Pakistan: un nouveau-né dans la boue d'une rivière en crue

Des habitants touchés par les inondations traversent une rue à Sukkur, dans la province du Sindh, le 2 septembre 2022. (Photo par Asif HASSAN / AFP)
Des habitants touchés par les inondations traversent une rue à Sukkur, dans la province du Sindh, le 2 septembre 2022. (Photo par Asif HASSAN / AFP)
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Publié le Vendredi 02 septembre 2022

Pakistan: un nouveau-né dans la boue d'une rivière en crue

  • Encore fatiguée par l'accouchement, Hajira a dû être aidée pour grimper la forte pente, quand la nouvelle est arrivée que la rivière Kaboul s'apprêtait à sortir de son lit
  • Comme souvent dans les zones rurales au Pakistan, le jour de naissance du bébé n'a pas été enregistré

CHARSADDDA, Pakistan : Étroitement emmaillotté, un bébé fille si jeune qu'on ne lui a pas encore donné de nom repose calmement à l'abri d'une tente fournie par les services de secours, sans se soucier du chaos alentour provoqué par une rivière en crue dans le nord-ouest du Pakistan.

Sa mère Hajira Bibi va et vient entre le nourrisson, âgé d'environ 10 jours, et sa maison, d'où elle tente d'enlever une boue qui monte jusqu'aux chevilles. Cette coulée avait d'abord obligé la famille à se réfugier sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute.

«Je l'ai emmenée sur l'autoroute quand elle n'avait que quatre jours (...) Elle était tellement petite», raconte Hajira à l'AFP.

«Elle était malade et ses yeux étaient douloureux, elle avait aussi de la fièvre. Mon bébé avait de gros problèmes à cause de la chaleur.»

Des scènes similaires se déroulent un peu partout au Pakistan, où les inondations causées par les pluies de mousson ont inondé un tiers du pays, affectant plus de 33 millions de personnes.

L'Unicef estime que 16 millions d'enfants sont concernés et que 3,4 millions ont besoin d'assistance humanitaire.

Encore fatiguée par l'accouchement, Hajira a dû être aidée pour grimper la forte pente, quand la nouvelle est arrivée que la rivière Kaboul s'apprêtait à sortir de son lit en raison de pluies torrentielles plus au nord.

Dans son village près de Charsadda, la chaleur était alors torride. Ils ont dormi sur l'autoroute pendant des jours, sans ventilateur, sans eau et sans rien pour chasser les moustiques.

Quand l'eau, haute jusqu'aux épaules, a commencé à baisser, une gadoue sombre avait tout recouvert dans leur maison de trois pièces.

«Tout ce que nous voulons, c'est que notre maison soit réparée. Ca fait mal de voir les enfants allongés ici», implore Hajira, qui espère aussi qu'un docteur finira par venir voir sa famille de 15 personnes.

Comme souvent dans les zones rurales au Pakistan, le jour de naissance du bébé n'a pas été enregistré. Hajira pense que sa fille est née quatre jours avant la crue et a maintenant environ 10 jours.

- Propagation des infections -

Elle n'est pas sûre non plus de son âge à elle, mais elle estime avoir 18 ans. Elle raconte, impassible, avoir eu environ 12 ans quand elle a donné naissance à son premier enfant.

La famille a maintenant ramené ses tentes sur un endroit sec en dehors de leur maison, les enfants partageant des lits de corde tressée.

Toutes les conditions sont réunies pour que des infections se propagent bientôt.

La pompe à eau est cassée, alors les adultes ne se sont pas lavés à l'eau claire depuis près d'une semaine.

Les enfants nagent dans les mêmes mares d'eau de crue où les buffles se baignent et urinent.

«L'inondation est finie, mais l'eau était très sale, très boueuse. Tous les enfants ont des rougeurs et leur santé se détériore», souligne le mari d'Hajira, Naveed Afzal, qui à cause de la catastrophe a perdu son emploi d'ouvrier agricole.

Les adultes montrent sur leurs pieds et jambes des plaies qui ont triplé de taille en à peine deux jours.

Un jeune garçon a les yeux rougis et larmoyants, un autre a de la fièvre.

Le bébé, au moins, est lavé avec les quelques bouteilles d'eau minérale reçues à un point de donation. Les hommes doivent marcher chaque jour plusieurs heures pour arriver là. L'eau stagnante a coupé plusieurs voies de communication.

«Je n'ai pas encore perdu espoir, mais cette petite fille est si minuscule qu'il serait mieux pour elle de rentrer à la maison et de se poser», soupire Hajira, en berçant le nourrisson dans ses bras.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.