Cinq Hongkongais condamnés pour «sédition» après la publication d'un livre pour enfants

Un syndicat d'orthophonistes a produit trois livres électroniques illustrés, ci-dessus, visant à expliquer le mouvement démocratique de Hong Kong aux enfants. (Photo, AFP)
Un syndicat d'orthophonistes a produit trois livres électroniques illustrés, ci-dessus, visant à expliquer le mouvement démocratique de Hong Kong aux enfants. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 07 septembre 2022

Cinq Hongkongais condamnés pour «sédition» après la publication d'un livre pour enfants

Un syndicat d'orthophonistes a produit trois livres électroniques illustrés, ci-dessus, visant à expliquer le mouvement démocratique de Hong Kong aux enfants. (Photo, AFP)
  • Les cinq Hongkongais ont été reconnus coupables de «conspiration en vue d'imprimer, de publier, de vendre, d'offrir à la vente, de distribuer, d'exposer ou de reproduire une publication séditieuse»
  • Amnesty International, qui a récemment quitté Hong Kong en raison de la loi sur la sécurité nationale, a décrit ces condamnations comme «un exemple absurde de répression implacable»

HONG KONG: Un tribunal de Hong Kong a reconnu mercredi coupables de sédition cinq personnes pour avoir publié des livres pour enfants qui dépeignent les partisans de la démocratie de la ville comme des moutons défendant leur village contre des loups. 

Les cinq Hongkongais ont été reconnus coupables de "conspiration en vue d'imprimer, de publier, de vendre, d'offrir à la vente, de distribuer, d'exposer ou de reproduire une publication séditieuse". 

Les poursuites visaient des membres d'un syndicat d'orthophonistes qui avaient produit quatre livres électroniques illustrés destinés à expliquer aux enfants le mouvement démocratique de Hong Kong. 

Dans un livre intitulé "Les défenseurs du village des moutons", un groupe de loups tente d'occuper un village de moutons, qui se défendent. 

Dans un autre, les loups sont dépeints comme étant sales et apportant des maladies dans le village des moutons. 

Lai Man-ling, Melody Yeung, Sidney Ng, Samuel Chan et Fong Tsz-ho, tous membres fondateurs du syndicat des orthophonistes à l'origine de ces livres, ont été accusés de sédition et maintenus en prison pendant plus d'un an avant leur verdict. 

A l'issue d'un procès de deux mois, Kwok Wai-kin, un juge du tribunal de district désigné par le gouvernement pour juger les affaires de sécurité nationale, les a déclarés coupables de conspiration en vue de diffuser des contenus séditieux. 

« Répression implacable » 

"L'intention séditieuse ne vient pas simplement des mots, mais des mots avec des effets proscrits destinés à se répercuter sur l'esprit des enfants", a écrit M. Kwok dans son jugement. 

"Les enfants seront amenés à croire que le gouvernement de la RPC (République populaire de Chine) vient à Hong Kong avec l'intention malveillante de leur prendre leur maison et de ruiner leur vie heureuse sans avoir le moindre droit de le faire", a-t-il ajouté. 

Amnesty International, qui a récemment quitté Hong Kong en raison de la loi sur la sécurité nationale, a décrit ces condamnations comme "un exemple absurde de répression implacable". 

"Écrire des livres pour enfants n'est pas un crime, et tenter d'éduquer des enfants sur les événements récents de l'histoire de Hong Kong ne constitue pas une tentative d'incitation à la rébellion", a déclaré Gwen Lee, chargée de campagne d'Amnesty International pour la Chine. 

Au cours du procès, les procureurs ont fait valoir que les livres contenaient un "sentiment anti-chinois" et visaient à "inciter les lecteurs à la haine contre les autorités du continent". 

Ils ont également déclaré que les livres étaient destinés à encourager les Hongkongais à discriminer les "Chinois du continent vivant à Hong Kong". 

La condamnation s'appuie sur un délit de sédition datant de l'époque où la ville était sous domination britannique, que les autorités ont déployé en parallèle d'une nouvelle loi sur la sécurité nationale afin d'éradiquer toute dissidence. 

La défense a fait valoir que l'infraction de sédition était définie de manière vague et que chaque lecteur devrait pouvoir se faire sa propre opinion sur ce que représentaient les personnages des livres. 

Elle a également prévenu qu'un tel verdict criminaliserait davantage la critique politique et aurait un effet dissuasif sur la société. 

Jusqu'à récemment, Hong Kong était un bastion de la liberté d'expression en Chine et abritait un secteur de l'édition dynamique et critique. 

Mais Pékin a déclenché une vaste répression politique dans la ville en réponse aux manifestations démocratiques massives et parfois violentes qui ont eu lieu en 2019. 

Les principales figures du mouvement pro-démocratie sont aujourd’hui soit en prison ou en attente de jugement, soit en fuite à l'étranger. 

Des dizaines de groupes de la société civile, dont de nombreux syndicats, ont disparu. 

L’industrie du cinéma est soumise à une censure similaire à celle en vigueur en Chine continentale, des livres ont été retirés des bibliothèques et les programmes scolaires ont été réécrits, les autorités ayant reçu l'ordre d'inculquer le patriotisme aux enfants de la ville. 

Le secteur de l'édition était déjà une cible des autorités chinoises avant cette vague de répression. 

En 2015, cinq Hongkongais à l'origine de la publication de livres satiriques sur les dirigeants du Parti communiste chinois avaient disparu, avant de réapparaître en détention en Chine continentale. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.