60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible

Un missile antichar «Moon» déployé pendant la crise des missiles de 1962 est exposé au complexe Morro Cabana à La Havane le 22 octobre 2022. (AFP)
Un missile antichar «Moon» déployé pendant la crise des missiles de 1962 est exposé au complexe Morro Cabana à La Havane le 22 octobre 2022. (AFP)
Le cargo soviétique «Anosov» transporte des missiles depuis Cuba le 9 novembre 1962, conformément à l'accord américano-soviétique visant à mettre fin à la crise des missiles cubains. (fichier AFP)
Le cargo soviétique «Anosov» transporte des missiles depuis Cuba le 9 novembre 1962, conformément à l'accord américano-soviétique visant à mettre fin à la crise des missiles cubains. (fichier AFP)
Des marines américains reçoivent un briefing à leur arrivée à la base navale américaine de Guantanamo Bay à Cuba le 25 octobre 1962. (fichier AFP)
Des marines américains reçoivent un briefing à leur arrivée à la base navale américaine de Guantanamo Bay à Cuba le 25 octobre 1962. (fichier AFP)
Le président américain John Fitzgerald Kennedy quitte une église à Washington DC après avoir assisté à la messe du 28 octobre 1962, au plus fort de la crise des missiles cubains. (AFP)
Le président américain John Fitzgerald Kennedy quitte une église à Washington DC après avoir assisté à la messe du 28 octobre 1962, au plus fort de la crise des missiles cubains. (AFP)
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Publié le Jeudi 20 octobre 2022

60 ans après la crise de Cuba, l'idée d'une guerre nucléaire de nouveau plausible

  • Les menaces nucléaires du président russe Vladimir Poutine en Ukraine font ressurgir le péril d'une confrontation nucléaire et cette fois-ci, les experts sont moins certains qu'il existe une façon de s'en sortir
  • Contrairement à 1962, le monde est aujourd'hui confronté à plusieurs poudrières atomiques: la Corée du Nord qui se prépare à un nouvel essai nucléaire, l'Inde et le Pakistan encore en conflit larvé, et l'Iran qui a relancé son programme nucléaire

WASHINGTON: Pendant 60 ans, la crise des missiles de Cuba a montré à quel point le monde s'est trouvé proche d'une guerre nucléaire, mais aussi l'habileté des dirigeants qui ont réussi à l'éviter.

Les menaces nucléaires du président russe Vladimir Poutine en Ukraine font ressurgir le péril d'une confrontation nucléaire et cette fois-ci, les experts sont moins certains qu'il existe une façon de s'en sortir.

Joe Biden a prévenu début octobre que la planète était confrontée au risque nucléaire pour la première fois depuis 1962, notant que M. Poutine "ne plaisantait pas" en proférant ces menaces, tandis que son armée s'était révélée "très peu performante" en Ukraine.

"Nous n'avons pas été confrontés à la perspective d'une apocalypse depuis Kennedy et la crise des missiles cubains" en 1962, a insisté le président américain.

Il s'est interrogé sur "les portes de sortie" que pourrait emprunter M. Poutine, mais rien ne dit que le président russe ait cette intention.

"Je pense que cette situation, plus qu'aucune depuis 1962, peut dégénérer jusqu'à l'usage d'armes nucléaires", estime George Perkovich, du Carnegie Endowment for International Peace.

"Cela fait 40 ans que je travaille dans ce domaine et c'est la situation la plus délicate que j'aie vue, parce qu'on a une puissance nucléaire, la Russie, dont le dirigeant a défini la situation comme existentielle", ajoute-t-il.

Nucléaire: ces fois où le monde a cru frôler la catastrophe

Il y a soixante ans lors de la crise des missiles à Cuba, le monde a cru frôler la catastrophe nucléaire.

A l'heure où le président russe Vladimir Poutine laisse planer la menace d'un recours à l'arme atomique dans la guerre qu'il mène à l'Ukraine, retour sur certains de ces potentiels moments de bascule.

Cuba, la plus grosse frayeur 

En octobre 1962, au plus fort de la Guerre froide, une épreuve de force de treize jours oppose le jeune président américain John Kennedy et le chef du gouvernement de l'Union soviétique Nikita Khrouchtchev. Des photos prises par un avion espion américain révèlent la présence à Cuba, allié de Moscou, de rampes soviétiques de lancement de missiles, à portée des côtes américaines.

Jugeant possible une "frappe nucléaire contre l'hémisphère occidental", Kennedy décide la mise en quarantaine de l'île, avec un blocus maritime.

