Christine and the Queens: "Est-ce qu'il y aura vraiment un monde d'après?"

La chanteuse française Heloise Letissier, alias Christine and the Queens, se produit sur scène lors du festival de musique des Vieilles Charrues, le 21 juillet 2019 à Carhaix-Plouger, dans l'ouest de la France. (Loic VENANCE/AFP)
La chanteuse française Heloise Letissier, alias Christine and the Queens, se produit sur scène lors du festival de musique des Vieilles Charrues, le 21 juillet 2019 à Carhaix-Plouger, dans l'ouest de la France. (Loic VENANCE/AFP)
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Publié le Mardi 14 juillet 2020

Christine and the Queens: "Est-ce qu'il y aura vraiment un monde d'après?"

  • "Est-ce qu'il y aura vraiment un monde d'après? J'ai peur que ça re-ronronne", confie la chanteuse Christine and the Queens, engagée pour un accès équitable aux soins face au coronavirus
  • La chanteuse est en studio pour son troisième album

PARIS: La chanteuse Christine and the Queens, qui a sorti avant le confinement un mini-album surprise, "La Vita Nuova" (Because), servi par un magnifique court-métrage, participe ce samedi à un grand concert virtuel, organisé par Global Citizen en faveur de la recherche médicale contre le virus. Et elle a récemment interpellé Emmanuel Macron sur Twitter pour "un accès équitable au vaccin (contre le Covid-19), y compris pour ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté".

Quelle est votre conception de l'engagement?

Cette question m'a toujours un peu habitée. Parmi les artistes que j'aime dans la variété, j'ai beaucoup de respect pour Daniel Balavoine, très engagé. Pour moi, ça fait partie du rôle d'un artiste un peu exposé d'avoir un engagement au delà de la performance (dans un show caritatif). Ça fait plusieurs semaines que je discute avec les équipes de Global Citizen. S'adresser à Emmanuel Macron sur Twitter, c'est de l'interpellation citoyenne, attirer l'attention sur la question de l'accès aux soins face à la pandémie.

Dans le court-métrage qui accompagne "La Vita Nuova", avant le confinement, vous êtes seule sur le toit de l'Opéra Garnier, avec Paris, en fond, comme désert. Un peu prophétique, non?

C'est la magie de l'art, je n'avais pas prévu ce qui arriverait dans mon subconscient magique (rires). Mais ce qui est intéressant, c'est que La Vita Nuova parle d'une espèce de contagion, par la tristesse, un chagrin d'amour, un deuil, des sentiments qui isolent beaucoup. Il y a eu une résonance avec l'actualité ensuite, mais au départ, c'était cathartique pour moi. Je voulais très vite sortir ce projet pour me libérer, mettre ça derrière moi, purger un truc. Pendant l'écriture des chansons, je remue des choses, ce n'est pas très confortable, car je suis obligée d'être honnête. Mais la performance me fait toujours du bien, le tournage fut hyper beau, émouvant. 

Les danseurs sont très présents dans ce film: une façon de leur rendre hommage?

Oui, je trouve que les danseurs sont souvent sous-estimés. On les utilise comme décoration pour un chanteur ou une chanteuse. Mais le danseur est un interprète. Sur ma deuxième tournée, j'ai cherché des danseurs comme s'ils allaient avoir des rôles dans un film. J'aime leur donner de la place, j'aime le challenge face à des gens qui donnent de quoi jouer, rebondir. Et en France, on a une très très belle scène, avec des danseurs démarchés aux Etats-Unis.

Pourquoi l'Opéra Garnier?

J'avais envie de m'amuser avec l'idée d'un Paris éternel, un Paris de carte postale. C'est un endroit de représentations, de créations mais qui peut raconter tellement de choses. C'est comme un espace mental, avec ces couloirs interminables, toutes ces pièces, et je voulais raconter une sorte de cauchemar. C'est un vrai beau cauchemar.

Après le cauchemar de la pandémie, quels sont vos espoirs pour le monde d'après? 

Est-ce qu'il y aura vraiment un monde d'après? Est-ce qu'on aura la force de se réinventer? Je l'espère. Mais j'ai peur que ça re-ronronne. Avant le confinement, en France, le personnel médical a manifesté pour dénoncer le manque de moyens et pendant le confinement les soignants sont devenus des héros nationaux, mais il faut une prise de conscience au delà de deux mois, il faut un projet qui soit réel maintenant que le déconfinement est là. Prenons la question des solidarités. Est-ce que le système actuel fonctionne? Est-ce que cette société est vraiment égalitaire? La réponse est non. Est-ce qu'on veut vraiment le monde d'après? Si oui, il faut tous se mobiliser. 

Un futur album en vue?

Confinement solo égale temps pour écrire. Je suis en studio pour le troisième album, que je commence. La question est: à quel point ça va être délirant? Avec moi ça dégénère vite, avec court métrage et compagnie. J'espère que ça va dégénérer, ça dégénère déjà en fait. Les gens vont se dire "qu'est ce qu'elle a pris pendant le confinement. (rires)

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".