Algérie: des actrices se mobilisent contre les féminicides sur fond de polémique

Adila Bendimerad fait partie des actrices qui se sont mobilisées. (AFP)
Adila Bendimerad fait partie des actrices qui se sont mobilisées. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 novembre 2020

Algérie: des actrices se mobilisent contre les féminicides sur fond de polémique

  • « Nous, actrices algériennes, sommes aujourd'hui unies pour dire stop aux violences faites aux femmes et aux féminicides », ont-elles dénoncé dans un message publié sur les réseaux lors du lancement de leur action le 15 octobre
  • « Nous appelons à la prise de conscience et à la mobilisation générale pour que cesse cette violence! »

ALGER : En Algérie, l'émoi provoqué par de récents féminicides a incité un groupe d'actrices à lancer une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux contre les violences faites aux femmes. Une initiative qui démarre sur fond de polémique.

« Nous, actrices algériennes, sommes aujourd'hui unies pour dire stop aux violences faites aux femmes et aux féminicides », ont-elles dénoncé dans un message publié sur les réseaux lors du lancement de leur action le 15 octobre. 

« Nous appelons à la prise de conscience et à la mobilisation générale pour que cesse cette violence ! », ajoutent-elles. 

Pour le coup d'envoi de leur campagne, les actrices ont posé toutes ensemble pour une photo symbolique, largement diffusée sur internet.

Sur le cliché, elles sont plus d'une vingtaine de comédiennes de renom, toutes générations confondues, rassemblées pour défendre la même cause.

Parmi elles: l'icône de la TV algérienne Bahia Rachedi ou de jeunes talents comme Nardjes Asli, Souhila Mallem, Leila Touchi ou encore Adila Bendimerad.

Vêtues de noir et les mains entrelacées face à la caméra, elles portent le deuil des 41 féminicides recensés depuis le début de l'année dans le pays par Algérie Féminicides. 

En 2019, 75 féminicides avaient été comptabilisés. Un nombre bien en dessous de la réalité, selon les deux initiatrices du projet de veille, Narimene Mouaci Bahi et Wiame Awres.

En l'absence de réponse des autorités et face à l'urgence, les actrices usent de leur notoriété pour attirer l'attention publique.

« Cette campagne s'adresse à tout le monde, hommes et femmes. Ce n'est pas pour incriminer les hommes algériens mais pour responsabiliser tout le monde », explique l'actrice Salima Abada.

Pour elle, même si la campagne a suscité quelques « incompréhensions », elle reste positive. « Il y a un débat, de la colère, un ras-le-bol, c'est déjà ça de gagné ! », assure-t-elle à l'AFP.

Le groupe prévoit dans un second temps la diffusion d'une vidéo de sensibilisation.

Une vérité qui blesse

Parallèlement, la vidéo d'une autre actrice prenant part à la campagne, Mounia Benfeghoul, devenue virale sur les réseaux sociaux, a déclenché une vive polémique.

La comédienne et présentatrice TV a publié cette vidéo le 5 octobre sur Instagram en réaction au meurtre sordide de Chaïma, 19 ans, battue, violée et brûlée vive près d'Alger. 

Dans cette vidéo, Mme Benfeghoul s'en prend à ceux qui ont avancé des justifications à son meurtrier. 

« On ne trouve pas d'excuses à des violeurs. C'était un viol ! Elle n'était pas consentante ! », s'est-elle indignée.

Tout en se prononçant contre la peine de mort, l'actrice se dit favorable à des châtiments corporels contre les personnes reconnues coupables de crimes sexuels.

Utilisant des mots crus, elle dénonce le harcèlement dans la rue et plaide pour l'éducation des enfants. 

Afin de briser le silence, ils « ne doivent pas être élevés dans le tabou (...). On est censé donner aux jeunes le bon exemple » en parlant de ces sujets, plaide-t-elle.

Ces propos lui ont valu un torrent d'insultes sur les réseaux sociaux. 

« Elle n'a rien dit de nouveau. Elle a confirmé ce que l'on sait déjà, que les tabous dans la société algérienne sont à l'origine du silence autour des viols, de l'inceste et de la pédophilie. Il n'y a que la vérité qui blesse », a commenté sur Facebook le présentateur de la station web Radio Corona Internationale (RCI), Abdallah Benadouda.

Libérer la parole

Cette polémique « prouve combien notre société est malade », estime la chanteuse Amel Zen, qui a affiché sur les réseaux sociaux son soutien « à Mounia en ces moments de rudes vérités ».

Début octobre, la mort de Chaïma, suivie depuis de la découverte de trois autres corps de femmes, a mobilisé l'opinion publique sur internet et dans la rue.

S'il n'existe pas de statistiques officielles concernant les violences faites aux femmes en Algérie, le nombre de plaintes enregistrées en 2019 s'élève à plus de 7.000, selon les chiffres de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Mêmes échos au Maroc et en Tunisie. Les campagnes #Masaktach (Prenez la parole) et #EnaZeda (Moi aussi) ont depuis quelques mois libéré la parole, dévoilant des milliers de témoignages anonymes sur les réseaux  sociaux. Un premier pas vers la prise en charge juridique, selon les associations.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".