Le président du Yémen s'engage à rouvrir les routes de Taïz et à instaurer la paix

Les Yéménites qui vivent à Taïz réclament la levée du siège imposé par les Houthis depuis de nombreuses années. La ville est coupée du reste du monde depuis 2015, date de la fermeture des principales artères de la ville par les Houthis. (AFP/Archives)
Les Yéménites qui vivent à Taïz réclament la levée du siège imposé par les Houthis depuis de nombreuses années. La ville est coupée du reste du monde depuis 2015, date de la fermeture des principales artères de la ville par les Houthis. (AFP/Archives)
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Publié le Mardi 27 septembre 2022

Le président du Yémen s'engage à rouvrir les routes de Taïz et à instaurer la paix

  • Le dirigeant yéménite a affirmé que le monde est désormais plus convaincu que jamais de l'incapacité de la milice houthie à instaurer la paix
  • «Nous répondrons sans hésiter à tout appel humanitaire qui émane de notre peuple opprimé dans les zones contrôlées par les milices»

AL-MUKALLA (Yémen): Le chef du Conseil présidentiel du Yémen, Rachad al-Alimi, s'est engagé à briser le siège de Taïz imposé par la milice houthie par tous les moyens, que ce soit par la force ou des moyens pacifiques. Il a également assuré qu'il était prêt à faire de nouvelles concessions pour soulager la crise humanitaire qui frappe le pays et à apporter son soutien à toute forme de rébellion contre la milice houthie.

Dans un discours adressé aux Yéménites à l'occasion du 60e anniversaire de la révolution du 26-Septembre, le dirigeant yéménite a affirmé que le monde est désormais plus convaincu que jamais de l'incapacité de la milice houthie à instaurer la paix dans la mesure où elle refuse systématiquement d'ouvrir les routes de Taïz, viole la trêve et organise des parades militaires.

«Le monde est plus convaincu que jamais que ces personnes sont incapables de rétablir la paix», déclare-t-il. «Le régime oppressif des Houthis et les idéologies “racistes” auxquelles ils adhèrent ne tarderont pas à déclencher une nouvelle révolution, comparable à celle qui s'est produite contre les imams dans le nord du Yémen le 26 septembre 1962.»

«L'endroit où une révolution s'impose aujourd'hui est sans aucun doute nos provinces, qui vivent sous le joug coercitif des milices houthies – et cette révolution garantira la justice et l'égalité à tous les citoyens ainsi qu’un avenir meilleur pour notre peuple.»

M. Al-Alimi a également promis de mettre la ville d'Aden (au sud du Yémen) à la disposition de la résistance populaire contre la milice houthie. Il a également réitéré le respect du cessez-le-feu par son gouvernement et la volonté de ce dernier de soutenir les efforts pacifiques qui visent à mettre un terme à la guerre du Yémen.
 
«Nous avons confiance en vous, et cette confiance demeure aussi solide qu'elle l’a toujours été. Nous sommes convaincus que la lutte que nous menons ensemble aboutira à un avenir radieux qui commencera à partir de la ville d'Aden pour rejoindre les gouvernorats libérés.»

En effet, la milice houthie s'obstine à maintenir le siège de Taïz ainsi que ses attaques meurtrières contre les zones contrôlées par le gouvernement. Elle mobilise ses troupes à l'extérieur des villes principales depuis la signature de la trêve effectuée sous l'égide des Nations unies le 2 avril dernier.

Nous ouvrirons les routes de Taïz par tous les moyens, affirme M. Al-Alimi.
 
En dépit des violations de la trêve par la milice houthie, le gouvernement yéménite a permis aux avions commerciaux de transporter environ vingt-quatre mille personnes à partir de l'aéroport de Sanaa et à plus de cinquante navires transportant plus d'un million de tonnes de carburant d'accoster dans le port de Hodeïda. Le gouvernement a par ailleurs avalisé dernièrement de nouvelles mesures qui permettent d'accélérer l'arrivée des navires dans les territoires occupés par les Houthis.
 
«Nous répondrons sans hésiter à tout appel humanitaire qui émane de notre peuple opprimé dans les zones contrôlées par les milices», a fait savoir M. Al-Alimi.
 
En outre, il a rappelé que le Conseil présidentiel du Yémen, composé de huit membres, s'emploie à résoudre les problèmes épineux liés au versement des salaires, aux services essentiels et à la relance de l'économie. Il s'est engagé à se rendre dans les provinces libérées pour y entreprendre des projets vitaux.
 
«Comme je l’ai répété à de nombreuses occasions, les décisions que nous prenons sont judicieuses, que votre patience et votre conscience nous inspirent toujours confiance et que les divergences n'empêcheront pas ce conseil de satisfaire vos aspirations», a-t-il expliqué.
 
Dimanche et lundi, la commémoration de la révolution a été l'occasion d'une vague de festivités. Dans la ville assiégée de Taïz et dans la ville de Marib (dans le centre du pays), les habitants ont allumé des torches, défilé dans les rues et affiché des drapeaux du Yémen sur leurs résidences, mais aussi sur les institutions publiques. Les zones occupées par les Houthis ont été le théâtre de célébrations de moindre envergure: les habitants ont défié les Houthis en tirant des feux d'artifice et en brandissant le drapeau du Yémen.
 
Les Houthis encouragent généralement les citoyens à célébrer l'anniversaire de leur coup d'État militaire le 21 septembre. Ils ne sont pas favorables aux célébrations qui entourent la révolution du 26-Septembre.
 
D'après les rapports des médias locaux et les comptes des réseaux sociaux, les milices houthies ont kidnappé des dizaines de personnes qui commémoraient la révolution à Sanaa, Ibb et Thamar dimanche dernier.
 
À cet égard, les observateurs yéménites estiment que si de plus en plus de personnes célèbrent la révolution dans les zones contrôlées par les Houthis, cela témoigne du mécontentement grandissant de la population à l'égard de ce mouvement.
 
«C'est la première fois que je vois les gens célébrer l'anniversaire de la révolution du 26-Septembre de cette manière; ils le font même dans les régions contrôlées par les Houthis», s'exclame Nadwa al-Dawsari, analyste du conflit au Yémen, dans un entretien accordé à Arab News.

«Le message adressé aux Houthis est le suivant: les Yéménites n'accepteront pas de retomber sous le joug de la théocratie ou de la version de l'imamat [système de direction spirituelle et politique des imams chiites, NDLR] que les Houthis tentent d'imposer. C'est un message qui exprime l'opposition et le rejet de la domination des Houthis», conclut-elle.
 
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.