Argentine: Après l'attaque contre Kirchner, le parlement affiche une unité malaisée

Des membres du cabinet, des gouverneurs et des dirigeants d'organisations de défense des droits de l'homme argentins soutiennent Cristina Fernandez de Kirchner (Photo, AFP).
Des membres du cabinet, des gouverneurs et des dirigeants d'organisations de défense des droits de l'homme argentins soutiennent Cristina Fernandez de Kirchner (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 septembre 2022

Argentine: Après l'attaque contre Kirchner, le parlement affiche une unité malaisée

  • «Nous pensons que la rue, ou cette enceinte, ne sont pas le lieu pour déterminer les coupables d'un crime»
  • L'assaillant, arrêté sur place, est un Brésilien de 35 ans aux motivations à ce stade inconnues

BUENOS AIRES: La Chambre des députés argentine a affiché samedi une unité malaisée illustrant la crispation politique du pays, en condamnant l'attentat contre Cristina Kirchner et appelant à la "paix sociale", mais en voyant le principal parti d'opposition de droite quitter l'hémicycle juste après le vote.

Les députés étaient convoqués en session extraordinaire au surlendemain de l'attaque contre l'ex-cheffe de l'Etat (2007-2015), qui a donné lieu vendredi à des manifestations dans plusieurs ville d'un pays en état de choc et à une vague de condamnations internationales.

La chambre, où la coalition gouvernementale (centre-gauche) n'a pas la majorité absolue même si elle est le bloc le plus important, a adopté une motion affirmant sa "condamnation énergique" de la tentative d'assassinat et sa "solidarité absolue" avec Mme Kirchner.

Les députés ont exigé "une clarification et une condamnation rapides et complètes des responsables de cet événement déplorable, qui porte atteinte à la vie en démocratie".

"Nous exhortons l'ensemble des dirigeants et la population à rechercher toutes les voies qui mènent à la paix sociale", conclut le bref texte adopté à la quasi-unanimité à main levée, un petit parti de gauche radicale s'étant abstenu, en désaccord avec la formulation.

Mais le PRO (Propuesta Republicana) de l'ex-président (2015-2019) libéral Mauricio Macri, principale composante du bloc d'opposition Juntos por el Cambio (centre-droit), a quitté l'hémicycle juste après le vote, sans prendre part au débat.

"Nous pensons que la rue, ou cette enceinte, ne sont pas le lieu pour déterminer les coupables d'un crime. Le pouvoir judiciaire est le seul qui a le devoir d'enquêter, juger et condamner", a déclaré le président du groupe PRO Cristian Retondo.

"Nous ne voulons pas que ce fait gravissime soit utilisé dans le but d'engendrer davantage de division, de désigner des coupables et encore moins de devenir une tribune pour attaquer l'opposition politique, la justice et les médias, comme nous l'avons malheureusement entendu ces dernières heures", a-t-il ajouté avant de se retirer.

«Le violent, c'est l'autre»

Mauricio Macri, rival le plus acerbe de Mme Kirchner, avait été jeudi un des premiers dirigeants d'opposition à condamner l'attentat.

Le camp gouvernemental a dénoncé l'attitude d'une partie de l'opposition. "Le PRO a voté et est parti. Le FIT (Front de gauche) s'est abstenu. C'est un instantané du pays qui nous fait mal", a déclaré le député Leandro Santoro.

Parmi les opposants restés au débat, Mario Negri, du Parti radical (social-démocrate), a déploré "un discours qui affirme que le violent, c'est l'autre. C'est du pur cynisme, c'est voir la poutre dans l'oeil de l'autre (...) Il faut un grand mea culpa pour avoir la dignité d'appeler à un accord pour défendre la démocratie", a-t-il lancé.

Vendredi, par dizaines de milliers, les Argentins ont manifesté dans plusieurs villes, avec notamment une mobilisation sans précédent depuis de longs mois à Buenos Aires, à l'appel de secteurs pro-gouvernement.

Une grande majorité de manifestants exprimaient leur soutien à Mme Kirchner, mais nombre d'entre eux réclamaient aussi "d'en finir avec la haine", en référence a une politique très fortement polarisée.

Diego Reynoso, politologue de l'Universite de San Andres, estime après l'attaque contre Mme Kirchner qu'il est "urgent de baisser le ton d'un cran". "Mais c'est difficile de savoir si c'est possible, vu le degré +d'activation+ des uns et des autres"

Mme Kirchner, 69 ans, présidente du Sénat, reste sept ans après son départ de la présidence une figure incontournable, quoique clivante, de la politique argentine.

Elle est actuellement en procès pour fraude et corruption, et a vu 12 ans de prison et une inéligilibité requis contre elle. Se posant en victime d'un "procès politique", elle a de facto donné le signal d'une remobilisation de son courant péroniste de gauche, et de plusieurs manifestations de soutien.

Jeudi soir, alors qu'elle se mêlait à des partisans devant son domicile, un homme a pointé un pistolet vers sa tête, à quelques mètres à peine. Pour une raison inconnue, aucun coup n'est parti alors que l'arme, chargée, avait bien été déclenchée, a assuré peu après le président Alberto Fernandez.

L'assaillant, arrêté sur place, est un Brésilien de 35 ans, vivant en Argentine depuis l'enfance, et aux motivations à ce stade inconnues.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.