Etats-Unis: les investissements responsables, nouvelle cible des républicains

Le gouverneur républicain de Floride et possible candidat aux prochaines présidentielles, Ron DeSantis. (AFP)
Le gouverneur républicain de Floride et possible candidat aux prochaines présidentielles, Ron DeSantis. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 septembre 2022

Etats-Unis: les investissements responsables, nouvelle cible des républicains

  • BlackRock, la société qui gère le plus d'argent au monde, affirme investir plus de 108 milliards de dollars dans les entreprises pétrolières texanes, à commencer par ExxonMobil
  • Joshua Lichtenstein, un juriste du cabinet Ropes & Gray qui surveille les décisions des Etats liées aux investissements ESG, a constaté la multiplication des attaques des Républicains contre ce genre de placements

NEW YORK: BlackRock pénalisé au Texas et en Virginie-Occidentale pour son soi-disant "boycott" des compagnies pétrolières: les républicains américains sont partis à l'assaut des investissements responsables des géants de Wall Street.

Prendre en compte des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance (ESG) dans les décisions financières relève d'une posture "idéologique", selon le gouverneur républicain de Floride et possible candidat aux prochaines présidentielles, Ron DeSantis.

Il a ordonné fin août aux banquiers gérant le fonds de pension de son Etat de ne pas considérer ces critères afin de "donner la priorité à la sécurité financière des habitants (...) plutôt qu'aux notions fantaisistes d'un avenir utopique".

Le contrôleur du Texas a publié le lendemain une liste de sociétés, dont BlackRock et des banques européennes, qui "boycottent" selon lui les entreprises pétrolières et avec qui les autorités locales ne doivent plus signer de nouveaux contrats.

Son homologue en Virginie-Occidentale, Etat riche en mines de charbon et en gaz naturel, a pris fin juillet une décision similaire à l'encontre de BlackRock mais aussi Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley et Wells Fargo.

"Toute institution ayant des politiques visant à affaiblir notre secteur de l'énergie, nos recettes fiscales et notre marché du travail a un conflit d'intérêts clair avec la gestion de l'argent des contribuables", a-t-il alors justifié.

Mais les banques visées démentent tout boycott.

«Déconnectée de la réalité»

Certaines d'entre elles ont bien décidé de ne plus financer les projets d'exploration pétrolière dans l'Arctique par exemple. Mais elles continuent à prêter allègrement aux entreprises du secteur.

JPMorgan estime à cet égard que la décision du responsable de Virginie-Occidentale est "peu clairvoyante et déconnectée de la réalité".

BlackRock, la société qui gère le plus d'argent au monde, affirme investir plus de 108 milliards de dollars dans les entreprises pétrolières texanes, à commencer par ExxonMobil.

"Les agents publics, élus et nommés, ont le devoir d'agir dans le meilleur intérêt des personnes qu'ils servent. Politiser les fonds de pension publics, restreindre l'accès aux investissements et nuire aux retours des placements des retraités, n'est pas conforme à cette obligation", avance le géant de Wall Street dans un communiqué.

Joshua Lichtenstein, un juriste du cabinet Ropes & Gray qui surveille les décisions des Etats liées aux investissements ESG, a constaté la multiplication des attaques des Républicains contre ce genre de placements.

Mais "la rhétorique politique décrit un monde qui n'existe pas", estime-t-il.

Les gestionnaires d'actifs "ne choisissent pas entre investir selon des critères ESG et investir pour gagner de l'argent, ils utilisent les critères ESG comme partie intégrante de leur stratégie pour atténuer les risques", dit-il à l'AFP.

Ils sont poussés en ce sens par de plus en plus de clients, en Europe, au Japon, ou dans les Etats démocrates.

Le Maine a ainsi adopté en 2021 une loi obligeant son fonds de pension à vendre toute participation dans des compagnies d'hydrocarbures.

Contribuables affectés 

Les prises de positions des Etats républicains pourraient même in fine nuire à leurs contribuables, affirme Ben Cushing, spécialiste de la finance responsable pour l'association Sierra Club.

Le Texas, par exemple, a adopté en 2021 une loi interdisant aux municipalités de signer de nouveaux contrats avec les banques limitant les financements aux entreprises d'hydrocarbures et d'armes à feu. Résultat: le nombre d'établissements participant à leurs emprunts obligataires a diminué et les taux négociés sont plus élevés, a conclu une étude menée par des chercheurs de l'université de Pennsylvanie et de la banque centrale américaine publiée en juin.

Il est encore trop tôt pour savoir quels effets cette offensive républicaine aura, estime Joshua Lichtenstein.

Elle ne devrait pas a priori menacer une tendance déjà bien enracinée chez des clients de plus en plus sensibles aux effets du changement climatique, notamment, et chez les gestionnaires d'actifs qui ont pour mission de prendre en compte tous les risques.

Mais les républicains "savent faire du bruit" et s'ils mettent vraiment leurs menaces à exécution, comme en Floride, les gestionnaires d'actifs vont peut-être, par prudence, chercher à éviter tout conflit, avance le juriste.

Les attaques répétées peuvent aussi pousser les établissements financiers à ralentir leurs efforts au moment même où "ils commençaient, lentement et avec retard (...), à reconnaître les implications financières très réelles du changement climatique", déplore Ben Cushing.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.