Pandémie : Biden met en place une cellule de crise

Le président élu des États-Unis Joe Biden et son épouse Jill Biden saluent la foule sur scène. (Roberto SCHMIDT / AFP)
Le président élu des États-Unis Joe Biden et son épouse Jill Biden saluent la foule sur scène. (Roberto SCHMIDT / AFP)
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Publié le Lundi 09 novembre 2020

Pandémie : Biden met en place une cellule de crise

  • Le président élu Joe Biden a annoncé la mise en place dès lundi d'une cellule de crise sur le coronavirus
  • "L'affront à la science, l'incitation à la haine de l'extrême droite que nous avons vus sont épouvantables"

WILMINGTON: Le président élu Joe Biden a annoncé la mise en place dès lundi d'une cellule de crise sur le coronavirus qui a contaminé près de 50 millions de personnes dans le monde, tandis que l'Europe vit sous le coup des restrictions qui provoquent des manifestations de rejet, voire des violences comme en Allemagne.

Dans son premier discours après l'annonce des résultats de la présidentielle américaine, le démocrate Joe Biden a déclaré que cette future cellule de crise, composée de scientifiques et d'experts, serait chargée de bâtir un "plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021", jour de son investiture. Il prend ainsi le contrepied de son rival Donald Trump, qui a toujours minimisé la pandémie.

Le pays, déjà le plus touché au monde, fait face à une nette recrudescence de l'épidémie, avec des nombres records de nouvelles contaminations depuis plusieurs jours. Les Etats-Unis ont enregistré ces dernières 24 heures plus de 122.000 nouveaux cas positifs et 991 décès, portant le bilan total à plus de 237.000 morts. 

Dans le monde, la pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.250.879 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche.

Plus de 49.9 millions de cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués, dont plus de 12,5 millions en Europe où les restrictions face à la deuxième vague provoquent des poussées de colère.

La ville de Leipzig dans l'est de l'Allemagne a ainsi été le théâtre de violences samedi entre les forces de l'ordre et des manifestants "anti-masques", dénoncées par la classe politique.

La police, qui par crainte de débordements s'était déployée en masse dans le centre-ville où s'étaient rassemblées quelque 20.000 personnes, a procédé à 31 arrestations. Des heurts se sont poursuivis dans la soirée.

"Affront à la science"

"Rien ne peut justifier ce que nous avons vu hier (samedi) à Leipzig", a affirmé la ministre de la Justice, Christine Lambrecht, sur Twitter. "L'affront à la science, l'incitation à la haine de l'extrême droite que nous avons vus sont épouvantables".

A Madrid, des centaines de complotistes et activistes anti-vaccins ont manifesté samedi le long de la promenade du Prado contre la "dictature" du virus Covid-19 et les restrictions imposées par les autorités espagnoles pour tenter d'endiguer l'épidémie.

"Ils ont besoin de réduire la population" et "ils ont commencé par tuer les vieillards dans les maisons de retraite", a affirmé à l'AFP une manifestante, Chelo Sanchez. 

Les confinements décrétés dans toute l'Europe pour juguler cette nouvelle vague restent cependant moins stricts qu'au printemps et les gouvernements réfléchissent à des pistes pour juguler la pandémie.

La France a néanmoins écarté dimanche la piste d'un confinement imposé pour les personnes âgées. 

"D'abord parce qu'éthiquement, ce serait objectivement compliqué", a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. "Ensuite parce que c'est parfois méconnaître la situation de beaucoup de personnes âgées qui ne vivent pas seules (...)", a-t-il ajouté, soulignant que 30% des personnes actuellement en réanimation ont moins de 60 ans. 

La France a dépassé a dépassé samedi la barre des 40.000 décès liés au Covid-19, et des patients y souffrant du Covid commencent à être transférés vers des hôpitaux allemands.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a cependant jugé qu'il y avait un "frémissement" et "une forme de ralentissement" dans la progression de l'épidémie mais estimé qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions sur l'efficacité du reconfinement.

Le Portugal rejoint lundi les pays ayant décrété un couvre-feu pour parer à la résurgence du virus. Il débutera dès 13H00 le weekend, pour au moins deux semaines, a annoncé le Premier ministre Antonio Costa.

La Grèce avait quant à elle introduit samedi un deuxième confinement, marchant dans les traces de la France, l'Angleterre, l'Irlande et d'une partie de l'Italie.

Pour chaque sortie, les Grecs doivent obtenir un feu vert des autorités, par SMS. Des barrages routiers vérifient les permis spéciaux nécessaires pour se déplacer. L'amende pour ceux qui ne portent pas le masque a doublé, à 300 euros.

En Inde, la saison redoutée de la pollution risque cette fois de décupler les effets du coronavirus, selon des pneumologues de New Delhi.

Elevages touchés

Sur le plan scientifique, des inquiétudes sont nées après la découverte chez douze personnes au Danemark d'une version mutante du SARS-CoV-2 transmissible à l'homme, issue d'élevages de visons. Par précaution le Royaume-Uni a annoncé samedi fermer ses frontières aux voyageurs de ce pays.  

La mutation d'un virus est banale et souvent anodine, selon la communauté scientifique. Mais dans le cas de cette souche, appelée "Cluster 5", elle implique, d'après les premières études, une moindre efficacité des anticorps humains, ce qui menace la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19.

Six pays, le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède, l'Italie et les Etats-Unis, ont rapporté à l'OMS des cas de Covid-19 dans des élevages de visons. Tous les visons élevés au Danemark, soit 15 à 17 millions d'animaux, vont être abattus.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.