Nucléaire: L'Allemagne prolonge deux centrales et blâme la France

Le ministre allemand de l'économie et de la protection du climat, Robert Habeck (Photo, AFP).
Le ministre allemand de l'économie et de la protection du climat, Robert Habeck (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 28 septembre 2022

Nucléaire: L'Allemagne prolonge deux centrales et blâme la France

  • Quelque 25 réacteurs - sur les 56 que compte le parc français - sont indisponibles en raison d'opérations de maintenance
  • Cette concession est un nouveau coup dur pour le ministre écologiste

BERLIN: L'Allemagne a ouvert la voie mardi à la prolongation, cet hiver, de l'activité de ses deux dernières centrales nucléaires, blâmant la France pour son piètre réseau, dans un contexte de pénurie d'énergie orchestrée par la Russie après l'invasion de l'Ukraine.

Début septembre, le gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz, au sein duquel siègent des écologistes, était déjà revenu sur la fermeture définitive de deux des trois réacteurs du pays, prévue pour fin 2022.

Il s'agissait alors de les maintenir "en veille" jusqu'au printemps 2023 et de ne les utiliser qu'en dernier recours seulement, en cas de situation d'urgence énergétique.

Mais Berlin va désormais plus loin, affirmant que la situation chez son voisin français, qui a fait depuis toujours du nucléaire une source majeure de son approvisionnement, "n'était pas bonne et s'est considérablement détériorée les semaines passées".

Comme début septembre, c'est au ministre allemand de l'Économie, l'écologiste Robert Habeck, qu'est revenue la tâche d'annoncer cette décision.

Pour assurer l'approvisionnement énergétique en Allemagne, "la centrale Isar 2 (près de Munich) et celle de Neckarwestheim (sud-ouest) vont probablement rester branchées au premier trimestre 2023", en raison de "la situation en France plus mauvaise que prévu", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Tensions dans la coalition 

"En tant que ministre responsable de la Sécurité énergétique (...) je considère que c'est nécessaire", a ajouté M. Habeck.

Une position difficile, car son parti, les Verts, s'est toujours battu contre l'atome dans un pays opposé depuis longue date à cette forme d'énergie.

Quelque 25 réacteurs - sur les 56 que compte le parc français - sont indisponibles en raison d'opérations de maintenance ou de problèmes de corrosion. EDF a promis leur redémarrage graduel d'ici à février.

Par conséquent, "il y a un manque de volumes d'électricité, que l'Allemagne compense en partie avec de l'électricité provenant de centrales au gaz", a expliqué le ministère de l'Économie à Berlin.

S'appuyant sur les scénarios électriques pour l'hiver, présentés par la France le 14 septembre, M. Habeck a estimé que la situation était pire que ce qui était prévu jusqu'ici.

Enfonçant le clou, il a affirmé que "par le passé, les affirmations de l'exploitant EDF s'étaient avérées souvent trop positives".

Le parti écologiste de M. Habeck est sous la pression des Libéraux (FDP), le troisième parti de la coalition au pouvoir.

Le chef du groupe parlementaire des libéraux, Christian Dürr, a salué l'annonce du ministre de l'Économie: "C'est un pas dans la bonne direction", a-t-il dit, au groupe de médias Funke. "C'est réjouissant de voir les Verts aller dans la bonne direction", a-t-il ajouté.

Taxe en sursis

Cette concession est un nouveau coup dur pour le ministre écologiste, dont les frictions avec son collègue des Finances, le libéral Christian Lindner, sont de plus en plus patentes.

Ce dernier lui réclame également d'abroger une nouvelle taxe sur le gaz devant entrer en vigueur le 1er octobre.

Cette taxe, qui alourdirait de plusieurs centaines d'euros la facture des ménages, doit être reversée aux importateurs de gaz pour les aider à supporter les prix exorbitants des achats destinés à remplacer le gaz russe.

La presse allemande affirme que le ministre de l'Économie est en train de perdre la bataille et que la taxe sera supprimée cette semaine.

Dans un entretien avec le site d'information T-online, M. Lindner a par ailleurs plaidé pour que "les trois centrales allemandes restent branchées pour fournir de l'électricité".

Jusqu'ici, le gouvernement allemand a renoncé à prolonger la troisième et dernière centrale nucléaire encore exploitée, à Emsland (Basse-Saxe), située dans le nord du pays. Elle ne sera pas non plus placée en situation "de veille".

Le nucléaire produit actuellement 6% de la production nette d'électricité en Allemagne. Le calendrier de sortie du nucléaire avait été décidé par Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Face à la menace d'une pénurie d'énergie cet hiver, le gouvernement allemand a déjà décidé d'un recours accru au charbon, une énergie particulièrement polluante.

Comme dans d'autres pays de l'UE, la hausse des prix nourrit l'inquiétude de la population et les appels à manifester, essentiellement à l'initiative de l'extrême droite ou de l'extrême gauche, inquiètent le gouvernement allemand.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.