Téhéran confronté à l'isolement international alors que les manifestations s'étendent à l'étranger

Des manifestantes scandent des slogans en brandissant la photo de Mahsa Amini lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, le 29 septembre 2022. (AFP)
Des manifestantes scandent des slogans en brandissant la photo de Mahsa Amini lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, le 29 septembre 2022. (AFP)
Des manifestantes brandissent des photos de Mahsa Amini, une jeune femme victime de la brutalité du régime iranien, lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, en Turquie. (AFP)
Des manifestantes brandissent des photos de Mahsa Amini, une jeune femme victime de la brutalité du régime iranien, lors d’un rassemblement devant le consulat d’Iran à Istanbul, en Turquie. (AFP)
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Publié le Vendredi 30 septembre 2022

Téhéran confronté à l'isolement international alors que les manifestations s'étendent à l'étranger

  • Au moins soixante-seize personnes auraient été tuées dans la violente répression des manifestations par l’Iran
  • Jeudi, le ministre allemand des Affaires étrangères a exhorté l’Union européenne à imposer de nouvelles sanctions à l’Iran en raison de sa manière de traiter les manifestants

DJEDDAH: Le régime de Téhéran fait face depuis jeudi à un isolement international croissant, alors que les troubles à l’intérieur de l’Iran se propagent au-delà des frontières.

En Afghanistan, les talibans ont tiré en l’air pour disperser un rassemblement de femmes devant l’ambassade d’Iran à Kaboul en soutien aux manifestations en Iran.

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Des Afghanes se rassemblent devant l’ambassade d’Iran à Kaboul le 29 septembre 2022 lors d’une manifestation pour rendre hommage à Mahsa Amini. (AFP)

Les manifestantes portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «L’Iran se révolte, désormais c’est notre tour» et «De Kaboul à l’Iran, dites non à la dictature», reprenant en chœur le slogan «Femmes, vie, liberté» utilisé en Iran. Les talibans ont arraché les banderoles et les ont déchirées devant les manifestantes.

L’une des organisatrices de la manifestation déclare qu’elle avait été organisée «pour montrer notre soutien et notre solidarité avec le peuple iranien et les femmes victimes des talibans en Afghanistan».

En Norvège, deux personnes ont été blessées et quatre-vingt-dix autres arrêtées dans des affrontements lors d’une manifestation devant l’ambassade d’Iran à Oslo. Plusieurs dizaines de manifestants, dont certains enveloppés dans le drapeau kurde, ont tenté d’entrer dans l’enceinte de l’ambassade.

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La police norvégienne maîtrise des manifestants qui protestent devant l’ambassade d’Iran à Oslo, le 29 septembre 2022. (AFP)

La manifestation a eu lieu un jour après que l’Iran a lancé des frappes de missiles et de drones qui ont tué treize personnes au Kurdistan irakien. Téhéran accuse les dissidents kurdes de cette région d’avoir déclenché deux semaines de manifestations en Iran, qui ont commencé lorsque Mahsa Amini, une jeune Kurde de 22 ans, est décédée en garde à vue.

La jeune femme était en visite à Téhéran avec sa famille lorsqu’elle a été arrêtée et accusée de porter son hijab de manière inappropriée.

Au moins soixante-seize personnes auraient été tuées dans la violente répression des manifestations par l’Iran. Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des matraques, des grenailles et des balles réelles.

Jeudi, la ministre allemande des Affaires étrangères a exhorté l’Union européenne (UE) à imposer de nouvelles sanctions à l’Iran en raison de sa manière de traiter les manifestants.

«Les autorités iraniennes doivent immédiatement mettre fin à leur traitement brutal des manifestants», a déclaré Annalena Baerbock devant le Parlement allemand.

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Des manifestantes protestent contre la mort de Mahsa Amini en Iran, devant la porte de Brandebourg à Berlin, en Allemagne, le 28 septembre 2022. (Reuters)

Elle a précisé qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir dans le cadre de l’UE pour imposer des sanctions contre les responsables de l’oppression des femmes en Iran.

Le ministère français des Affaires étrangères indique qu’il soutiendrait les sanctions en réponse à «de nouvelles violations massives des droits des femmes et des droits humains en Iran».

Le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, déclare que l’Union «examinerait toutes les options mises à sa disposition (…) pour sanctionner le meurtre de Mahsa Amini et la façon dont les forces de sécurité iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont suivi».

En Iran, le régime a mis en garde les personnalités du monde du sport et du divertissement contre tout nouveau soutien aux manifestations. «Nous prendrons des mesures contre les célébrités qui attisent les émeutes», déclare le gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Mansouri.

L’ancien animateur de télévision Mahmoud Shahriari a déjà été arrêté pour «incitation aux émeutes et à la solidarité avec l’ennemi», alors que le réalisateur primé Asghar Farhadi a exhorté les gens à «faire preuve de solidarité» envers les manifestants.

«Ils sont en quête de droits simples mais fondamentaux que l’État leur a refusés», a-t-il souligné.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.