Les forces stratégiques sont placées en état d'alerte maximum, niveau précédant juste le déclenchement de la guerre nucléaire. Des centaines de bombardiers atomiques patrouillent le ciel et des missiles intercontinentaux sont armés.

Les navires soviétiques rebroussent chemin et un accord entre les deux puissances se prépare en coulisses: retrait des missiles soviétiques contre retrait des missiles américains en Turquie. C'est alors qu'un avion-espion américain U-2 est abattu au-dessus de Cuba.

Kennedy envoie son frère Robert, ministre de la Justice, négocier avec l'ambassadeur soviétique. Khrouchtchev accepte de retirer ses missiles. Washington promet de ne pas envahir Cuba, et secrètement de retirer ses fusées de Turquie.

Après cette crise, un "téléphone rouge" est mis en place en 1963, permettant à la Maison Blanche et au Kremlin de communiquer directement.

Un épisode moins connu s'est déroulé pendant cette crise. Le 27 octobre 1962, l'officier Vasili Arkhipov est à bord d'un sous-marin soviétique équipé d'armes nucléaires, qui se retrouve ciblé par la marine américaine au large de Cuba.

Ne sachant pas que les Américains utilisent des charges inertes pour obliger le sous-marin à faire surface, le commandant soviétique décide de riposter avec une torpille nucléaire, ce qu'il est autorisé à faire sans en référer à Moscou. Il lui faut cependant l'accord de deux autres officiers, dont Arkhipov, qui s'y oppose et parvient à calmer son supérieur (source: média officiel russe).

Alarme trompeuse en URSS 

Dans la nuit du 25 au 26 septembre 1983, à un moment de grande tension entre l'URSS et les Etats-Unis, un officier soviétique est de garde sur une base d'alerte stratégique au sud de Moscou. Stanislav Petrov dispose de quelques instants pour interpréter le signal d'alarme des satellites de surveillance annonçant l'attaque de cinq ou six missiles américains contre l'URSS.

Petrov estime alors qu'une attaque américaine devrait impliquer une centaine de missiles et pas cinq ou six. Il conclut qu'il s'agit d'une erreur des systèmes d'alerte. Il prend sur lui d'annoncer à ses supérieurs non pas une attaque imminente, mais une fausse alerte.

Par la suite, les spécialistes soviétiques ont établi que celle-ci était due à une interprétation erronée de la réflexion des rayons du Soleil sur les nuages, confondue avec le dégagement d'énergie de missiles au décollage. Petrov sera décoré quelques mois plus tard "Pour mérites rendus à la Patrie", mais l'incident restera secret pendant dix ans.

Inde et Pakistan, la crise la plus récente 

En mai 2002, l'Inde et le Pakistan, qui se disputent le Cachemire depuis leur partition en 1947, sont au bord d'un nouvel affrontement.

L'Inde attribue à des islamistes venus du Pakistan une attaque suicide contre le Parlement de New Delhi le 13 décembre 2001, qui a fait quatorze morts.

Les deux pays, puissances atomiques depuis 1998, mobilisent près d'un million d'hommes à leurs frontières, notamment au Cachemire.

En avril 2002, le président pakistanais Pervez Musharraf envisage "le recours à l'arme nucléaire" si son pays était menacé de disparition.

Pendant deux ans, New Delhi et Islamabad se répondent à coups d'essais de missiles puis s'engagent sous la pression de Washington dans une désescalade, aboutissant à un cessez-le-feu en novembre 2003 et à un processus de dialogue en 2004.

Autres incidents 

Un transfuge du KGB, le colonel Oleg Gordievski, révèle en 1988 que les dirigeants soviétiques ont failli déclencher la guerre atomique cinq ans plus tôt, en novembre 1983, lorsque, pris de panique, ils ont cru que l'Occident s'apprêtait à lancer une attaque nucléaire surprise contre l'URSS. Il ne s'agissait en fait que d'exercices effectués par l'Otan.

Parmi d'autres incidents de ce type, la valise nucléaire du président russe Boris Eltsine fut mise en alerte le 25 janvier 1995, quand les radars russes assimilèrent un lancement de fusée météorologique norvégienne à un tir offensif potentiel. Un "malentendu", dira Moscou une semaine plus tard.

Contrairement à 1962, le monde est aujourd'hui confronté à plusieurs poudrières atomiques: la Corée du Nord qui se prépare à un nouvel essai nucléaire, l'Inde et le Pakistan encore en conflit larvé, et l'Iran qui a relancé son programme nucléaire.

