Trump et ses enfants poursuivis à New York pour fraude fiscale

La procureure générale de New York, Letitia James, s'exprime lors d'une conférence de presse concernant l'ancien président américain Donald Trump et l'affaire de fraude fiscale de sa famille, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
La procureure générale de New York, Letitia James, s'exprime lors d'une conférence de presse concernant l'ancien président américain Donald Trump et l'affaire de fraude fiscale de sa famille, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

Trump et ses enfants poursuivis à New York pour fraude fiscale

  • L'enquête avait été ouverte en mars 2019 après le témoignage explosif au Congrès à Washington d'un des anciens avocats personnels de Donald Trump, Michael Cohen, faisant état de ses évaluations frauduleuses
  • Ces poursuites contre Donald Trump s'ajoutent à plusieurs enquêtes déjà en cours autour de l'ancien président (2017-2021), dont l'une sur ses archives présidentielles

NEW YORK: La procureure générale de l'Etat de New York a annoncé mercredi des poursuites au civil contre Donald Trump et plusieurs de ses enfants dans l'enquête sur les pratiques fiscales de son groupe, la Trump Organization, renforçant la pression de la justice sur l'ancien président républicain.

Letitia James, une élue démocrate qui porte le fer judiciaire depuis des années contre le milliardaire, a indiqué qu'elle réclamait 250 millions de dollars de réparations au nom de l'Etat de New York, ainsi que des interdictions de diriger des sociétés pour Donald Trump et ses enfants Donald Trump Jr, Ivanka Trump et Eric Trump.

Une épine judiciaire de plus dans le pied du milliardaire républicain de 76 ans, qui voit déjà la justice enquêter sur ses efforts présumés pour renverser les résultats de l'élection présidentielle de 2020 perdue contre Joe Biden, son rôle dans le violent assaut de ses partisans contre le Capitole le 6 janvier 2021, et plus récemment sa gestion des archives présidentielles, qui a conduit le FBI à perquisitionner sa résidence Mar-a-Lago en Floride.

Dans ce dossier, un tribunal fédéral s'est prononcé mercredi en faveur du ministère de la Justice, l'autorisant à accéder à une partie des documents récupérés dans la propriété de M. Trump, soit la centaine qui portent la mention "classifié".

Un revers pour l'ancien président qui a obtenu la nomination d'un expert indépendant chargé de passer en revue les milliers de documents saisis par la police fédérale, ce qui empêchait jusque-là les enquêteurs fédéraux de les examiner.

Donald Trump qui envisage ouvertement de se représenter en 2024, n'est pour l'instant poursuivi pénalement dans aucune de ces affaires.

Triplex à New York

La plainte, déposée devant la cour suprême de l'Etat de New York, "démontre que Donald Trump a faussement gonflé la valeur nette (de ses biens) à hauteur de plusieurs milliards de dollars pour s'enrichir injustement et pour tromper le système, ainsi que nous tous", a-t-elle assuré.

Selon elle, la valeur des actifs a été "manipulée de manière répétée et persistante" pour "inciter les banques à prêter de l'argent à la Trump Organization à des conditions plus favorables", "pour payer moins d'impôts" ou encore "pour inciter les compagnies d'assurance à fournir une couverture d'assurance pour des limites plus élevées et à des primes plus basses".

"Pour résumer, il a menti pour obtenir des bénéfices financiers conséquents", a-t-elle accusé.

Sur son réseau Truth Social, le 45e président des Etats-Unis a dénoncé "une nouvelle chasse aux sorcières", accusant Letitia James de poursuites politiques.

"Letitia James est la procureure la plus corrompue de l'histoire des Etats-Unis", a renchéri son fils Eric Trump, poursuivi en tant que vice-président exécutif de la Trump Organization. "Elle a fait campagne sur la promesse d'attaquer mon père en justice... Voyez le résultat", a-t-il ajouté sur Twitter.

Golfs, Trump Tower à New York, résidence Mar-a-Lago de Palm Beach en Floride, les services de Letitia James ont listé les évaluations litigieuses dans une plainte de 222 pages, qui vise aussi l'ancien directeur financier de la Trump Organization, Allen Weisselberg, et son contrôleur financier, Jeffrey McConney.

Dans un volet pénal de l'affaire, Allen Weisselberg a plaidé coupable, devant le procureur de Manhattan, de 15 chefs d'accusation de fraude et d'évasion fiscale portant sur 1,76 million de dollars de revenus non déclarés entre 2005 et 2021. La Trump Organization doit être jugée pour les mêmes faits en tant que personne morale lors d'un procès à partir du 24 octobre.

"Prenez le triplex de M. Trump, vous savez son triplex de la Trump Tower sur la 5e avenue" de New York, a cité en exemple la procureure devant les journalistes, avant d'expliquer que la valeur de l'appartement aurait été déclarée sur la base d'une surface trois fois supérieure à la réalité (2.700 mètres carrés contre 1 000), permettant de l'évaluer à 327 millions de dollars.

Interdiction

En conséquence, elle réclame aussi "l'interdiction" pour Donald Trump ou la Trump Organization "de s'engager dans toute acquisition de biens immobiliers commerciaux dans l'Etat de New York ou de demander des prêts auprès de toute institution financière".

Elle a aussi transmis le dossier à la justice pénale ainsi qu'aux services fiscaux américains (IRS).

L'enquête avait été ouverte en mars 2019 après le témoignage explosif au Congrès à Washington d'un des anciens avocats personnels de Donald Trump, Michael Cohen, devenu l'un de ses pires détracteurs.

Après des mois de bras de fer, Donald Trump avait témoigné sous serment en août devant la procureure. Mais il avait usé plus de 440 fois de son droit de ne pas répondre aux questions en vertu du 5e amendement de la Constitution américaine, qui permet à tout justiciable de ne pas témoigner contre soi-même.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.