La Jordanie, pays dépendant de l'aide étrangère

 Un groupe de chameaux parcourent le Wadi Rum, célèbre désert jordanien (Photo, Thomas COEX/AFP).
Un groupe de chameaux parcourent le Wadi Rum, célèbre désert jordanien (Photo, Thomas COEX/AFP).
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

La Jordanie, pays dépendant de l'aide étrangère

  • Alliée des Etats-Unis, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994. Elle défend la solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël
  • Un peu plus de la moitié de la population du royaume (quelque 10 millions d'habitants au total) est d'origine palestinienne

AMMAN: Le royaume de Jordanie, au cœur du Moyen-Orient, est un petit pays dépourvu de ressources naturelles et largement dépendant des aides étrangères.

Acteur clé

Alliée des Etats-Unis, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994. Elle défend la solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Coincée entre Israël et la Jordanie, la Cisjordanie -- qui inclut Jérusalem Est -- était sous administration jordanienne jusqu'à ce qu'Israël s'empare du territoire lors de la guerre de juin 1967. Le royaume conserve depuis une tutelle sur les lieux saints musulmans à Jérusalem.

Un peu plus de la moitié de la population du royaume (quelque 10 millions d'habitants au total) est d'origine palestinienne.

Quelque 2,2 millions de réfugiés palestiniens y sont aujourd'hui enregistrés auprès des Nations unies.

Hachémites

Le pays est le dernier trône encore tenu par les Hachémites, une dynastie arabe qui avait profité du déclin de l'Empire ottoman pour constituer plusieurs royaumes.

Originaires du Hedjaz, les Hachémites sont descendants de Hachem, considéré comme l'ancêtre du prophète Mahomet.

Monarchie

Conquis par les Ottomans au XVIe siècle, le pays naît à la suite d'un soulèvement contre les Turcs avec l'appui de la Grande-Bretagne en 1916. L'émir Abdallah ben Hussein proclame la Transjordanie émirat en 1921.

En 1946, le pays accède à l'indépendance et devient le royaume hachémite. L'émir Abdallah est couronné roi. Il est assassiné en 1951. Hussein devient roi en 1952 après l'abdication de son père Talal.

Le Parlement jouit de pouvoirs limités : c'est le roi Abdallah II (en place depuis 1999) qui nomme le Premier ministre, comme les 65 membres du Sénat.

Coalition antijihadistes

Le royaume a joué un rôle clé dans la coalition menée par les Etats-Unis contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, des pays voisins.

Le pays a été frappé par plusieurs attentats revendiqués par l'EI.

Une économie chancelante

Ce petit pays de 92 300 km2, en grande partie désertique, n'a qu'un accès à la mer Rouge avec le port d'Aqaba (sud-ouest) et se trouve dépourvu de ressources naturelles.

La Jordanie, qui dépend de l'aide étrangère, notamment celle des Etats-Unis, a été le théâtre ces dernières années de manifestations contre les mesures d'austérité.

En mars 2020, le Fonds monétaire international a approuvé un plan d'aide d'environ 1,3 milliard de dollars, puis débloqué en mai environ 396 millions de dollars pour lutter contre l'impact du Covid-19.

Selon les statistiques officielles, le taux de chômage est passé à 23% au premier trimestre 2020. La dette publique dépasse 100% du PIB.

L'accueil massif de réfugiés, notamment de Syrie, pays en guerre depuis 2011, pèse aussi sur les finances.

Le pays accueille quelque 650 000 réfugiés syriens, enregistrés auprès du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. Quelque 700 000 Syriens étaient présents avant le début du conflit en Syrie.

Sites phares

La Jordanie est réputée pour ses vestiges, parmi les plus importants du Proche-Orient, comme la cité antique de Petra (sud), taillée dans du granit rosé par les Nabatéens, ou le temple romain de Jerash (nord).

La vallée du désert de Wadi Rum, connue pour son sable ocre et située dans le sud du pays, figure aussi parmi ses attractions touristiques.

Et ces célèbres sites ont souvent servi de lieux de tournages de films hollywoodiens, notamment le grand classique Lawrence d'Arabie tourné dans le désert du Wadi Rum.

Mais la crise liée à la pandémie de Covid-19 a frappé de plein fouet le secteur du tourisme, qui représentait 14% du PIB et employait quelque 100 000 personnes, avec cinq millions de visiteurs par an.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.