«Asseyez-vous ici» réinvente la distanciation sociale à Dubai Design Week

La Dubai Design Week se déroule jusqu’au 14 novembre (Arab News: Mohamed Fawzy)
La Dubai Design Week se déroule jusqu’au 14 novembre (Arab News: Mohamed Fawzy)
Short Url
Publié le Mercredi 11 novembre 2020

«Asseyez-vous ici» réinvente la distanciation sociale à Dubai Design Week

  • Ces bancs «n’ont pas besoin de signes d’avertissement et permettent aux personnes de s’asseoir de manière détendue
  • «Lorsque les règles de distanciation sociale seront assouplies, le banc pourra cependant être converti pour que les gens puissent se rapprocher»

DUBAÏ : Avec les mesures de distanciation sociale en vigueur aux Émirats arabes unis, les designers se sont adaptés à la «nouvelle réalité» avec trois dispositions de sièges innovantes exposées à la Dubai Design Week, qui se déroulera jusqu’au 14 novembre.

L’American Hardwood Export Council a invité les designers émiratis Aljour Lootah, Khalid Shafar et Hamad Khoory à créer un banc en bois pour une utilisation à extérieur durant la pandémie de Covid-19, dans le cadre de l’initiative «Asseyez-vous ici». L’initiative réexamine un objet simple souvent tenu pour acquis, le banc.

«La distanciation sociale domine désormais notre façon de vivre et les décisions que nous prenons», dit Roderick Wiles, directeur régional de l’AHEC pour l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Océanie. «Bien qu’importante dans la lutte contre la propagation du virus, elle limite aussi notre liberté de choix et nous force à nous comporter de manière peu naturelle. Nous sommes des êtres sociaux par nature, par conséquent les règles qui empêchent le comportement social normal ne viennent pas naturellement».

Mme Lootah estime que c’est la meilleure période pour l’exploration des matériaux durables, notamment ceux qui sont adaptés aux climats extrêmes du Golfe (Arab News : Mohamed Fawzy)
L’American Hardwood Export Council a invité les designers émiratis Aljour Lootah, Khalid Shafar et Hamad Khoory à créer un banc en bois pour une utilisation en extérieur durant la pandémie de Covid-19 dans le cadre de l’initiative « Asseyez-vous ici » (Arab News : Mohamed Fawzy)

 «Il y a énormément de designers talentueux dans la région du Moyen-Orient, dont un petit noyau très intéressant aux Émirats arabes unis», poursuit-il. «Leurs styles et leurs influences apportent une touche complètement différente et souvent inattendue, ce qui confère une grande authenticité au projet».

Conçus pour respecter les deux mètres de distance imposés, ces bancs «n’ont pas besoin de signes d’avertissement et permettent aux personnes de s’asseoir de manière détendue sans avoir à se demander s'ils sont trop près les uns des autres », explique M. Wiles. «Lorsque les règles de distanciation sociale seront assouplies, le banc pourra cependant être converti pour que les gens puissent se rapprocher».

Mme Lootah estime que c’est la meilleure période pour l’exploration des matériaux durables, notamment ceux qui sont adaptés aux climats extrêmes du Golfe (Arab News : Mohamed Fawzy)
Mme Lootah estime que c’est la meilleure période pour l’exploration des matériaux durables, notamment ceux qui sont adaptés aux climats extrêmes du Golfe (Arab News : Mohamed Fawzy)

L’approche minimaliste et expérimentale de Mme Lootah met en valeur les interprétations modernes de la culture émiratie et les techniques artisanales. Ayant choisi le chêne rouge pour sa couleur, sa texture et son grainage, Mme Lootah estime que c’est la meilleure période pour l’exploration des matériaux durables, notamment ceux qui sont adaptés aux climats extrêmes du Golfe. «“Jalees” est conçu pour reconnaître les caractéristiques primitives des bancs d’extérieur que l’on retrouve dans toutes les maisons émiraties. Cette conception rend hommage à leurs structures et leurs attributs minimalistes», indique-t-elle. «Les planches de bois horizontales et verticales essentielles ont inspiré le design minimaliste de ce banc d’extérieur, ce qui crée une interprétation moderne attrayante. Les planches de bois octogonales horizontales contrastent avec des sièges circulaires et des inserts métalliques qui s’étendent sur la longueur du banc pour créer une distanciation sociale en cas de besoin entre des étrangers et pour réunir la famille en même temps».

Quant à M. Khoory, son travail se caractérise par un régionalisme chaleureux et moderne, et vu qu’il considère le bois comme un matériau vivant et naturel, il a laissé son banc sans traitement. «Inspiré par le Majlis traditionnel avec ses valeurs inhérentes d'humilité, d'égalité et de communauté, le banc est une exploration de la connexion et de la séparation», explique-t-il. «Le bois de peuplier est utilisé dans les unités modulaires cuboïdes des sièges, l’arbre, la jardinière et la zone de désinfection, et les modules sont liés par une base en bois d'érable en forme de peigne linéaire. C’est une approche simple pour s’asseoir à l’intérieur et à l’extérieur des dents du peigne, avec de nombreuses configurations possibles».

3-	Ces bancs sont conçus pour respecter les deux mètres de distance imposés (Arab News : Mohamed Fawzy)
Ces bancs sont conçus pour respecter les deux mètres de distance imposés (Arab News : Mohamed Fawzy)

 «Je pense que mon objectif en tant que designer est de régler des problèmes, d’améliorer la vie et de fournir des solutions pour l’humanité», souligne M. Shafar. «Du lancement de la première navette spatiale et la sortie des ordinateurs IBM à la chute du mur du Berlin et la fin de la Guerre froide, les années 80 ont redonné de l’espoir à l’humanité pour réaliser l’impossible», note-t-il. L'énergie et «l'esthétique survoltée» de la décennie ont inspiré «POP UP», son banc intelligent en bois qui offre une interaction ainsi que des fonctionnalités spécifiques grâce à une application sur mesure.

«Les néons linéaires des années 80, les panneaux publicitaires, la musique synthétisée, les couleurs pop accrocheuses et la cyber-technologie rétro ont inspiré ce design, véhiculant l'optimisme et la force dont nous avons besoin pour surmonter la pandémie», ajoute-t-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".