Suède: la droite revient au pouvoir avec le soutien inédit de l'extrême droite

Le leader du parti modéré suédois et Premier ministre nouvellement élu, Ulf Kristersson (C), réagit lors des applaudissements de son parti après le vote lors de la session parlementaire pour élire le nouveau Premier ministre suédois au parlement suédois Riksdagen à Stockholm, Suède, le 17 octobre 2022. (AFP).
Le leader du parti modéré suédois et Premier ministre nouvellement élu, Ulf Kristersson (C), réagit lors des applaudissements de son parti après le vote lors de la session parlementaire pour élire le nouveau Premier ministre suédois au parlement suédois Riksdagen à Stockholm, Suède, le 17 octobre 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 17 octobre 2022

Suède: la droite revient au pouvoir avec le soutien inédit de l'extrême droite

  • Le chef du parti des Modérés, artisan d'un rapprochement sans précédent de la droite traditionnelle et du camp nationaliste aux élections législatives de septembre, a réuni 176 voix pour son élection comme chef de gouvernement, pour 173 contre
  • Après huit ans de gauche au pouvoir, il succède à la cheffe du gouvernement sociale-démocrate Magdalena Andersson, qui assurait la transition après avoir présenté sa démission après des élections très serrées

STOCKHOLM : Le dirigeant conservateur suédois Ulf Kristersson a été élu lundi Premier ministre par le Parlement, avec un soutien inédit et influent de l'extrême droite des Démocrates de Suède (SD) marquant une nouvelle ère politique pour le pays scandinave.

Le chef du parti des Modérés, artisan d'un rapprochement sans précédent de la droite traditionnelle et du camp nationaliste aux élections législatives de septembre, a réuni 176 voix pour son élection comme chef de gouvernement, pour 173 contre.

Après huit ans de gauche au pouvoir, il succède à la cheffe du gouvernement sociale-démocrate Magdalena Andersson, qui assurait la transition après avoir présenté sa démission après des élections très serrées.

Le vote a été salué par des applaudissements sur les bancs des trois partis de droite (Modérés, Chrétiens-démocrates, Libéraux) qui formeront le futur gouvernement, et des SD, très influente première formation de la majorité avec 73 sièges.

Pour devenir Premier ministre, Ulf Kristersson, 58 ans, ne devait pas avoir de majorité absolue contre lui.

"Maintenant le changement est possible", a-t-il déclaré en conférence de presse après son élection, faisant part de son "humilité devant les tâches qui nous attendent".

Vendredi, après plusieurs semaines de négociations, le chef de file de la droite suédoise avait présenté un accord politique avec les trois autres chefs de partis partenaires de la majorité, dont le patron des SD Jimmie Åkesson.

A 43 ans, ce dernier avait été le grand vainqueur des élections du 11 septembre, avec un score record de 20,5% des voix et le nouveau rang de deuxième parti de Suède derrière les sociaux-démocrates sortants.

Dans leur feuille de route de 62 pages présentée vendredi, les quatre partis prévoient notamment des mesures pour lutter contre la criminalité et réduire l'immigration, baisser l'aide au développement dont la Suède est une championne, ainsi qu'une relance de l'énergie nucléaire que la Suède avait résorbée ces dernières décennies.

Le nouveau gouvernement, attendu mardi, prévoit entre autres des coupes drastiques dans la politique suédoise d'accueil des réfugiés, réduisant le quota de 6 400 l'année dernière à 900 par an pendant les quatre années de mandat, ainsi que la possibilité "d'expulser les étrangers pour mauvaise conduite".

Majorité fragile

Avec de graves problèmes de gangs criminels et de règlements de compte sanglants, Ulf Kristersson avait fait de la sécurité une clé de voûte de son programme électoral aux côtés des promesses de maîtrise des prix de l'énergie perturbés par la guerre en Ukraine.

"La criminalité est un très grand engagement de ce gouvernement", a-t-il déclaré lundi, interrogé sur la priorité de son nouvel exécutif.

Jamais dans l'histoire politique suédoise l'extrême droite n'avait fait partie d'une majorité, sur fond de poussée nationaliste dans plusieurs pays européens.

Le programme prévoit aussi d'autoriser des fouilles sans comportement suspect dans certains quartiers sensibles, des peines plus lourdes pour les récidivistes et la possibilité de témoigner anonymement en justice.

A l'international, la Suède va assurer la présidence de l'UE au premier semestre 2023 et doit aussi boucler son adhésion à l'Otan, menacée d'un veto turc.

"Je me réjouis de travailler ensemble pour répondre aux défis multiples auxquels notre Union fait face", a réagi présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en félicitant M. Kristersson.

Le grand défi du nouvel exécutif était de concilier les attentes contradictoire du petit parti des Libéraux, dont la ligne rouge était l'accession de l'extrême droite au gouvernement, et l'influence des SD, qui revendiquaient des postes de ministres.

Même en dehors du gouvernement, ces derniers ont salué lundi leur "rôle absolument décisif" dans la majorité.

A la fois comme "plus grand parti parmi les quatre dans le document gouvernemental, et en tant que garant parlementaire du gouvernement qui va entrer en fonction", s'est félicité M. Åkesson.

"C'est un gouvernement SD mais sans les SD", tranche l'éditorialiste du quotidien Aftonbladet Anders Lindberg, proche des sociaux-démocrates. "C'est leur politique, y compris dans des domaines controversés comme l'immigration, les règles de la police, le système judiciaire ou l'aide internationale".

En raison des fragilités de la nouvelle majorité, la gauche, de retour dans l'opposition, n'a pas abandonné l'espoir de revenir au pouvoir avant les prochaines élections prévues en 2026, en ramenant à elle des députés libéraux.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.