Giancarlo Giorgetti, un pro-Draghi aux commandes de l'économie italienne

Giancarlo Giorgetti, a été nommé vendredi ministre italien de l'Economie. (Photo, AFP)
Giancarlo Giorgetti, a été nommé vendredi ministre italien de l'Economie. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 21 octobre 2022

Giancarlo Giorgetti, un pro-Draghi aux commandes de l'économie italienne

  • En tant que ministre du Développement économique apprécié des industriels, il fut jusqu'au bout un fidèle soutien de l'ancien Premier ministre Mario Draghi, poussé vers la sortie par trois partis de sa coalition, dont la Ligue
  • Si Mme Meloni s'est montrée réticente face à d'éventuels écarts budgétaires, M. Giorgetti ne les exclut pas, marquant là l'un des rares désaccords avec Mario Draghi

MILAN: Giancarlo Giorgetti, nommé vendredi ministre italien de l'Economie, 55 ans, passe pour une figure puissante, mais discrète de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, dont il est considéré comme l'un des représentants les plus modérés et pro-européens.

En tant que ministre du Développement économique apprécié des industriels, il fut jusqu'au bout un fidèle soutien de l'ancien Premier ministre Mario Draghi, poussé vers la sortie par trois partis de sa coalition, dont la Ligue.

S'il a fait l'essentiel de sa carrière politique au sein de la Ligue, cet homme de conviction n'a pas hésité à prendre le contre-pied du souverainiste Salvini et à mettre en sourdine l'euroscepticisme de ce parti populiste pour se rallier au gouvernement d'unité nationale de Mario Draghi.

Au sein de la Ligue, les partisans d'une ligne dure le considèrent comme le chef de file trop modéré des "Draghini", mais publiquement, il a toujours démenti le moindre désaccord avec Matteo Salvini.

Son mentor politique, c'est Umberto Bossi, fondateur de la Ligue du Nord qui haranguait les foules pour fustiger "Rome la voleuse" et réclamer l'autonomie de la "Padanie", région autoproclamée du nord de l'Italie.

Une partie d'échecs

"Umberto Bossi, c'est un maître politique et un exemple pour moi, il m'a fait comprendre que la politique, c'est une partie d'échecs, il faut calculer tout jusqu'au dernier coup", avouait-il dans un entretien accordé à la télévision italienne en mars 2018.

Comme Giorgia Meloni, Première ministre et présidente de Fratelli d'Italia, il a fait ses armes politiques au sein du Front de la jeunesse du Mouvement social italien (MSI), parti néofasciste créé par des fidèles du dictateur Benito Mussolini après la Seconde Guerre mondiale.

Il n'était guère le premier choix pour le portefeuille de l'Economie, l'un des plus importants du gouvernement Meloni. Elle avait, en vain, sollicité Fabio Panetta, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Mais il sera "parfaitement adapté à ce rôle", a assuré son prédécesseur Daniele Franco.

Autant dire que Giorgia Meloni cherchait la continuité avec le gouvernement Draghi et à rassurer les investisseurs internationaux. "Nous voulons créer un gouvernement du plus haut calibre qui fasse autorité", n'a-t-elle cessé de marteler.

Giancarlo Giorgetti aura fort à faire pour concilier les promesses électorales coûteuses de la Ligue et la nécessité de réduire la dette colossale de l'Italie, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt, d'envolée des prix de l'énergie et de récession imminente.

Diplômé en économie d'entreprise de l'université Bocconi à Milan, il devra se pencher sur les mesures phares de la coalition des droites: impôt à taux unique, amnisties fiscales, bouclier sur les prix de l'énergie pour les ménages et entreprises et avancement de l'âge du départ à la retraite.

Aux antipodes de Salvini

Si Mme Meloni s'est montrée réticente face à d'éventuels écarts budgétaires, M. Giorgetti ne les exclut pas, marquant là l'un des rares désaccords avec Mario Draghi. "Ce ne serait pas une dépense faite de gaieté de cœur, mais il s'agirait de payer les dommages de la guerre" en Ukraine, a-t-il fait valoir.

Aux antipodes de Matteo Salvini, cet éternel numéro deux de la Ligue, très réservé, fuit les feux de la rampe et est absent des réseaux sociaux, préférant agir en coulisse. "Je n'aime pas être au premier rang", dit-il.

Fervent supporter du club de foot anglais de Southampton, il a servi dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte (2018 à 2019), comprenant la Ligue et le mouvement populiste Cinq étoiles, notamment en tant que secrétaire d'Etat aux Sports.

Catholique pratiquant et américanophile, portant d'épaisses lunettes en écaille, il est né le 16 décembre 1966 à Cazzago Brabbia (nord) d'un père pêcheur et d'une mère ouvrière textile. De 1995 à 2004, il a été maire de cette bourgade de moins de 800 habitants.

Giorgetti au poste de ministre de l'Economie? "Il pourrait aussi être général des forces armées, il pourrait tout faire, c'est un de mes amis, il n'y a aucun rôle qu'il ne puisse remplir", avait commenté Ignazio La Russa, co-fondateur de Fratelli d'Italia, avant sa nomination.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.