«Impossible d'isoler la Russie», lance Poutine, le regard tourné vers l'Asie

Malgré une pluie de sanctions occidentales, M. Poutine a affirmé que la Russie "n'a rien perdu et ne perdrait rien". (AFP).
Malgré une pluie de sanctions occidentales, M. Poutine a affirmé que la Russie "n'a rien perdu et ne perdrait rien". (AFP).
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Publié le Mercredi 07 septembre 2022

«Impossible d'isoler la Russie», lance Poutine, le regard tourné vers l'Asie

  • «Peu importe combien certains voudraient isoler la Russie, il est impossible de le faire», a lancé M. Poutine lors d'un discours aux forts accents anti-occidentaux
  • Il a notamment salué dans son discours «le rôle croissant» de la région Asie-Pacifique dans les affaires du monde, à l'opposé d'un Occident qu'il a dépeint comme sur le déclin

MOSCOU : Isoler la Russie est "impossible" malgré la "fièvre de sanctions" des Occidentaux, a déclaré mercredi son président Vladimir Poutine, saluant le "rôle croissant" de l'Asie vers laquelle Moscou se tourne de plus en plus.

Alors que les Occidentaux veulent plafonner le prix des hydrocarbures russes pour punir Moscou de son offensive en Ukraine, M. Poutine a aussi menacé de ne plus livrer une goutte de gaz et de pétrole si une telle mesure était prise.

Désormais indésirable pour l'Occident depuis le lancement de son intervention en Ukraine le 24 février, Moscou a accéléré un virage vers l'Asie ces derniers mois dans l'espoir d'y trouver de nouveaux marchés et fournisseurs, pour remplacer ceux perdus du fait des sanctions américaines et européennes.

C'est dans ce contexte que M. Poutine a participé mercredi à un forum économique d'une importance stratégique pour la Russie à Vladivostok (Extrême-Orient), en présence de plusieurs hauts responsables asiatiques.

"Peu importe combien certains voudraient isoler la Russie, il est impossible de le faire", a lancé M. Poutine lors d'un discours aux forts accents anti-occidentaux.

Il a notamment salué dans son discours "le rôle croissant" de la région Asie-Pacifique dans les affaires du monde, à l'opposé d'un Occident qu'il a dépeint comme sur le déclin, miné notamment par l'"inflation".

"Des changements irréversibles se sont produits dans tout le système des relations internationales", a-t-il relevé.

Sanctions: Poutine estime que le «pic» des difficultés économiques est «passé»

Le président russe Vladimir Poutine a estimé mercredi que le "pic" des difficultés économiques causées en Russie par les sanctions occidentales, prises à la suite de l'offensive en Ukraine, était "passé", malgré des "problèmes" logistiques dans certains secteurs.

"Nous pensons que le pic de la situation est passé. La situation se normalise", s'est félicité M. Poutine lors d'un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe).

Selon lui, "cela se traduit par (une amélioration) des indicateurs macroéconomiques", avec notamment "un taux de chômage au plus bas, à 3,9%" et "une inflation en baisse".

Les prix, déjà en hausse en Russie en raison de la reprise post-pandémie et de la flambée des prix des matières premières, avaient connu un embrasement à la suite de l'imposition de sanctions à la Russie pour l'entrée de ses troupes en Ukraine fin février.

En juillet, l'inflation enregistrée en Russie avait été de 15,1% sur un an, selon l'agence de statistiques Rosstat.

"La hausse des prix représente toujours une certaine menace" car "cela affecte le niveau de vie (des ménages) et l'économie" dans son ensemble, a néanmoins reconnu M. Poutine.

Il a également concédé "des problèmes" liés à l'imposition des sanctions occidentales, "en particulier dans les entreprises qui étaient approvisionnées depuis l'Europe".

Les sanctions ont en effet entraîné d'importantes perturbations logistiques dans certains secteurs, notamment automobile et technologique, qui ne parviennent plus à recevoir les pièces nécessaires pour l'assemblage de leurs produits.

Il a toutefois affirmé que le gouvernement russe "mettait en oeuvre tous (ses) programmes de développement", notamment dans l'Extrême-Orient, région peu peuplée mais proche géographiquement de l'Asie.

"La Russie est peut-être le seul pays capable d'être autosuffisant en ressources naturelles", a-t-il affirmé, au moment où, selon lui, "un à un, les emplois et les entreprises disparaissent en Europe".

«Ni pétrole, ni gaz»

En pleine guerre de l'énergie entre Moscou et les Occidentaux, M. Poutine a menacé de cesser les livraisons en cas de plafonnement des prix des hydrocarbures russes.

Après les pays du G7 appelant à plafonner le prix de vente du pétrole russe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de fixer une limite au prix du gaz de Moscou.

Si une telle mesure est prise, "nous ne livrerons rien du tout si c'est contraire à nos intérêts, en l'occurrence économiques. Ni gaz, ni pétrole, ni charbon (...) Rien", a mis en garde M. Poutine.

A couteaux tirés avec les dirigeants européens, M. Poutine a en revanche profité de la venue de responsables asiatiques à Vladivostok pour soigner ses contacts.

Il s'est entretenu avec le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing, saluant les relations "positives" entre la Russie et la Birmanie, ainsi qu'avec le Premier ministre de la Mongolie, Luvsannamsrai Oyun-Erdene.

Le président russe devait rencontrer par la suite le chef du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, Li Zhanshu, troisième plus haut responsable chinois.

Car c'est avec la Chine que la Russie souhaite opérer le rapprochement le plus étroit, à la fois économique et sécuritaire.

En parallèle du forum de Vladivostok, Moscou a ainsi mené ces derniers jours des exercices militaires de grande ampleur dans l'Extrême-Orient russe, en présence de militaires de plusieurs pays alliés, dont la Chine.

«Fièvre des sanctions»

Pékin, de son côté, traverse actuellement une crise diplomatique avec les Etats-Unis, notamment depuis la visite à Taïwan en août de la présidente de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi.

S'efforçant de présenter la Russie comme faisant partie d'un front commun face à l'Occident, M. Poutine a estimé que les sanctions visant Moscou étaient une menace pour l'économie mondiale.

La pandémie "a été remplacée par de nouveaux défis d'ordre global, qui menacent le monde entier. Je veux parler de la fièvre de sanctions de l'Occident", a-t-il lancé.

"La majorité absolue des Etats d'Asie-Pacifique n'accepte pas la logique destructrice des sanctions", a affirmé M. Poutine.

Le président russe a dénoncé "le refus obstiné des élites occidentales de voir les faits" et "la domination insaisissable des Etats-Unis" dans la mise en place de lourdes sanctions contre la Russie.

Face à "l'agression technologique, financière et économique de l'Occident", le président russe a dit se réjouir de "l'éloignement petit à petit" de l'économie russe du dollar, de l'euro et de la livre sterling, "des devises pas fiables", vers notamment le yuan chinois.

Mardi, le géant gazier russe Gazprom, entreprise d'Etat, avait annoncé que la Chine payerait dorénavant ses contrats en roubles et en yuans, au lieu du dollar.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.