Cela change la donne pour la cause ouïghoure au niveau international", s'est félicité Omer Kanat, directeur exécutif du Uyghur Human Rights Project. "L'ONU vient de reconnaître officiellement que des crimes horribles sont commis".

Mais Salih Hudayar, un Ouïghour basé aux Etats-Unis où il milite pour l'indépendance du Xinjiang, a déclaré jeudi à l'AFP que le rapport "n'est malheureusement pas aussi fort que nous l'avions espéré".

Sur le front diplomatique, l'Union européenne a "salué" le rapport, estimant, selon son chef de la diplomatie Josep Borrell, qu'il "souligne les graves violations des droits de l'Homme qui se produisent au Xinjiang". Londres de son côté a jugé que le rapport "fait honte à la Chine".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.