Mostra: Julianne Moore appelle à la libération du cinéaste iranien emprisonné

L'actrice américaine Julianne Moore, la réalisatrice britannique Sally Potter et le directeur du 79e Festival international du film de Venise, Alberto Barbera, tiennent vendredi une affiche montrant le réalisateur iranien Jafar Panahi, demandant sa libération (Photo, AFP).
L'actrice américaine Julianne Moore, la réalisatrice britannique Sally Potter et le directeur du 79e Festival international du film de Venise, Alberto Barbera, tiennent vendredi une affiche montrant le réalisateur iranien Jafar Panahi, demandant sa libération (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 10 septembre 2022

Mostra: Julianne Moore appelle à la libération du cinéaste iranien emprisonné

  • Il est emprisonné depuis juillet après une condamnation pour «propagande contre le régime»
  • Les participants brandissaient des pancartes demandant la libération des cinéastes détenus à travers le monde

VENISE: La compétition de la 79e Mostra s'achève sur un pied de nez à la censure: récemment emprisonné, le réalisateur iranien Jafar Panahi a présenté vendredi son dernier opus, une mise en abyme de sa propre situation pour mieux dénoncer l'oppression.

L'artiste primé dans les plus grands festivals, empêché par son incarcération de venir défendre son film "Les ours n'existent pas", en lice pour le Lion d'or, est omniprésent à l'écran dans un jeu de miroirs reflétant la complexité de sa situation: celle d'un créateur enfermé dans son propre pays.

La projection réservée à la presse a été saluée par une salve d'applaudissements, destinée autant au film, qui croise plusieurs intrigues, qu'au cinéaste de 62 ans, se mettant en scène dans son propre rôle, poursuivant son travail malgré les embûches et la tentation de fuir un pays où il est harcelé.

Le film le montre dirigeant depuis un village d'Iran des acteurs, réfugiés en Turquie de l'autre côté de la frontière, via une application de visioconférence.

Emprisonné en juillet après une condamnation pour "propagande contre le régime", Panahi a adressé la semaine dernière au festival une lettre cosignée avec son confrère Mohammad Rasoulof, lui aussi détenu, dans laquelle ils accusent Téhéran de considérer les cinéastes indépendants "comme des criminels".

"L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté contre la censure et pour garantir la survie de cet art. Parmi ceux-ci, certains se voient interdire de tourner des films, d'autres ont été contraints à l'exil ou réduits à l'isolement", ont-ils dénoncé dans leur missive.

«Nous avons peur»

Leur compatriote Vahid Jalilvand, auteur du second film iranien en compétition à la Mostra et présent sur le Lido, leur a exprimé son soutien.

"Aucun artiste ou intellectuel ne devrait être en prison, que ce soit en Iran ou ailleurs dans le monde", a-t-il déclaré jeudi à l'AFP.

Alors que le pouvoir iranien et Panahi se livraient depuis des années à un subtil jeu du chat et de la souris qui permettait au cinéaste de continuer à tourner, la situation a pris un tour plus dramatique avec son incarcération.

Dans une tribune intitulée "Libérez Jafar!", publiée vendredi, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, s'inquiète de son sort et craint "une dure punition": "le régime s'est toujours opposé à lui de manière agressive et nous avons tous peur de ce qui va lui arriver".

Une autre manifestation de soutien s'est tenue sur le tapis rouge du palais du cinéma juste avant la projection officielle du film dans l'après-midi: un flashmob a réuni une centaine de personnes, au premier rang desquelles Alberto Barbera, la présidente du jury Julianne Moore ou encore la réalisatrice française Audrey Diwan, vainqueure du Lion d'or l'an dernier et jurée cette année.

Les participants brandissaient des pancartes demandant la libération des cinéastes détenus à travers le monde, dont bien évidemment les réalisateurs iraniens, mais aussi la productrice birmane Ma Aeint et la journaliste et productrice turque Cigdem Mater.

Jafar Panahi, qui a débuté sa carrière comme assistant d'Abbas Kiarostami, a remporté le Lion d'or à Venise en 2000 pour "Le cercle" et le Prix du scénario à Cannes en 2018 avec "Trois Visages", trois ans après l'Ours d'Or à Berlin pour "Taxi Téhéran".

Deux autres films en compétition ont été présentés vendredi aux festivaliers: "Les Miens" de Roschdy Zem, le plus personnel des six films que le réalisateur et acteur français de 56 ans a déjà signés, et "Chiara", fresque de l'Italienne Susanna Nicchiarelli sur la vie de sainte Claire, la compagne de route de saint François d'Assise que l'histoire a souvent reléguée dans l'ombre.

La course au prestigieux Lion d'or reste très ouverte entre les 23 films en lice, aucun favori ne se dégageant nettement du lot pour succéder à "L'événement", film coup de poing sur l'avortement, récompensé l'an dernier.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".