Vaccin Pfizer/BioNTech: les Bourses mondiales frénétiques

Un panneau de la société pharmaceutique Pfizer. (DOMINICK REUTER / AFP)
Un panneau de la société pharmaceutique Pfizer. (DOMINICK REUTER / AFP)
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Publié le Lundi 09 novembre 2020

Vaccin Pfizer/BioNTech: les Bourses mondiales frénétiques

  • Les Bourses mondiales exultaient après l'annonce d'un vaccin "efficace à 90%" créé par la compagnie Pfizer
  • "C'est l'information de l'année, peut-être même de la décennie"

PARIS: Les Bourses mondiales exultaient lundi après l'annonce d'un vaccin « efficace à 90% » contre le Covid-19, qui fait espérer à terme un retour à une activité normale pour nombre d'entreprises en souffrance.

Portés en début de séance par le scénario de la présidentielle américaine, amenant le démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche, les marchés ont décollé à l'annonce des laboratoires Pfizer et BioNTech. 

Vers 12H00 GMT, ces sociétés ont affirmé que leur candidat vaccin était « efficace à 90% » contre le Covid-19, selon l'essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d'homologation. 

« Attendu depuis longtemps »

Wall Street était sur la voie de nouveaux records en début de séance, le Dow Jones décollant de 4,37% et l'indice S&P 500 de 3,72%. L'action Pfizer s'envolait de 8,86%. 

Les marchés européens continuaient leur envolée. Madrid et Paris grimpaient de plus de 8%, Francfort, Londres et Milan de plus de 5% vers 15H00 GMT. 

Dans leur ensemble, les places européennes signaient leur meilleure performance sur une séance depuis six mois. Le Dax allemand a même brièvement dépassé son niveau du 1er janvier, une première depuis le début de la crise parmi les grandes places boursières européennes.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier bondissait de 9,00% par rapport à la clôture de vendredi, à 43,00 dollars. A New York, le baril américain de WTI pour décembre gagnait de son côté 10,15% à 40,91 dollars.

« Cette nouvelle est énorme, on l'attend depuis très longtemps! », s'est enthousiasmé Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance, interrogé par l'AFP à Paris juste après l'annonce des deux laboratoires.

« C'est l'information de l'année, peut-être même de la décennie », s'est enflammé, à Francfort, Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Sur le marché de la dette, l'appétit pour le risque faisait s'écraser les taux souverains des pays considérés comme les plus risqués, à l'instar de la Grèce et l'Italie, dont les taux à dix ans ont atteint de nouveaux plus bas historiques, respectivement à 0,728% et 0,617%. 

Panne des valeurs Covid

« La différence sur le marché est frappante: les plus gros gagnants sont parmi les actions les plus touchées par la pandémie - tandis que les gagnants du Covid se portent mal », relève Neil Wilson, analyste de Markets.com.

L'annonce profitait aux secteurs les plus affectés par les mesures de restrictions aux activités, à savoir le voyage, l'aéronautique, les banques.

Ainsi, la nouvelle a fait faire des bonds supersoniques à Airbus (+20%), IAG (+37%), Lufthansa (+30%), Rolls Royce (+55%), Easyjet (+33%) et Carnival (36%). Les valeurs financières n'en perdaient pas une miette, à l'instar de Société Générale (+17%), BNP Paribas (+16%) et UniCredit (+13%). Les pétrolières étaient aussi en forme, comme Eni (+13%) ou Total (+14%).

A contrario, un coup de massue s'est abattu sur les entreprises qui avaient profité des mesures de confinement. Symbole, l'action de Zoom Video a chuté de près de 16% à l'ouverture sur le Nasdaq, l'indice technologique américain. A l'écart de la fête généralisée, l'indice n'avançait que de 0,89%.

La livraison de repas à domicile était en berne aussi. A Francfort, Delivery Hero reculait de 8%, Hello Fresh de 17%. A Londres, Ocado chutait de 14% et Just Eat Takeaway de 10%.

Cette annonce intervient alors que les Etats-Unis, comme l'Europe, font face à des records de nouvelles contaminations ces derniers jours et que l'accumulation de nouvelles restrictions pour faire face à cette deuxième vague pourrait sérieusement escamoter la reprise économique.

Le président élu des Etats-Unis Joe Biden est resté mesuré dans sa réaction lundi, se réjouissant d'un signe d' « espoir », tout en prévenant que la « bataille » était encore loin d'être gagnée.

Les investisseurs ne doutent pas qu'il deviendra le président américain en janvier même si Donald Trump ne veut pas concéder sa défaite jusqu'ici.

« Les investisseurs estiment que ses recours légaux ne représentent rien d'autre qu'une tentative de sauver la face », décrypte Joshua Mahony, analyste chez IG.

Sur le marché des devises, le dollar reculait de 0,64% face à l'euro à 1,1866 dollar pour un euro. Pour les valeurs refuges, qui ont grimpé depuis le début de l'année avec la pandémie, le yen perdait 1,83% face au dollar et 1,79% face à l'euro (124,96 yens). L'once d'or cédait 4,57%.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.