Comment Téhéran dissimule en ligne sa violente répression des manifestations

Le régime iranien a eu recours à des tactiques de guerre de l'information rodées depuis des décennies pour ralentir et perturber les activités des manifestants (Photo, AFP).
Le régime iranien a eu recours à des tactiques de guerre de l'information rodées depuis des décennies pour ralentir et perturber les activités des manifestants (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 05 octobre 2022

Comment Téhéran dissimule en ligne sa violente répression des manifestations

  • Les images des brutalités policières infligées à de jeunes manifestants iraniens sont devenues virales sur les réseaux sociaux
  • Pour contrer la diffusion de l'information, le régime a coupé l'accès à internet et pris des mesures sévères à l'encontre des réseaux sociaux

DUBAÏ: Alors que les manifestations anti-gouvernementales en Iran entrent dans leur troisième semaine, le nombre de morts ne cesse d'augmenter, avec plus de 90 personnes qui auraient perdu la vie dans la vague de troubles déclenchée par la mort de Mahsa Amini.

La mort de cette jeune femme de 22 ans aux mains de la police iranienne des mœurs, le Gasht-e Ershad, a déclenché une vague de colère dans presque toutes les provinces à propos de la stricte surveillance des libertés individuelles et de la détérioration du niveau de vie.

L'importante diaspora iranienne, répartie en Europe et en Amérique du Nord, s'est jointe aux protestations en guise de solidarité en organisant de grandes manifestations devant les ambassades d'Iran dans les capitales occidentales.

Les autorités iraniennes ont jusqu'à présent reconnu la mort de 41 personnes depuis le début des troubles, mais ont refusé de céder aux demandes d'assouplissement du code vestimentaire strict imposé aux femmes, notamment le port obligatoire du voile.

Ebrahim Raisi, le président ultraconservateur de l'Iran, a qualifié les manifestations contre le régime de «conspiration» orchestrée par des ennemis extérieurs et a promis de «traiter de manière décisive ceux qui s'opposent à la sécurité et à la tranquillité du pays».

Téhéran a essayé de limiter la diffusion d'informations sur les manifestations nationales en bloquant l’accès aux données en ligne sur mobiles. (Photo, ZUMA Wire/Alamy Live News)

Dans une déclaration faite dimanche, Raisi a déclaré : «Au moment où la République islamique surmontait ses problèmes économiques pour devenir plus active dans la région et dans le monde, les ennemis sont entrés en jeu avec l'intention d'isoler le pays, mais ils ont échoué dans cette conspiration».

Les vidéos et les photographies qui émergent d'Iran sur les réseaux sociaux racontent une histoire différente. Des images choquantes de brutalités policières infligées à de jeunes manifestants sont devenues virales sur les plateformes sociales, suscitant une condamnation internationale.

Pour contrer la diffusion d'images et d'informations, le régime a limité l'accès à Internet et pris des mesures restrictives à l'égard d'applications telles que WhatsApp, Twitter et Instagram - prétendant que cette mesure était nécessaire dans l'intérêt de la «sécurité nationale».

Téhéran n'est pas étranger à ce type de guerre de l'information. Le régime a adopté cette stratégie à plusieurs reprises depuis l’apparition des smartphones et des réseaux sociaux afin de contrôler le récit.

«La fermeture des services Internet mobiles est devenue une solution de choix pour le gouvernement iranien en cas de troubles civils», a indiqué Doug Madory, directeur de l'analyse Internet de la société de surveillance Kentik.

Les autorités iraniennes ont jusqu'à présent reconnu la mort de 41 personnes depuis le début des troubles. (Photo, AFP)

Les manifestants ont contourné le contrôle d’Internet par le régime en utilisant des connexions privées sécurisées. Ils ont également partagé des images et des informations sur les manifestations à venir avec des médias tels que le radiodiffuseur Iran International, basé à Londres.

La stratégie de désinformation du régime iranien est aussi vieille que le régime lui-même. Dans les années 1970, les révolutionnaires qui luttaient afin de renverser le monarque soutenu par les États-Unis, le Chah Mohammad Reza Pahlavi, ont cherché à présenter leur chef, Rouhollah Khomeini, comme un combattant de la liberté.

L'entourage proche de Khomeini, qui comprenait des conseillers formés à l'occidentale, l'a aidé à tisser un message qui a séduit les Iraniens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, en modifiant habilement ses propos pour plaire au public occidental.

Leurs méthodes se sont avérées extrêmement efficaces. Les journalistes occidentaux, qui s'appuyaient à l'époque sur les traductions que leur donnaient les conseillers de Khomeini, ont volontiers diffusé ces messages au monde entier.

Aujourd'hui, le Corps des gardiens de la révolution islamique utilise des organes de presse, dont Fars News, Tasnim et d'autres, pour définir l'agenda politique et saper la dissidence nationale.

Des manifestations se sont propagées dans tout l'Iran à la suite de la mort de Mahsa Amini, après l'arrestation de la jeune femme par la police des mœurs. (Photo, AFP)

Le Corps des gardiens de la révolution islamique utilise également ces plateformes pour diffuser de la propagande sur les opérations menées en Irak, en Syrie et ailleurs au Moyen-Orient où le régime exerce son influence avec des mandataires locaux.

