Le monde d'après: Pour la cinéaste libanaise Carol Mansour "rien ne va changer"

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Publié le Jeudi 16 juillet 2020

Le monde d'après: Pour la cinéaste libanaise Carol Mansour "rien ne va changer"

  • La réalisatrice libanaise, Carol Mansour, estime que « rien ne va changer » dans le monde après la pandémie de Covid-19, malgré les opportunités qui se sont présentées pendant cette crise.

NICOSIE- Lors d'un entretien via Zoom avec l'AFP, Carol Mansour explique que les restrictions liées à l'épidémie ont fait émerger "une dimension personnelle" dans son travail et l'ont poussée à regarder autrement sa ville, Beyrouth, "devenue la ville des chats".  L'avenir du cinéma reste selon elle en suspens : "C'est comme si nous avions appuyé sur pause depuis l'apparition du virus. Mais j'ai très peur de ce qui se passera après le retour à normale, car la crise ne nous a apparemment rien appris", confie la cinéaste, ajoutant que "les régimes (politiques) restent inchangés. Voyez ce qui se passe en Amérique et dans d'autres pays. Je pense que nous retournerons rapidement là où nous étions et peut-être pire", tant que "3% de la population mondiale, c'est-à-dire ceux qui nous gouvernent", dominent la planète. La plus grande peur de la réalisatrice est que le monde n’ait rien appris de la crise : "Peut-être que le ciel et les rivières se sont un peu assainies, mais si la crise ne nous change pas, je ne sais pas ce qui le pourrait", confie-t-elle.

En collaboration avec le site d'information libanais Daraj - qui traite notamment les thématiques liées aux droits des femmes, des minorités, de l'environnement et du changement climatique-, Mansour a produit deux courtes vidéos sur l'épidémie, dont l'une sur son père, décédé des suites du Covid-19 au Canada où il habitait. "Chaque jour, nous entendons parler du nombre de personnes décédées, mais je n'aurais jamais imaginé que mon père serait l'un de ces chiffres" déclare-t-elle dans le premier court-métrage. Dans la deuxième vidéo, la cinéaste souligne les contradictions entre "ses espoirs et ses préoccupations" dans sa ville affectée par les restrictions.

"Beyrouth est-elle devenue belle?"

"Beyrouth est laide", soutient Carol Mansour, "à cause de la construction aveugle, de la prolifération d'immenses centres commerciaux et des démolitions de vieux bâtiments. Mais cela a changé avec l'épidémie". Elle explique qu'au pic de l'épidémie, elle pouvait se promener dans des rues d'habitude bondées, "seule parmi les chats", car avec le confinement, Beyrouth "est devenue la ville des matous". "Beyrouth est-elle devenue belle ou le calme l'a-t-il embellie?", s'interroge-t-elle.

Connue pour ses films documentaires, la réalisatrice libanaise aux origines palestiniennes a remporté plusieurs prix internationaux, dont le prix du meilleur documentaire au Festival international du film de New Delhi pour 'La Palestine, de fil en aiguille'.  Avec le coronavirus, "j'ai découvert des choses sur moi-même. Je parle davantage, et mes proches l'ont remarqué », plaisante-t-elle. Elle explique notamment avoir réalisé pouvoir vivre en consommant moins. « Je n'aspire qu'à avoir des amis et des câlins".

Durant le confinement, Carol Mansour a décidé de réaliser un film sur sa mère, arrivée au Liban en 1948 de la ville palestinienne de Jaffa et décédée en 2015. « Ce sera un film très personnel qui suit deux autres films : 'Le Covid, moi et Beyrouth', et 'Le Covid, mon père et la mort'", confie-t-elle.  Le film abordera les propos de sa mère sur la Palestine, lorsqu'elle souffrait d'Alzheimer. « Je la filmais sans avoir l'intention de rassembler ces vidéos pour en faire un film », souligne la réalisatrice. Carol Mansour estime que "l'essence des films réside dans l'histoire et l'intrigue et pas seulement dans la photographie, facilitée par l'émergence des smartphones". Mais avec la pandémie, "tout le cinéma va changer. Par exemple, nous ne savons pas quand nous pourrons retourner dans les salles et la crise intervient aussi à un moment où le monde se familiarise avec de nouvelles façons de voir et de photographier" constate-t-elle. "Nous avons donné plusieurs projections de 'La Palestine, de fil en aiguille' via Zoom, avec 350 participants de vingt pays différents. Nous avons regardé le film, puis une discussion a eu lieu. Dans ce domaine, il y a définitivement du changement", affirme la cinéaste.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".