Barrage sur le Nil: Le niveau du remplissage annuel est atteint

L’Ethiopie estime que le Gerd est essentiel pour son développement économique, alors que l'Egypte le considère comme une menace vitale (Photo, AFP)
L’Ethiopie estime que le Gerd est essentiel pour son développement économique, alors que l'Egypte le considère comme une menace vitale (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 juillet 2020

Barrage sur le Nil: Le niveau du remplissage annuel est atteint

  • L’Egypte et le Soudan craignent pour leur approvisionnement en eau du Nil et réclament qu'un accord global sur le barrage
  • Suffisamment d'eau s'était accumulée dans le réservoir pour permettre de tester les deux premières turbines

ADDIS ABEBA: L’Ethiopie a annoncé mardi avoir atteint le niveau de remplissage prévu pour la première année du réservoir du barrage géant qu'elle construit sur le Nil et qui est source de vives tensions avec l’Égypte et le Soudan, ses voisins situés en aval.
Le bureau du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a indiqué dans un communiqué que suffisamment d'eau s'était accumulée dans le réservoir pour permettre de tester les deux premières turbines, une étape cruciale pour que le barrage puisse commencer à produire de l'énergie.
Mais ce faisant, l’Ethiopie risque d'accroître encore les tensions avec l’Egypte et le Soudan, qui craignent pour leur approvisionnement en eau du Nil et réclamaient qu'un accord global sur le barrage - et notamment la manière dont il est géré - soit conclu avant que le remplissage ne débute.
L'annonce éthiopienne intervient à l'issue mardi d'une nouvelle réunion virtuelle entre les trois pays, sous l'égide de l'Union africaine, qui n'a pas permis de trouver d'accord.
Selon le communiqué éthiopien, cette réunion a permis aux trois pays de s'accorder sur une "vision commune" devant mener à un accord global. De nouvelles "discussions techniques sur le remplissage" sont toutefois nécessaires avant qu'un tel accord puisse être trouvé.
La présidence égyptienne a de son côté exprimé dans un communiqué son "souhait sincère" que des progrès puissent être rapidement faits pour répondre aux "intérêts mutuels des trois pays".
"Il a été convenu à la fin du sommet de continuer les négociations et de se concentrer en priorité sur la conclusion d'un accord légalement contraignant concernant les règles qui doivent s'appliquer au remplissage du barrage pour (ensuite) concrétiser un accord global sur l'usage des eaux du Nil entre les trois pays", a ajouté cette source.
Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a pour sa part insisté sur le fait que le Soudan rejetait "toute mesure unilatérale prise par un pays", a indiqué à la presse le ministre soudanais de l'Irrigation et de l'Eau, Yasser Abbas.
Appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique, le Grand barrage de la Renaissance (Gerd), construit sur le Nil Bleu (qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil), est une source de forte tensions avec l’Egypte depuis 2011.
Volume d'eau
L’Ethiopie estime que le Gerd est essentiel pour son développement économique, alors que l'Egypte - dont l'irrigation et l'eau potable dépendent à 90% du Nil - le considère comme une menace vitale.
Addis Abeba avait plusieurs fois annoncé qu'elle entendait débuter les opérations de remplissage du réservoir du barrage en juillet, à une date non spécifiée, en plein cœur de la saison des pluies.

La semaine dernière, l’Ethiopie avait reconnu que le niveau de l'eau retenue par le barrage augmentait, affirmant qu'il s'agissait là d'une conséquence directe de l'avancée du chantier. Mardi, elle a confirmé que le remplissage était achevé pour la première année.
"Il est devenu évident avec ces deux dernières semaines de saison des pluies, que la première année de remplissage du Gerd (Grand barrage de la Renaissance) est achevée et que le barrage en construction déborde déjà", a annoncé le bureau de M. Abiy.
La première année, le Gerd devait retenir 4,9 milliards de mètres cubes d'eau, pour permettre à l’Ethiopie de tester le premier ensemble de turbines. La capacité totale du réservoir est de 74 milliards de mètres cubes d'eau.
Dans son communiqué, l’Ethiopie n'a pas indiqué quel volume d'eau exactement était déjà entré dans le réservoir. Elle n'a pas non plus précisé si le remplissage avait été effectué exclusivement de manière "naturelle" ou si des actions concrètes avaient été menées pour l'accélérer.
Un responsable sur le site du barrage avait indiqué la semaine passée à l'AFP que le débit actuel du fleuve en amont du barrage, gonflé par les précipitations saisonnières, excédait la capacité des vannes du barrage à laisser passer l'eau en aval.
"Nous n'avons rien fermé et nous n'avons rien fait au niveau de l'installation" avait déclaré ce responsable. 
 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.