Dans le même temps, le diffuseur public anglophone Press TV est utilisé afin d’attirer les téléspectateurs occidentaux, en présentant souvent des commentateurs américains et européens qui soutiennent les politiques et la vision du monde de Téhéran.

En mars de cette année, Rouhollah Mo'men Nasab, ancien responsable du centre des médias numériques du ministère iranien de la culture, a révélé comment le régime perturbe la circulation de l'information et discrédite les activistes.

Décrivant son travail comme une «guerre psychologique», Nasab s'est vanté d'avoir développé des logiciels et des «bataillons cybers» pour manipuler le récit sur Twitter par le biais de faux comptes.

Arash Azizi, spécialiste de l'histoire et du Moyen-Orient à l'université de New York, affirme que le régime développe ses techniques de manipulation de l'information sur Internet depuis plus d'une décennie.

Des images choquantes de brutalités policières infligées à de jeunes manifestants sont devenues virales sur les réseaux sociaux, suscitant une condamnation internationale. (Photo, AFP)

«La première révolution Twitter a peut-être eu lieu en 2009, alors que les événements se déroulaient en Iran », a révélé Azizi à Arab News, en faisant référence aux manifestations de masse de cette année-là, connues sous le nom de «Mouvement vert», qui ont explosé en réaction à la réélection contestée du président de l'époque, Mahmoud Ahmadinejad.

«De nos jours, les Iraniens utilisent divers outils en ligne pour faire entendre leur voix, c'est pourquoi le gouvernement a tenté de fermer entièrement internet», a expliqué Azizi.

Il a ajouté «Les Iraniens de l'étranger et de nombreux experts en technologie jouent cependant un rôle actif en dominant les réseaux sociaux avec des messages sur ce qui se passe».

Un compte Twitter appelé @1500tasvir, géré par un groupe de 10 activistes iraniens basés à l'intérieur et à l'extérieur du pays, a été créé en 2019 pendant la vague de manifestations qui balayait l'Iran à l'époque.

Depuis la dernière émergence de troubles, le compte a publié des milliers de vidéos prises par les manifestants. L'un des contributeurs de @1500tasvir a prévenu que la limitation des services Internet mobiles par le régime pourrait compromettre les manifestations.

Nasibe Samsaei, une Iranienne vivant en Turquie, coupant sa queue de cheval lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran à Istanbul, le 21 septembre 2022. (Photo, AFP)

«Lorsque vous voyez que d'autres personnes ressentent la même chose, vous devenez plus courageux. Vous êtes plus enthousiaste à l'idée de faire quelque chose. Lorsque internet est coupé, vous vous sentez seul», a signalé le contributeur.

En réponse à la fermeture de internet par le régime iranien, Antony Blinken, le secrétaire d'État américain, a promis que Washington «veillerait à ce que le peuple iranien ne reste pas isolé dans l'obscurité».

Le 23 septembre, le Trésor américain a délivré la licence générale D-2 pour l'Iran, ajustant les règles de sanctions de manière à permettre aux entreprises technologiques d'offrir au peuple iranien davantage d'options pour des plateformes et des services internet extérieurs sécurisés afin d'aider à contrer le discours du régime.

Incapable d'étouffer complètement la diffusion de l'information en ligne, le régime a préféré recourir à sa stratégie éprouvée consistant à arrêter les utilisateurs de réseaux sociaux dont les contenus sont largement diffusés.

Selon l'agence de presse étatique IRNA, Hossein Mahini, un joueur de football bien connu, a été arrêté «sur ordre des autorités judiciaires pour avoir soutenu et encouragé les émeutes sur sa page de réseaux sociaux».

Un autre détenu très médiatisé, Shervin Hajipour, un chanteur populaire qui a composé un morceau en utilisant les tweets des gens sur la mort d'Amini et les manifestations. Il aurait été placé en détention la semaine dernière après que sa chanson a atteint 40 millions de vues sur Instagram.

Bien que les autorités n'aient pas immédiatement confirmé l'arrestation de Hajipour, Mohsen Mansouri, gouverneur de la province de Téhéran, a promis de «prendre des mesures contre les célébrités qui ont contribué à alimenter les manifestations».

Pour contourner la fermeture d’Internet, certains activistes ont désormais recours à la distribution de tracts afin d’annoncer l'heure et le lieu des manifestations prévues, ce qui montre que le régime n'a pas réussi à réprimer l'agitation populaire.

«Les autorités iraniennes doivent encore avoir un moyen de contrôler le récit», a déclaré Azizi à Arab News. «La grande majorité des Iraniens peuvent maintenant voir clairement la brutalité de ce régime corrompu. Des lettres de solidarité avec les manifestants ont même été envoyées par des étudiants des séminaires chiites de Qom et de Mashhad.

Azizi a soutenu «Au niveau international, des milliers de personnes sont venues soutenir les manifestants. Même celles qui défendent habituellement ce régime dans les médias occidentaux sont maintenant silencieux».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.