Entrée à Downing Street, Liz Truss promet de sortir le Royaume-Uni de la "tempête"

Mme Truss a pris ses fonctions mardi après-midi au château de Balmoral, en Écosse, lorsque la reine Elizabeth II lui a officiellement demandé de former un nouveau gouvernement au cours d'une cérémonie soigneusement chorégraphiée. (Fichier/AFP)
Mme Truss a pris ses fonctions mardi après-midi au château de Balmoral, en Écosse, lorsque la reine Elizabeth II lui a officiellement demandé de former un nouveau gouvernement au cours d'une cérémonie soigneusement chorégraphiée. (Fichier/AFP)
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Publié le Mardi 06 septembre 2022

Entrée à Downing Street, Liz Truss promet de sortir le Royaume-Uni de la "tempête"

  • En fin de matinée, le chef du gouvernement sortant est arrivé au château de Balmoral, la résidence d'été d'Elizabeth II, pour lui présenter officiellement sa démission
  • Truss a promis lundi de gouverner «comme une conservatrice», et s'est engagée à mettre en place «un plan audacieux pour réduire les impôts et faire croître notre économie»

Officiellement nommée Première ministre britannique, Liz Truss a promis mardi, à son entrée à Downing Street, de sortir le Royaume-Uni de la "tempête" en agissant dès cette semaine face à l'envolée des prix de l'énergie, à l'origine d'une grave crise économique et sociale.

Après une campagne menée très à droite sur la promesse de baisses d'impôts, la troisième femme cheffe de gouvernement britannique, après Margaret Thatcher (1979-1990) et Theresa May (2016-2019), entre en fonction en pleine urgence économique vue la chute historique du pouvoir d'achat provoquée par la hausse des factures d'énergie.

Dès son retour d'Ecosse, où la reine Elizabeth II l'a officiellement invitée à former un gouvernement à la place de Boris Johnson, elle a présenté devant le 10, Downing Street ses trois première priorités: la situation économique, la crise énergétique et la santé publique.

"Nous ne devons pas être intimidés par les défis auxquels nous sommes confrontés", a-t-elle souligné devant des dizaines de députés, qui avaient dû s'abriter d'une pluie battante quelques minutes avant son arrivée. "Aussi forte que soit la tempête, je sais que le peuple britannique est plus fort. (...) Je suis convaincue qu'ensemble, nous pouvons surmonter la tempête et reconstruire notre économie."

Elle a réitéré ses promesses d'un "plan audacieux" de baisses d'impôts et d'agir "cette semaine" pour aider les ménages étranglés par les factures d'énergie. Selon les médias britanniques elle doit annoncer jeudi un plan de plusieurs dizaines de milliards de livres pour geler les prix de l'électricité et du gaz, censés augmenter de 80% en octobre.

Celle qui était jusqu'à présent cheffe de la diplomatie, au ton volontiers belliqueux contre la Russie ou la Chine, a dit vouloir "défendre la liberté et démocratie partout dans le monde, avec (les) alliés" du Royaume-Uni.

Quittant Downing Street, Boris Johnson promet son «fervent» soutien à Liz Truss

Le Premier ministre britannique sortant Boris Johnson a promis mardi d'apporter son "fervent soutien" à Liz Truss, qui va lui succéder, lors de son dernier discours en tant que chef du gouvernement.

"C'est fini les amis", lancé Boris Johnson avant de s'envoler pour Balmoral (Ecosse) où il va présenter officiellement sa démission à la reine Elizabeth II.

Dans son discours, Boris Johnson, poussé à la démission début juillet après des scandales à répétition, a énuméré Brexit, campagne de vaccination contre le Covid-19, soutien à l'Ukraine face à l'invasion russe parmi les réussites de son mandat.

"Je soutiendrai Liz Truss et son gouvernement à chaque étape", a-t-il assuré.

Alors que les spéculations vont bon train sur son avenir, Boris Johnson s'est comparé à un propulseur de fusée "qui a rempli sa fonction et va à présent revenir doucement dans l'atmosphère et tomber de manière invisible dans quelque obscur coin du Pacifique".

"Et comme Cincinnatus", qui a été consul et, ont souligné certains observateurs, est finalement revenu à Rome, "je retourne à mon plan et j'offrirai à ce gouvernement le plus fervent soutien".

Remerciant le personnel qui s'est occupé de lui et sa famille et de son chien Dylin, Boris Johnson a souligné que si le Jack Russell, réputé très turbulent, et Larry, le chat de Downing Street, "peuvent laisser derrière eux leur difficultés occasionnelles, le parti conservateur le peut aussi", après les divisions de la campagne.

Johnson promet son soutien

Au lendemain de son élection à la tête du parti conservateur, majoritaire, Liz Truss, élue par 57% des quelque 142.000 membres votants du parti conservateur, contre 43% à son rival Rishi Sunak, a été reçue au château écossais de Balmoral par la reine Elizabeth II qui avait choisi ce cadre inhabituel pour éviter de rentrer à Londres étant donné ses difficultés à se déplacer.

Les images de l'audience montrent la reine avec une canne, portant jupe en tartan et cardigan, serrant la main de celle qui est devenue le 15e Premier ministre de ses 70 ans de règne.

Deux mois après l'annonce de son départ, Boris Johnson l'avait précédée à Balmoral pour présenter sa démission, que la reine a "gracieusement acceptée".

Dans un bref discours devant Downing Street au petit matin, Boris Johnson a salué son propre bilan devant une foule de soutiens et de collaborateurs. Il s'est comparé à une "fusée ayant accompli sa mission" et rentrant dans l'atmosphère. "J'offrirai à ce gouvernement mon soutien le plus fervent", a-t-il assuré.

Exit le héros du Brexit: après trois ans et 44 jours, à peine plus que Theresa May qu'il avait remplacée en 2019, Boris Johnson a quitté ce qu'il avait qualifié de "meilleur job au monde", après une série de scandales ayant déclenché des dizaines de démissions dans son entourage proche début juillet.

Diversité

Liz Truss, qui affrontera dès mercredi le chef de l'opposition Keir Starmer lors de la séance de questions au Parlement, doit nommer les principaux ministres de son équipe dans la soirée et mercredi matin.

Son ministre des Finances devrait être Kwasi Kwarteng, 47 ans, jusqu'ici secrétaire à l'Energie, partisan comme Mme Truss d'un Etat plus modeste et d'une économie plus déréglementée.

Suella Braverman, 42 ans, conseillère juridique du gouvernement et initialement candidate au poste de Premier ministre, est pressentie au ministère de l'Intérieur. Très à droite, elle héritera du dossier des milliers de migrants illégaux arrivant sur les côtes britanniques, que celle qui la précédait voulait envoyer au Rwanda.

James Cleverly, 53 ans, ministre de l'Education après avoir été secrétaire d'Etat aux affaires européennes, devrait passer aux Affaires étrangères, et Ben Wallace resterait au ministère de la Défense.

M. Kwarteng est d'origine ghanéenne, Mme Braverman d'origine indienne, et la mère de M. Cleverly était originaire du Sierra Leone, une diversité inédite à ces postes clés.

Mme Truss aura fort à faire pour rassembler un parti conservateur divisé, au pouvoir depuis 12 ans, et désormais largement distancé par les travaillistes dans les sondages à deux ans de la date prévue des prochaines élections législatives.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.