Mais l'Ukraine représente un risque unique, car le conflit oppose indirectement les deux principales puissances nucléaires. Si la Russie devait employer l'arme atomique, il devrait s'agir d'une arme nucléaire tactique, plus faible que celles dites "stratégiques". Mais M. Biden a prévenu qu'il serait difficile d'utiliser une arme nucléaire "sans finir par provoquer l'apocalypse".

M. Poutine, qui questionne la légitimité historique d'une Ukraine indépendante, a formellement annexé quatre régions du pays et suggéré qu'une attaque contre un territoire russe "annexé" ou une intervention occidentale directe dans le conflit pourrait conduire la Russie à faire usage de l'arme nucléaire.

Des enjeux plus importants 

La guerre en Ukraine diffère nettement de la crise des missiles de Cuba: la question était alors de savoir comment éviter une guerre mondiale après la découverte sur l'île, en octobre 1962, de missiles nucléaires soviétiques pointés en direction des Etats-Unis.

Les alliés européens de Washington ne comprenaient pas à l'époque la fixation des Etats-Unis sur Cuba, une île située à moins de 150 km des côtes de la Floride, et dont l'histoire est riche en interventions américaines.

Mais "l'Ukraine est bien plus importante pour les alliés des Etats-Unis que Cuba ne l'était", note Marc Selverstone, historien de la Guerre froide à l'université de Virginie. "Poutine paraît vouloir modifier les frontières en Europe et c'est terrifiant pour les Européens."

En 1962, les objectifs du numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev, bien qu'importants, étaient plus limités que ceux de Vladimir Poutine aujourd'hui: Moscou cherchait à concurrencer les Etats-Unis en termes d'armements et à obtenir une monnaie d'échange avec l'Occident au sujet de Berlin.

A quelques jours d'élections de mi-mandat, les enjeux politiques étaient élevés pour le président John F. Kennedy, embarrassé par l'échec un an plus tôt du débarquement de la Baie des Cochons, supposé renverser le régime révolutionnaire de Fidel Castro.

Mais Kennedy rejeta les appels de certains de ses conseillers à mener des frappes aériennes contre Cuba et choisit plutôt d'imposer un blocus naval à l'île, en l'appelant une "quarantaine", terme jugé moins menaçant.

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Le président américain John Fitzgerald Kennedy quitte une église à Washington DC après avoir assisté à la messe du 28 octobre 1962, au plus fort de la crise des missiles cubains. (AFP)

Moscou démantela les sites de missiles lorsque le président américain fit la promesse de retirer des missiles de Turquie et d'Italie.

"Pour Kennedy, le plus important était de réduire le risque de confrontation nucléaire", explique Marc Selverstone. "Je ne sais pas si c'est la priorité de Vladimir Poutine aujourd'hui. En fait, il semble faire monter les enchères."

«Positions maximalistes»

Comme en 1962, les alliés sur le terrain des deux puissances nucléaires ajoutent un degré d'incertitude à la situation.

Le 27 octobre 1962, alors que Khrouchtchev et Kennedy communiquaient par messagers interposés, un avion espion américain U-2 fut abattu au-dessus de Cuba, et son pilote fut tué.

Kennedy ignora les appels à riposter, supposant - correctement, comme l'Histoire le démontra - que l'ordre de tirer n'avait pas été donné par les soviétiques mais par Cuba.

Khrouchtchev annonça un accord avec les Etats-Unis le lendemain. Son fils raconta par la suite qu'il craignait que la situation échappe à tout contrôle.

En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a promis de capitaliser sur les succès militaires de ses forces et de reprendre tout le territoire occupé par Moscou.

Les Etats-Unis ont débloqué des milliards de dollars d'aide militaire à l'Ukraine mais M. Biden s'est abstenu d'envoyer à Kiev des missiles capables d'atteindre le territoire russe, expliquant vouloir éviter une "Troisième Guerre mondiale".

"Zelensky et Poutine ont tous les deux adopté des positions maximalistes, faisant monter les enchères, alors qu'en 1962, Kennedy et Khrouchtchev les faisaient baisser", souligne Marc Selverstone.

Pour George Perkovich, qui a travaillé avec Joe Biden lorsque celui-ci était sénateur, le président américain est aussi calme et rompu aux précédents historiques que d'autres en temps de crise.

Mais l'époque est différente. En 1962, la Russie avait accepté de garder secrète la décision américaine de retirer des missiles de Turquie, consciente des risques politiques pour Kennedy.

"De nombreuses crises dans l'Histoire ont été résolues grâce à une diplomatie secrète", ajoute George Perkovich. Avec les médias, les réseaux sociaux, "vous imaginez aujourd'hui pouvoir garder le secret sur un accord comme celui-là?"


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.